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Critères et indicateurs de participation des populations locales à l'aménagement forestier au Bénin

Authors:
  • Polytechnic University of Abomey

Abstract and Figures

Les projets d’aménagement des forêts classées au Benin utilisent l’approche participative et donnent de ce fait une importance aux opinions et actions des populations locales à toutes les étapes de l’aménagement. La présente étude a évalué sur la base de 10 forêts classées, la participation des populations riveraines à l’aménagement forestier à partir des critères et indicateurs. A cet effet, 100 experts en gestion des ressources naturelles ont été consultés à l’aide des questionnaires en utilisant la méthode Delphi pour retenir la liste des critères et indicateurs de participation des populations riveraines à l’aménagement forestier. Ces critères et indicateurs sont ensuite soumis à l’appréciation de 1.320 acteurs issus de différentes catégories socio-professionnelles (agriculteurs, éleveurs, exploitants forestiers, chasseurs) et des comités de cogestion des forêts classées à l’aide de questionnaires basés sur des critères de pertinence (1 = indicateur pertinent ; 0 = indicateur non pertinent). Ces scores sont utilisés pour catégoriser les indicateurs selon leur pertinence à partir de classifications hiérarchiques ascendantes. L’analyse en composantes principales a été ensuite utilisée pour projeter les classes de pertinence de critère dans le système d’axes définis par les groupes socio-culturels. Les résultats obtenus ont montré que les populations des forêts classées de l’Ouémé- Supérieur-N’Dali, de Goroubi, de Sota, de Goungoun et de Tchaourou-Toui-Kilibo ont choisi les mêmes indicateurs de participation à l’aménagement forestier que constituent les groupes d’indicateurs 1 (connaissance des règles de la forêt) et 5 (importance du partage équitable des bénéfices financiers de l’aménagement forestier et prise en compte de l’approche genre dans la gestion des comités villageois). La connaissance des règles de gestion de la forêt est par ailleurs jugée importante par les populations de toutes les forêts classées. Aussi, on note une opposition de pertinence d’indicateurs de participation à l’aménagement entre les acteurs de la forêt classée des Monts-Kouffé et de ceux des forêts classées de Pénessoulou, Agoua et Wari-Maro.
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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin
Numéro
62
Décembre 2008
1
Critères et indicateurs de participation des populations locales à
l’aménagement forestier au Bénin
C. P. Djogbenou
1
, O. Arouna
2
, R. L. Glèlè Kakaï
2
et B. A. Sinsin
2
Résumé
Les projets d’aménagement des forêts classées au Benin utilisent l’approche participative et donnent
de ce fait une importance aux opinions et actions des populations locales à toutes les étapes de
l’aménagement. La présente étude a évalué sur la base de 10 forêts classées, la participation des
populations riveraines à l’aménagement forestier à partir des critères et indicateurs. A cet effet, 100
experts en gestion des ressources naturelles ont été consultés à l’aide des questionnaires en utilisant
la méthode Delphi pour retenir la liste des critères et indicateurs de participation des populations
riveraines à l’aménagement forestier. Ces critères et indicateurs sont ensuite soumis à l’appréciation
de 1.320 acteurs issus de différentes catégories socio-professionnelles (agriculteurs, éleveurs,
exploitants forestiers, chasseurs) et des comités de cogestion des forêts classées à l’aide de
questionnaires basés sur des critères de pertinence (1 = indicateur pertinent ; 0 = indicateur non
pertinent). Ces scores sont utilisés pour catégoriser les indicateurs selon leur pertinence à partir de
classifications hiérarchiques ascendantes. L’analyse en composantes principales a été ensuite utilisée
pour projeter les classes de pertinence de critère dans le système d’axes définis par les groupes
socio-culturels. Les résultats obtenus ont montré que les populations des forêts classées de l’Ouémé-
Supérieur-N’Dali, de Goroubi, de Sota, de Goungoun et de Tchaourou-Toui-Kilibo ont choisi les
mêmes indicateurs de participation à l’aménagement forestier que constituent les groupes
d’indicateurs 1 (connaissance des règles de la forêt) et 5 (importance du partage équitable des
bénéfices financiers de l’aménagement forestier et prise en compte de l’approche genre dans la
gestion des comités villageois). La connaissance des règles de gestion de la forêt est par ailleurs
jugée importante par les populations de toutes les forêts classées. Aussi, on note une opposition de
pertinence d’indicateurs de participation à l’aménagement entre les acteurs de la forêt classée des
Monts-Kouffé et de ceux des forêts classées de Pénessoulou, Agoua et Wari-Maro.
