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Gestion pastorale et structure des terroirs agricoles dans la périphérie de la Djona (Nord-Est Bénin)

Authors:
  • University of Abomey-Calavi - National University of Agriculture

Abstract

RESUME En Afrique au Sud du Sahara, les systèmes d'élevage sont diversifiés et par conséquent leur étude s'avère indispensable. Ainsi, une enquête portant sur le système d'élevage bovin et l'étude de la structure des terroirs agricoles a été conduite dans l'arrondissement d'Angaradébou (zone périphérique de la Djona) du département de l'Alibori. L'étude a mis en exergue la dominance du sédentarisme comme mode de conduite, pratiqué dans un système agro-pastoral. L'effectif moyen a été de 46 ± 20 bovins par troupeau comprenant en majorité les zébus Keteeji et Tchiwali. Les ligneux fourragers recensés et épargnés dans les terroirs des éleveurs sont : Khaya Senegalensis, Afzelia africana, Pterocarpus erinaceus, Daniellia oliveri, Bombax costatum, Cordia sinensis et Acacia sieberiana et sont ceux intervenant dans l'alimentation des bovins dans la zone d'étude contrairement à Vitellaria paradoxa et à Parkia Biglobosa qui sont les plus épargnées dans les terroirs agricoles. Des terroirs agricoles répertoriés, les champs des éleveurs ont présenté le type le plus diversifié avec respectivement 2,02 bits et 0,72 pour l'indice de diversité de Shannon et l'équitabilité de Pielou.
Available online at http://www.ajol.info
Int. J. Biol. Chem. Sci. 2(4): 497-507, 2008
ISSN 1991-8631
© 2008 International Formulae Group. All rights reserved.
Original Paper
http://indexmedicus.afro.who.int
Gestion pastorale et structure des terroirs agricoles dans la périphérie de la
Djona (Nord-Est Bénin)
Thierry Dèhouégnon HOUEHANOU
1*
, Marcel HOUINATO
1
, Claude ADANDEDJAN
1
,
Armand Bienvenu GBANGBOCHE
1
, M. Sylvie HOUNZANGBE–ADOTE
1
et
Brice Augustin SINSIN
2
1
Département de Production Animale (DPA), Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), Université
d’Abomey–Calavi (UAC), Bénin.
2
Laboratoire d’Ecologie Appliquée (LEA), Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), Université d’Abomey–
Calavi (UAC), Bénin.
*
Auteur correspondant, E-mail: houehanout@yahoo.fr, Tel : 0229 97 21 39 22
RESUME
En Afrique au Sud du Sahara, les systèmes d’élevage sont diversifiés et par conséquent leur étude
s’avère indispensable. Ainsi, une enquête portant sur le système d’élevage bovin et l’étude de la structure des
terroirs agricoles a été conduite dans l’arrondissement d’Angaradébou (zone périphérique de la Djona) du
département de l’Alibori. L’étude a mis en exergue la dominance du sédentarisme comme mode de conduite,
pratiqué dans un système agro-pastoral. L’effectif moyen a été de 46 ± 20 bovins par troupeau comprenant en
majorité les bus Keteeji et Tchiwali. Les ligneux fourragers recensés et épargnés dans les terroirs des
éleveurs sont : Khaya Senegalensis, Afzelia africana, Pterocarpus erinaceus, Daniellia oliveri, Bombax
costatum, Cordia sinensis et Acacia sieberiana et sont ceux intervenant dans l’alimentation des bovins dans la
zone d’étude contrairement à Vitellaria paradoxa et à Parkia Biglobosa qui sont les plus épargnées dans les
terroirs agricoles. Des terroirs agricoles répertoriés, les champs des éleveurs ont présenté le type le plus
diversifié avec respectivement 2,02 bits et 0,72 pour l’indice de diversité de Shannon et l’équitabilité de Pielou.
© 2008 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés : Ligneux épargnés, mode de conduite, bovins, parcs, Bénin.