Mots clés: Participation, critères, indicateurs, méthode Delphi, aménagement forestier, Bénin.
Criteria and indicators of participation of local populations to forests
management in Benin
Abstract
Forest Management projects in Benin used the participatory approach since 1990 and give then some
importance to the opinions of the local populations in all steps of the conception and implementation of
the forest management. The present study assessed from 10 forest reserves, the participation of local
populations to the forest management using criteria and indicators. 100 experts in natural resources
management were consulted using the Delphi method in order to establish the list of criteria and
indicators of participation of the local populations to the forest management. These criteria were then
submitted to the assessment of 1320 stakeholders (farmers, breeders, foresters and hunters) and
members of local committee of the management of the forests. The pertinence of the criteria were
based on scores (1 = relevant, 0 = not relevant). These scores were submitted to the cluster analysis
to constitute homogeneous groups of criteria. Principal component analysis was applied on the
classes of scores in order to project them in the system axis defined by the socio-professional
categories. The results obtained showed that the local populations of Ouémé-Supérieur-N’Dali,
Goroubi, Sota, Goungoun and Tchaourou-Toui-Kilibo forest reserves gave great importance to the
knowledge of the rules of the forest management and the fair distribution of the financial profit from the
management of the forest reserve. The knowledge of the rules of the management of the forest is
most considered by all the local populations of the forest reserves considered in the study.
Furthermore, we noticed an opposition in the pertinence of indicators between stakeholders of the
1
Direction Générale des Forêts et des Ressources Naturelles; 06 BP3484 Cotonou, e-mail : pcdjogbenou@yahoo.com
2
Dr. Ir. Romain GLELE KAKAÏ, Maitre Assistant en Biométrie et modélisation forestière, Enseignant-Chercheur, Faculté des
Sciences Agronomiques, 04 BP 1525 Cotonou, Bénin, Tél. (++229) 90188039/95840800, email : glele.romain@gmail.com
Prof. Dr. Ir. Brice Augustin Sinsin, Vice Recteur chargé de la Recherche Scientifique à l’Université d’Abomey-Calavi, Benin,
Enseignant-Chercheur et Directeur du Laboratoire d’Ecologie Appliquée, Faculté des Sciences Agronomiques, Université
d'Abomey-Calavi, 01 BP 526 Recette Principale, Cotonou 01, Bénin, Tél. : (++229) 90026857/97016136 et (++229)
21360074/21030878, Fax: +229 21303084, email: bsinsin@gmail.com/brice.sinsin@fsa.uac.bj, www.leabenin-fsauac.net
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Numéro
62
Décembre 2008
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Monts-Kouffé forest reserve and the ones related to the Pénessoulou, Agoua and Wari-Maro forest
reserved.
Key words: Participation, criteria, indicators, Delphi method, forest management, Benin
INTRODUCTION
La gestion durable des forêts est la gérance et l’utilisation des forêts et des terrains boisés, d’une
manière et à une intensité telles qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur
capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les
fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes aux niveaux local, national et mondial, et
qu’elles ne causent pas de préjudices à d’autres écosystèmes (Siry et al., 2005). Cette durabilité de
l’aménagement forestier est basée sur la participation des populations riveraines (CNUED, 1992 ;
Reed, 2008). En effet, il est de plus en plus admis que la pauvreté des populations rurales largement
dépendantes des ressources forestières fait partie des causes significatives de dégradation des
forêts. C’est pourquoi, la réussite et la durabilité de l’aménagement forestier passent
incontestablement par la participation de ces populations au processus d’aménagement forestier
(Chouinard et Perron, 2002 ; Varughese et Ostrom, 2001 ; Gareau, 2005 ; Djogbenou, 2005).
Au Bénin, depuis la période coloniale jusqu’aux années 1990, l’ensemble des forêts classées a été
sous le contrôle de l’Etat. La gestion de ces forêts classées a été excessivement répressive et
exclusive. Cette expropriation a affaibli les communautés riveraines qui se retrouvent désormais
écartées de la gestion forestière. L’interdiction d’accès aux forêts classées sans les moyens de la faire
respecter, a généré un accès libre. Face à ce bilan très peu reluisant de la gestion publique des forêts
classées et saisissant le contexte du renouveau démocratique à partir de 1990, l’Etat béninois a opté
pour l’adoption de l’approche participative dans l’aménagement forestier avec comme toile de fonds la
cogestion des ressources naturelles des forêts classées. Ainsi, depuis 1992, plusieurs projets et
programmes de gestion participative des ressources naturelles ont éinitiés et mis en application.