INTRODUCTION
L’élevage occupe une place de choix
dans l’économie des pays d’Afrique
subsaharienne par sa contribution d’environ
10 à 20% au PIB et 50 à 80% du PIB agricole
(Faye et Alary, 2001). Au Bénin, sa
participation au PIB est estimée à 6,2%
(MDR, 1994). Les systèmes d’élevage y sont
très variés. On rencontre à la fois l’élevage
extensif et amélioré, basé essentiellement sur
l’utilisation de la végétation naturelle très peu
entretenue, et ne permettant pas aux animaux
d’exprimer leur potentiel génétique (Chaibou,
2005). Ainsi, la faible valeur alimentaire des
pâturages tropicaux constitue un handicap
majeur et, ajoutée aux faibles performances
génétiques des animaux, ne permettent pas
d’obtenir chez les ruminants une bonne
production de lait et de viande. Aussi les
formes d’utilisation de l’espace autour des
aires protégées sont-elles généralement
concurrentes avec les objectifs de protection.
Il s’avère nécessaire de comprendre les
systèmes d’élevage existant dans cette zone
périphérique de la Djona afin d’une
amélioration efficace.
Par ailleurs, les ressources alimentaires
disponibles pour le bétail sont encore très peu
connues dans les pays du Sud du Sahara et les
ligneux fourragers offrent des perspectives
très intéressantes du fait qu’ils constituent une
composante importante de l’alimentation des
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bovins en saison sèche, notamment des
espèces telles que Afzelia africana, Khaya
senegalensis et Pterocarpus erinaceus
(Houinato, 2001 ; Brisso et al., 2007). En
Afrique, plusieurs études ont mis l’accent sur
la variabilité des ressources et surtout le rôle
des espèces ligneuses dans les bilans
fourragers des systèmes d’élevage (Le
Houerou, 1980 ; Piot, 1980 ; Sacko, 1991). Le
rôle alimentaire et sanitaire de certains
ligneux conservés ou non (Sinsin, 1991 ;
Adandédjan, 1999 ; Houinato, 2001 ;
Sieglstetter et Wittig, 2001) a également été
par ailleurs mis en exergue en Afrique Sub-
saharienne humide.
Au Bénin, peu de littératures sont
disponibles sur les systèmes d’élevage autour
des aires protégées et les ligneux fourragers
sont peu connus. L’objectif de cette étude est
de caractériser l’élevage à la zone
périphérique de la zone cynégétique de la
Djona de même que la structure des terroirs
agricoles riverains pour une gestion pastorale.
MATERIEL ET METHODES
Milieu d’étude
L’étude a été menée dans trois villages
(Angaradébou, Thya et Alfakoara) situés à la
périphérie de la Zone Cynégétique de la Djona
(l’une des zones cynégétiques de la Réserve
de Biosphère Transfrontalière du W) dans la
commune de Kandi (département de
l’Alibori), au Nord-Est du Bénin (figure 1 et
2). Cette zone s’étend entre 11° 20’ et 11° 50’
de longitude Ouest puis entre 2° 20’ et 2°
50’de latitude Nord. On y rencontre plusieurs
formations végétales parmi lesquelles : les
forêts claires à Isoberlinia doka et différents
types de savanes. Le climat est tropical sec de
type soudano-sahélien ou Nord-soudanien
caractérisé par une saison pluvieuse (6 mois)
et une saison sèche. Les températures
présentent une grande variation au cours de
l'année. Le mois d'avril est le mois le plus
chaud avec des températures moyennes
minimales de 25 °C à 28 °C et maximales de
37 °C à 41 °C pour le même mois.
La population d'Angaradébou se
compose de divers groupes ethniques.
Adjakpa (1989) a identifié trois groupes: les
Mokolés et les Dendis (en majorité sont
principalement des agriculteurs), les Peuls
(nombreux sont associés à toutes les ethnies et
pratiquent l’élevage comme activité
principale) et les Bariba, Haoussa, Yorouba et
Fons (en minorité, sont principalement des
artisans, commerçants et fonctionnaires).
Selon le Centre Communal pour la Promotion
Agricole (CeCPA) de Kandi, les principales
cultures sont: le coton, le maïs, l'arachide et le
sorgho représentant respectivement 50% ;
25,35% ; 11,90% et 12,82% des terres
emblavées pour les cinq dernières campagnes
agricoles. Quant à l’élevage bovin, 89167
têtes de bovin ont été contrôlées en 2006 par
le Projet d’Appui au Développement de
l’Elevage dans le Borgou (PADEB) dans la
commune de Kandi dont 17,2% dans
l’arrondissement d’Angaradébou.
Méthode
Ndzingu Awa et al. (2004), a identifié
dans les savanes d’Afrique Centrale six
systèmes d’élevage sur la base de l'importance
relative de l'agriculture et de l'élevage, des
espèces prédominantes et des pratiques
d'élevage. Ainsi la méthodologie adoptée a
consisté en une enquête sur la description du
système d’élevage bovin (mode de conduite,
structure des troupeaux et gestion de
l’espace), et les ligneux conservés. L’enquête
a été semi informelle et a porté sur un
échantillon de quinze (15) éleveurs Peuls
(tous agro pastoraux) par village soit au total
45 enquêtés.
Un inventaire des peuplements ligneux
a été réalisé et le dbh (diameter at breast
height) des ligneux épargnés, mesuré dans
quatre (4) placeaux de 50 m x 50 m installés
au hasard par type de terroir. Au cours de
l’inventaire toutes les espèces de ligneux
émondées ont été recensées dans ces terroirs.
Quatre types de terroirs agricoles soit 16
placeaux ont été évalués : les champs des
agriculteurs (les Monkolés et les Dendis), les
champs des éleveurs (les Peuls), les jeunes
jachères et les vieilles jachères. Les terroirs
agricoles ont été catégorisés ainsi en tenant
compte de leur physionomie générale, des
activités humaines et de l’importance des
ligneux épargnés par les groupes
socioprofessionnels. Les dbh supérieurs ou
égales à dix (dbh 10 cm) ont été
inventoriés. Les dbh < 10 cm (régénération)
n’ont pas été pris en compte dans ce travail.
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Figure 1: Carte de localisation de la zone Cynégétique de la Djona au Bénin.
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Figure 1: Carte de la zone cynégétique de la Djona et ses villages riverains.
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Les paramètres tels que la richesse
spécifique (nombre d’espèce), la densité des
ligneux (pieds/ha), les proportions des ligneux
par espèce (%), et les indices de diversité de
Shannon et de l’équitabilité de Pielou ont été
évalués.
L’indice de diversité de Shannon
Weiner (H = - πlog
2
π), π représente la
proportion des individus dans l’échantillon
total qui appartiennent à l’espèce i. Cet indice
est basé sur la théorie de l’information
mutuelle. Exprimées en bit, les valeurs
extrêmes sont comprises entre 0,5 et 4,5 bits
environ.
L’indice d’équitabilité de Pielou (E =
2
log S
),
S représente le nombre total des espèces dans
le parc et H = indice de diversité de Shannon.
La régularité correspond au rapport entre la
diversité obtenue et la diversité maximale
possible (log2 S) du nombre d’espèce S. Elle
varie entre 0 et 1.
Le logiciel Excel 2003 a été utilisé pour
calculer les moyennes, les écarts types, les
indices de diversité et pour générer les
graphiques d’illustration.
RESULTATS
Les résultats sont relatifs à (1) la
gestion de l’espace, le mode de conduite et la
structure des troupeaux et (2) la structure
démographique des ligneux épargnés.