L’approche participative constitue la méthode d’intervention de tous ces projets d’aménagement
forestier. La question qui se pose est de savoir si la participation des populations est effective dans
tout le processus d’aménagement forestier ou bien si l’approche participative est utilisée comme un
mécanisme d’information pour rechercher l’adhésion des populations à l’aménagement forestier. En
d’autres termes, la participation des populations dans l’aménagement forestier au Bénin est-il active
ou factice?
Pour analyser la participation des populations locales à l’aménagement forestier, des critères et
indicateurs sont souvent utilisés. Le rôle des critères est de caractériser ou de définir les éléments
essentiels, ou l’ensemble des conditions ou des processus permettant l’évaluation de la participation
des populations riveraines à l’aménagement forestier. L’indicateur est la mesure d’un aspect du
critère, une variable quantitative ou qualitative qui peut être mesurée ou décrite pour évaluer la
participation (Alvarez., 2005). L'utilisation des indicateurs est l’une des approches les plus partagées
par la communauté scientifique internationale pour suivre et évaluer la durabilité de la gestion des
systèmes forestiers à divers niveaux géographiques (OIBT, 1998). Par ailleurs, l’application des
critères et indicateurs pour mesurer la durabilité de la gestion forestière demeure l’un des
engagements forestiers internationaux. Ainsi, Alvarez (2005) a déterminé des critères et indicateurs
qui ont été utilisés pour caractériser des forêts de montagnes européennes. La matrice de
délibération, un outil d’évaluation multicritère de scénarii ayant pour vocation d’accompagner les
acteurs dans la gouvernance de leurs ressources communes a été utilisée par Andriananja (2006)
pour évaluer la gestion des ressources forestières de Manjakatompo à Madagascar. Au Bénin,
Djogbénou (2005) a analysé la mise en œuvre des plans d’aménagement participatifs et a déterminé
des critères et des indicateurs pouvant permettre de tirer une conclusion relative à l’échec ou la
réussite d’un plan d’aménagement forestier à partir de deux forêts classées. Cependant, les questions
spécifiques touchant la participation des populations riveraines restent toujours posées.
La présente étude a pour objectif d’évaluer et d’analyser la participation des populations riveraines de
10 forêts classées dotées de plans d’aménagement au Bénin, l’hypothèse de recherche étant : les
indicateurs de participation des populations à l’aménagement ne dépendent pas des caractéristiques
socio-professionnelles des populations locales, ni des spécificités des plans d’aménagement de ces
forêts classées.
MATERIEL ET METHODES
Milieu d’étude
La présente étude a été conduite dans 10 forêts naturelles classées, dotées de plans d’aménagement
participatif (PAP). Il s’agit des forêts classées de Pénéssoulou, de Tchaourou-Toui-Kilibo, de l’Ouémé
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Supérieur, de N’Dali, de la Sota, de Goungoun, d’Agoua, des Monts-Kouffé, de Wari-Maro et de la
Rôneraie de Goroubi (figure 1). Ainsi, 6 PAP ont été élaborés pour réglementer la gestion de ces
forêts classées.
Figure 1. Localisation des forêts classées étudiées
Les plans d’aménagement de ces forêts classées ont été élaborés par des projets de la Direction des
Forêts et des Ressources Naturelles du Bénin (Tableau 1).
NIGER
Pendjari
Mékrou
Alibori
Sota
Ouémé
Ouémé Zou
Couffo
Mono
NIGERIA
TOGO
Okpara
4
7
N
1
8
7
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
#
SAVE
DASSA
BANTE
KETOU
KANDI
ABOMEY
BOHICON
BASSILA
LOKOSSA
COTONOU
PARAKOU
DJOUGOU
APLAHOUE
MALANVILLE
NATITINGOU
SAVALOU
PORTO NOVO
2
3
7°10'
7°10'
8°20'
8°20'
9°30'
9°30'
10°40'
10°40'
11°50'
11°50'
1°10'
1°10'
2°20'
2°20'
3°30'
3°30'
4°40'4°40'
5
10
6
799
OCEAN ATLANTIQUE
1. Rôneraie de Goroubi
2. Forêt classée de Goungoun
3. Forêt classée de la Sota
5. Forêt classée de l'Ouémé Supérieur
6. Forêt classée de Wari-Maro
7. Forêt classée des Monts Kouffé
8. Forêt classée de Pénéssoulou
9. Forêt classée de Tchaourou-Toui-Kilibo
10. Forêt classée d'Agoua
4. Forêt classée de N'Dali
Cours d'eau
Ville
#
Route bitumée
Forêts classées étudiées
Limite d'Etat
0 50 100 Km
Sources: Carte générale du Bénin, IGN Paris et
IGN Cotonou, Edition 2 et données GPS
BURKINA-FASO
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Tableau 1. Caractéristiques des forêts classées et des Plans d’Aménagement Participatifs (PAP)
Forêts classées Projets Coordonnées
géographiques Superficie (ha) Période de mise
en œuvre des PAP
Nombre de
villages
Riverains
Pénéssoulou PRRF 9°14’ l N ; 9°18’N
1°30’ E ; 1°37’ E 5.470 1990-1998 4
Tchaourou et Toui-Kilibo PGRN 8°25’N ; 8°53’N
2°36’ E ; 2°47’ E 48.000 1992 -1996 18
Ouémé Supérieur-N’Dali PGRN 9°11’ N ; 9°47’ N
1°58’ E ; 2°284’E 182.263 1997 - 1999 23
Goungoun Projet
UNSO
11°20’N; 11°41’N
3°07’ E; 3°24 E’ 73.200 1993-1997 11
Sota Projet
UNSO
10°58’N; 11°11’N
3°03’ E; 3°25’ E 53.000 1993-1997 10
Goroubi Projet
UNSO
11°53’N; 11°58N
3°14 E’; 3’18’E 570 1993-1997 3
Agoua PAMF 8°25 N ; 8°50 N
1°40 E ; 2°25 E 75.300 2002-2007 20
Monts Kouffé PAMF 8°25 N ; 8°50 N
1°40 E ; 2°15 E 180.300 2002-2007 29
Wari-Maro PAMF 8°50’ N ;' 9°10’ N
1°55’ E ; 2°25’ E 107.500 2002-2007 12
Légende :
PRRF : Projet de Restauration des Ressources Forestières dans la région de Bassila
PGRN : Projet de Gestion des Ressources Naturelles
UNSO: United Nations Sudano-Sahelian Organisation
PAMF : Projet d’Aménagement des Massifs Forestiers d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-Maro
Le PAP des forêts classées de Tchaourou-Toui-Kilibo (TTK) et celui des forêts classées de l’Ouémé
Supérieur-N’Dali (OSN) ont été élaborés par le Projet de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN).
L’élaboration du plan d’aménagement de ces forêts classées de superficie et de nombre de villages
riverains relativement importants, a bénéficié d’un appui de courte durée (Tableau 1). Le Projet de
Restauration des Ressources Forestières dans la région de Bassila (PRRF) a appuyé l’élaboration du
plan d’aménagement de la forêt classée de Pénéssoulou pendant 9 ans. Cette forêt classée, de taille
relativement petite et entourée aussi d’un petit nombre de villages a pourtant bénéficié d’une durée
d’appui relativement longue. Le Projet aménagement participatif de forêts naturelles et reboisements
villageois pour la réduction de carbone (Projet BEN-93-G13) a élaboré un même plan d’aménagement
pour les forêts classées de Goungoun, de la Sota et de la rôneraie de Goroubi bien que la rôneraie de
Goroubi n’est pas située dans la même zone agro-écologique que les deux autres forêts classées. A
la fin du PGRN et du Projet BEN-93-G13, la mise en œuvre de ces plans d’aménagement forestier est
restée sans appui.
Le Projet d’Aménagement des Massifs Forestiers d’Agoua, des Monts Kouffé et de Wari-Maro (PAMF)
a entrepris l’élaboration des plans d’aménagement de ces trois forêts classées par la mise en place
dès la deuxième année du projet des Plans Simples de Gestion. La mise en œuvre de ces Plans
Simples de Gestion durant 5 ans constitue en fait le début de la mise en œuvre des plans
d’aménagement. Les PAP de la forêt classée de Wari-Maro et du complexe Wari-Maro-Monts-Kouffé
ne sont pas encore signés, malgré l’exécution d’activités essentielles contenues dans ces PAP.
La synthèse descriptive du contexte biophysique et socio-économique des forêts classées étudiées
est résumée dans le tableau 2 et indique une variabilité de caractéristiques d’une forêt classée à une
autre.