Gestion de l’espace, mode de conduite et
structure des troupeaux
Les deux grandes zones exploitées par
les éleveurs et les agriculteurs sont
représentées par la zone tampon (zone à
usage contrôlé) et la zone libre. La zone libre
les agriculteurs sont les propriétaires
terriens, est plus sujette à la pression agricole
que pastorale. 89% des éleveurs enquêtés
pratiquent le sédentarisme comme mode
d’élevage et détiennent en moyenne 46
bovins/troupeau avec un coefficient de
variation de 43,47% alors que la
transhumance (petite et grande) est le mode de
conduite du reste des éleveurs (11%) investis.
La structure du cheptel est composée de
vaches (60%), de veaux (21%), de taurillons
et génisses (13%), et de taureaux (6%). Deux
races traditionnelles de zébus (Bos taurus)
sont rencontrées. Il s'agit des races Keteeji et
"Tchiwali". La race "Tchiwali", la plus
fréquente, a représenté plus de 60% de
l’échantillon des éleveurs enquêtés.
Structure démographique des ligneux
épargnés
Le tableau 1 montre la structure
démographique des ligneux épargnés sur les
terroirs agricoles. Les espèces listées dans ce
tableau sont celles présentes dans les placeaux
inventoriés. Toutes les espèces recensées qui
sont épargnées ne sont pas systématiquement
retrouvées dans les placeaux inventoriés.
C’est le cas de Khaya senegalensis, Cordia
sinensis et Acacia siberiana. Les espèces
telles que Vitellaria paradoxa et Parkia
biglobosa sont les plus épargnées dans les
terroirs agricoles mais, le karité (Vitellaria
paradoxa) a une forte représentation dans tous
les terroirs agricoles inventoriés. Par ailleurs
les espèces telles que Afzelia africana,
Bombax costatum, Daniellia oliveri, Khaya
senegalensis, Pterocarpus erinaceus, Cordia
sinensis, Prosopis africana et Acacia
sieberiana sont aussi épargnés pour leur
intérêt dans l’alimentation des bovins et sont
le plus souvent rencontrées dans les champs
des éleveurs. Afzelia africana est plus épargné
dans les champs des éleveurs que ceux des
agriculteurs et dans les jeunes jachères
(31,58% contre 10,52 et 9,6%
respectivement).
La richesse spécifique est similaire (7
contre 8 et 9 espèces respectivement) dans les
champs des éleveurs, des agriculteurs et dans
les jeunes jachères alors qu’elle est de 4
espèces dans les vielles jachères. La densité
des ligneux est de 38 pieds/ha dans les
champs des agriculteurs et des éleveurs contre
31 et 34 pieds/ha dans les jeunes et vieilles
jachères.
Les indices de diversité de Shannon (H)
et l’équitabilité de Pielou (E) calculés sont
résumés dans le tableau 2.
La répartition par classe de diamètre
des individus des divers ligneux épargnés est
ajustée par une fonction polynomiale et a une
courbe en forme de " cloche" (Figures 3 à 6),
dans tous les terroirs agricoles étudiés. Les
coefficients de détermination calculés pour
chaque fonction polynomiale sont de 0,63 ;
0,74 ; 0,74 et 0,95 respectivement pour les
vieilles jachères, les jeunes jachères, les
champs des agriculteurs et les champs des
éleveurs.
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Tableau 1 : Proportion (%) des ligneux épargnés par espèce et par type de terroirs agricoles
inventoriés.
Type de terroirs agricoles
Espèces ligneuses
Champ des
agriculteurs
Champ des
éleveurs
Jeunes
jachères
Vieilles
jachères
Vitellaria paradoxa 57,9 44,74 61,3 70,58
Parkia biglobosa 21,05 5,26 9,6 17,64
Afzelia africana 10,52 31,58 9,6 -
Bombax costatum 2,63 2,63 - 8,82
Daniellia oliveri _ 10,52 - -
Prosopis africana - 2,63 6,45 -
Pterocarpus erinaceus - 2,64 - -
Autres* 7,9 _ 14 2,96
* Les espèces présentes dans les placeaux inventoriés et dont la proportion est inférieure à 1%.
Tableau 2: Indice de Shannon et Equitabilité de Piélou par type de terroirs agricole.
Indices de diversités
Types de terroirs agricoles
Indice de Shannon (H)
en bits
Equitabilité de Piélou (E)
Champs des agriculteurs 1,96 0,65
Champs des éleveurs 2,02 0,72
Jeunes jachères 1,98 0,66
Vielles jachères 1,24 0,62
DISCUSSION
Analyse du système d’élevage
En Afrique subsaharienne, la
population rurale vit essentiellement de
l'agriculture et de l'élevage. Ainsi les systèmes
d’élevage qui existent combinent pour la
plupart l’agriculture et l’élevage et sont
diversifiés. Cirad (2006) distingue quatre (4)
grands systèmes d’élevage de bovin : le
système pastoral transhumant, le système
agro-pastoral en zone d’agriculture-élevage,
les systèmes semi-intensifs et les systèmes
intensifs. Dans cette zone le système le plus
observé est l’agro-pastoralisme pratiqué par
les sédentaires (89%). La valeur de la taille du
cheptel obtenue est bien en relation avec un
tel système et mode de conduite et corrobore
la valeur trouvée par Djodjouwin (2001) qui
est de 49 bovins par troupeau chez les
sédentaires dans les forêts classées des Monts-
Kouffé et Wari-Maro au Bénin. Ce système
d’élevage en opposition au système pastoral
transhumant, n’est pratiqué que sur des
espaces pastoraux réduits et par ricochet les
éleveurs ne peuvent qu’entretenir des petits
effectifs. En effet selon Shazali et Abdel
Ghaffar (1999), l’une des causes de la
transhumance est le problème de conservation
d’un nombre maximum d’animaux pendant la
saison sèche. Ainsi, les éleveurs autour des
aires protégées du fait de la contrainte
spatiale, n’entretiennent pas des effectifs
importants. Ce comportement permet d’éviter
la transhumance à travers l’aire protégée.
La pratique de ce système d’élevage
dans la zone d’étude s’explique aussi par la
place qu’occupe la production cotonnière. En
effet la traction animale est ici bien intégrée
dans le système de production culturale. Ainsi
il existe une forte collaboration entre
agriculteur et éleveur. Les agriculteurs
achètent généralement leurs animaux de trait
auprès des éleveurs ou bien leur confient aussi
des bovins pour l’élevage excepté les animaux
de trait qu’ils gardent eux-mêmes. Quant aux
éleveurs, ils bénéficient de ce système, en
écoulant certains de leurs animaux par des
relations de proximité avec des agriculteurs.
Aussi les éleveurs utilisent-ils les sous
produits de récolte de leurs champs et des
champs des agriculteurs.
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503
y = -1,5357x
2
+ 10,121x - 5,8
R
2
= 0,7458
0
2
4
6
8
10
12
14
16
15 25 35 45 55 65
Centre des classes de diamètre (cm)
e f f e c t if p a r c la s s e
y = -0,8571x
2
+ 3,7429x + 5,8
R
2
= 0,9579
0
2
4
6
8
10
12
25 35 45 55 65
centres des classes de diamètre (cm)
e ffe c ti f p a r c la s s e
Figure 3 : Répartition des individus par classe de diamètre Figure 4 :partition des individus par classe de diamètre dans
dans les champs des agriculteurs. les champs des éleveurs.
T. D. HOUEHANOU et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 2(4): 497-507, 2008
504
y = -0,119x
2
+ 0,381x + 5,5714
R
2
= 0,6311
0
1
2
3
4
5
6
7
8
15 25 35 45 55 65 75 85
Centre des classes de diatre (cm)
E ffe c tif p a r c la s s e
y = -0,75x
2
+ 5,5357x - 2,7143
R
2
= 0,743
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
15 25 35 45 55 65 75
Centre des classes de diamètre (cm)
E ffe c tif p a r c la s s e
Figure 5 : Répartition des individus par classe de diamètre Figure 6 : Répartition des individus par classe de
dans les jeunes jachères. diamètre dans les vieilles jachères.
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En ce qui concerne la transhumance
pratiquée par seulement 11% des éleveurs
enquêtés, il faut noter que ceux-ci descendent
jusqu’à la partie centrale du pays à la
recherche de pâturage en période de déficit et
ne traversent guère la Réserve du W. Ceci est
contraire au phénomène observé dans la partie
périphérique Nord (Karimama et Mallanville)
de la Réserve. En effet, Sounkéré (2003) a
montré que c’est dans cette partie
périphérique Nord du W que se trouvent les
couloirs d’entrée et itinéraires de
transhumance. Aussi signale-t-il que ces
transhumants sont plus des étrangers.
Analyse de la structure des terroirs
agricoles inventoriés
Le karité et le néré sont les ligneux plus
épargnés pour leur importance socio-
économique. Cet intérêt s’explique d’une part,
par l’amélioration du revenu des femmes qui
commercialisent les noix de karité ou les
transforment en beurre de karité principale
source de lipide dans la zone et d’autre part,
par la fabrication du "Afitin" (moutarde
locale) à partir des graines de néré. De ces
deux espèces ligneuses, le karité (Vitellaria
paradoxa) a une forte représentation dans tous
les terroirs agricoles inventoriés. En effet, sa
productivité en fruit est améliorée dans les
parcs agro-forestiers par rapport aux
formations naturelles (Lamien et al., 2004) et
chaque groupe socio-professionnel trouve un
intérêt à l’épargner d’une manière ou d’une
autre afin d’augmenter sa production annuelle.
Les richesses spécifiques obtenues (7
contre 8 et 9 espèces respectivement) dans les
champs des éleveurs, des agriculteurs et dans
les jeunes jachères corroborent les résultats de
Wala et al. (2005) qui trouvent des valeurs de
9, 7, 5 et 8 espèces respectivement dans les
parcs à Parkia biglobosa ; dans les parcs
mixtes à Parkia biglobosa et Adansonia
digitata ; dans les parcs mixtes à Parkia
biglobosa et Vitellaria paradoxa et dans les
parcs mixtes composites au Nord du Togo.
Dans les vieilles jachères la richesse
spécifique a été de 4 espèces et serait, due à la
non prise en compte de la régénération
potentielle. Dans les jachères en général et les
vieilles en particulier, cette régénération est
plus importante.
Les valeurs de densité obtenues (38, 31
et 34 pieds/ha) sont similaires à celle de Wala
et al. (2005) dans les parcs mixtes composites
(32 pieds/ha) au Nord du Togo, comparables à
la valeur minimale de Agbahungba et
Depommier (1999) dans la région du Borgou
au Bénin (40 arbres/ha). De même les valeurs
des indices de diversité trouvées sont
similaires à celles de Wala et al. (2005) qui
trouvent 1,7 ; 1,2 ; 1,6 et 2,2 bits
respectivement dans les parcs à Parkia
biglobosa, dans les parcs mixtes à Parkia
biglobosa et Vitellaria paradoxa, dans les
parcs mixtes à Parkia biglobosa et Adansonia
digitata puis dans les parcs mixtes
composites. Les valeurs d’indice les plus
élevées (H = 2,02 bits et E = 0,72) obtenues
dans les champs des éleveurs font de ce terroir
agricole celui le plus diversifié. Les éleveurs
épargnent les ligneux tels que Afzelia
africana, Pterocarpus erinaceus, Daniellia
oliveri, Bombax costatum, qui ont une
importance dans l’alimentation de leurs
animaux. Ces ligneux ajoutés aux Vitellaria
paradoxa et Parkia bigbobosa, rendent leur
champ plus diversifié comparativement à celui
des agriculteurs. Afzelia africana en
particulier est plus épargné dans les
campements et dans les champs des éleveurs
que les autres ligneux fourragers. Ceci peut
s’expliquer par son importance pour la
production du lait (selon les éleveurs
enquêtés) qui est d’une grande importance
socio-économique dans les ménages peuls.
Conclusion
La gestion de l’espace pastoral autour
de la zone cynégétique de la Djona montre la
dominance du sédentarisme pratiqué par des
agro-pasteurs qui peuvent être soit des Peuls,
des Monkolés ou des Dendis. Quant à la
structure des terroirs agricoles, les peuls
conservent plus les ligneux fourragers dans
leur champ contrairement aux Monkolés et
Dendis. Ceci implique une densité plus grande
de ces ligneux dans les champs des éleveurs
que dans les champs des agriculteurs. De ces
ligneux, Afzelia africana est celui le plus
recherché dans ces systèmes d’élevage bovin.
Selon les éleveurs enquêtés, ce ligneux
favoriserait la production laitière.
Aussi cette étude a-t-elle montrée que
la rareté des ligneux fourragers les plus prisés
(Afzelia africana, Khaya senegalensis et
Pterocarpus erinaceus) pousse déjà les
éleveurs à l’émondage d’autres ligneux tels
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que, Bombax costatum, Daniellia oliveri,
Cordia sinensis, Prosopis africana et Acacia
sieberiana.
REMERCIEMENTS
Nos gratitudes vont à l’endroit du
département de Production Animale de la
Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de
l’Université d’Abomey Calavi (UAC) pour
son assistance technique; de toutes les
personnes qui nous ont aidés sur le terrain
pour la collecte des informations; des peuls
qui nous sont restés hospitaliers et de
l’institution ANAFE (African Network for
Agroforestry Education) pour son soutien
financier.
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... L'attrait des éleveurs transhumants par les aires protégées est exprimé par Manceron (2011) dans la périphérie du parc du W en Afrique de l'Ouest. Houehanou et al. (2008) ont exprimé la même préoccupation dans la gestion pastorale et la structure des terroirs agricoles de la périphérie de Djona (Nord-Est Bénin). ...
Article
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Diversity, pastoral and conservation priorities of fodder trees in the Sudano-Guinean pasture lands of Benin. Description of the subject. Fodder trees are important for livestock survival in dryland Africa. In view of the pressure faced by these trees, and their consequent rarity noted in rangelands, a study was conducted in the Sudano-Guinean transition zone of Benin at the level of the local population surrounding the protected forests of Monts Kouffé, Wari-Maro and Ouémé Supérieur. Objectives. This study aimed to inventory the fodder trees, analyze the local perception of factors threatening target fodder trees, according to different sociolinguistic groups and prioritize fodder trees for conservation. Method. Ethnobiological surveys and ecological data from the available literature were used to construct a database following different criteria. The citation rates of the fodder trees by the surveyed populations were used to establish pastoral priority, while their conservation priority was established using a combination of four methods and nine criteria. Results. Forty-eight fodder trees belonging to 17 families dominated by Leguminosae (27.1%) and Moraceae (16.6%) were reported. These species were distributed among 37 genera, with the genus Ficus being the most represented (16.6%). Palatability, species availability and the impact of tree fodder on animal productivity were the criteria used by the surveyed sociolinguistic groups in their selection of fodder trees. The prioritization methods yielded ten top ranked species: Afzelia africana, Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis, Vitellaria paradoxa, Mangifera indica, Ficus platyphylla, Balanites aegyptiaca, Annona senegalensis, Ficus umbellata and Daniellia oliveri. Conclusions. With the aim of establishing the sustainable management of pasture lands, we suggest that priority be given to the aforementioned species of fodder trees as part of restoration, afforestation/reforestation and plantation activities.
Article
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En Afrique subsaharienne, la population rurale vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Ce dernier joue un rôle socio‐économique important et représente plus de 11 % du produit intérieur brut et plus de 30 % du produit agricole brut des pays de l’Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine (RCA) et Tchad). Malgré son importance, la productivité de l’élevage reste compromise par des changements sociaux et environnementaux. Cette étude a pour objectif d’identifier les systèmes d’élevage actuels, leurs contraintes et leurs opportunités afin de mieux cibler les innovations. L’étude s’est déroulée dans les zones cotonnières du Cameroun, de la RCA et du Tchad, en trois phases : une enquête, un suivi des exploitations au cours d’une année et une revue bibliographique. Six systèmes d’élevage ont été identifiés sur la base de l’importance relative de l’agriculture et de l’élevage, des espèces prédominantes et des pratiques d’élevage. Les principales contraintes sont : l’inadéquation des ressources alimentaires due à la réduction des espaces pastoraux \; des maladies entraînant une forte mortalité \; les conflits agropastoraux. Ces contraintes sont liées aux systèmes d’élevage. La productivité des pâturages naturels reste faible dans les zones où la pluviométrie est inférieure à 1 000 mm (3‐4 tonnes de matière sèche (MS) par hectare) alors que dans celles où la pluviométrie est supérieure à 1 000 mm, elle est relativement bonne (7‐8 tonnes MS\\ha). Ces dernières sont malheureusement infestées par les glossines et d’autres vecteurs de maladies. Les pathologies les plus fréquentes dans la sous‐région d’Afrique centrale sont la dermatophilose, la fièvre aphteuse et la trypanosomose chez les bovins, la peste des petits ruminants et les helminthoses chez les ovins et les caprins et la maladie de Newcastle pour la volaille. La pression foncière et la réduction des ressources alimentaires sont les principaux facteurs limitant les systèmes d’élevage extensifs. Nous suggérons que des mesures appropriées soient prises pour augmenter les espaces pâturables. Les systèmes de production intensifs doivent aussi être encouragés.
Analyse des formes d'utilisation de l'espace dans les terroirs agro-pastoraux de la zone périphérique du Parc National
  • K Sounkéré
  • Au Bénin
Sounkéré K. 2003. Analyse des formes d'utilisation de l'espace dans les terroirs agro-pastoraux de la zone périphérique du Parc National du W au Bénin : cas de la commune de Karimama. Mémoire d'Ing.
Phytosociologie, écologie, production et capacité de charge des formations végétales pâturées dans la région des
  • M Houinato
Houinato M. 2001. Phytosociologie, écologie, production et capacité de charge des formations végétales pâturées dans la région des Monts Kouffé (Bénin) Th.
Le rôle des ligneux dans les zones sahéliennes
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Les méthodes de gestion et d'exploitation des fourrages ligneux : peuplements naturels et plantations artificielles
  • J Piot
Piot J, 1980. Les méthodes de gestion et d'exploitation des fourrages ligneux : peuplements naturels et plantations artificielles. In les Fourrages Ligneux en Afrique : Etat Actuel des Connaissances. CIPEA; 335-343.
Caractérisation des Disponibilités Fourragères Ligneuses sur des Parcours Naturels Sahéliens Exploités par des Bovins
  • B Sacko
Sacko B. 1991. Caractérisation des Disponibilités Fourragères Ligneuses sur des Parcours Naturels Sahéliens Exploités par des Bovins, Ovins ou Caprins. ISRA-IERSERZ; 100 p.
Exploitation des pâturages dans un système traditionnel d'élevage bovin dans
  • B Sinsin
Sinsin B. 1991. Exploitation des pâturages dans un système traditionnel d'élevage bovin dans le périmètre Nikki-Kalalé au Bénin. Acte de la IVème Conférence
  • D Houehanou
D. HOUEHANOU et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 2(4): 497-507, 2008 507
Analyse des formes d'utilisation de l'espace dans les terroirs agro-pastoraux de la zone périphérique du Parc National du W au Bénin : cas de la commune de Karimama
  • K Sounkéré
Sounkéré K. 2003. Analyse des formes d'utilisation de l'espace dans les terroirs agro-pastoraux de la zone périphérique du Parc National du W au Bénin : cas de la commune de Karimama. Mémoire d'Ing. Agr., Université d'Abomey-Calavi, p. 51.