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Tableau 2. Synthèse descriptive du contexte biophysique et socio-économique des forêts classées de l’Ouémé Supérieur, Pénéssoulou, Tchaourou-Toui-Kilibo et
Goungoun-Sota
Caractéristiques
Biophysiques
et socio-
économiques
Forêt Classée de
Rôneraie
de Goroubi
Forêt Classée de
Pénoussoulou Tchaourou
Toui-Kilibo
Goungoun
et de Sota
l’Ouémé
Supérieur N’Dali Agoua Monts Kouffé
et de Wari-Maro
Climat Soudano- guinéen Soudano-guinéen Soudanien Soudanien sec Soudano - guinéen Soudano - guinéen Soudano - guinéen
Végétation
-galeries forestières
-forêts denses sèches
-forêts claires
-savanes boisées
-savanes arborées
-savanes arbustives
-forêts denses
sèches
-forêts claires
-savanes boisées
-savanes arborées
- savanes
arbustives
-forêts galeries
-savanes boisées
-savanes
arborées
-savanes
arbustives
-végétation
saxicole
savanes
arbustives
parsemées de
rôniers
-forêts galeries
- savanes boisées
-savanes arborées et
arbustives
-végétation saxicole
-forêts galeries
-savanes boisées
- savanes arborées
- savanes arbustives
- végétation saxicole
- forêts galeries
- savanes boisées
- savanes arborées
- savanes arbustives
- végétation saxicole
Groupes
socio-culturels
3 groupes socio-culturels à
savoir : Anii, Peulh, Kotokoli
Tchabè, Nagot,
Fon, Pila-Pila,
Yom, Berba,
Otamari, Dompago
et Peulh
Boko, Peulh,
Bariba, Dendi,
Mokolé, Gando,
Djerma, Yoruba
Dendi, Mokolé,
Djerma,
Bariba, Ditamari, Berba,
Dendi, Yom, Peuhl et
Nagot
Nagot, Adja, Peulh Nagot, Bariba, Anii
Démographie
des
villages riverains
483 ménages, 4.866
habitants dont 2.430 de sexe
féminin et 427 ménages
agricoles regroupant 4.540
actifs (RGPH3)
26.647 habitants
répartis dans 27
villages et entités
villageoises
Population des
villages riverains :
11.114 habitants
Goroubi: 5.430
habitants
99.126 habitants
regroupés dans 13.234
ménages répartis dans
82 villages et entités
villageoises (RGPH3)
25.618 habitants dont 13.078
de sexe féminin et 12.540 de
sexe masculin regroupés dans
3.567 ménages répartis dans
25 villages et entités
villageoises (RGPH3)
42.371 habitants dont
20.869 de sexe féminin
et 21.502 de sexe
masculin regroupés
dans 5651 ménages
Activités
économiques
- Agriculture
- Exploitation forestière
-
Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Chasse
- Exploitation du
Bois
- Petit commerce
- Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Chasse
- Exploitation du
Bois
- Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Chasse
- Exploitation du Bois
- Petit commerce
- Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Chasse
- Exploitation du Bois
- Agriculture
- Elevage
- Pêche
- Chasse
- Exploitation du Bois
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Méthodes
La méthode Delphi constitue le fondement méthodologique de la présente étude. Elle a pour but de
mettre en évidence des convergences d’opinions et de dégager certains consensus sur des sujets
précis, grâce à l’interrogation d’experts, à l’aide de questionnaires successifs (Linstone & Turrof,
2002). L’objectif le plus fréquent des études Delphi est d’apporter l’éclairage des experts sur des
zones d’incertitude en vue d’une aide à la décision. Dans le cadre de la présente étude, 100 experts
en gestion des ressources naturelles (cadres de l’administration forestière, universitaires, membres
des comités villageois de cogestion des forêts classées) ont été consultés à l’aide de questionnaires
pour retenir la liste des critères et indicateurs de participation des populations riveraines à
l’aménagement forestier. Ces experts ont été choisis en considérant leurs expériences dans
l’aménagement et la gestion des forêts classées. Le questionnaire administré aux experts est une
fiche d’enquête comportant les indicateurs conçus sur la base des travaux de CCMF (1997), de OIBT
(1998) et IITO (2000). Il comporte une liste d’indicateurs qui est soumise au jugement de l’expert
enquêté.
Les éléments essentiels du questionnaire sont la pertinence et la validité d’un indicateur
pour évaluer la durabilité de l’aménagement forestier. Les indicateurs retenus par critère sont ceux
jugés pertinents et validés par au moins la moitié des experts consultés. Ces indicateurs sont ensuite
soumis à l’appréciation des acteurs issus de différentes catégories socio-professionnelles
(agriculteurs, éleveurs, exploitants forestiers, chasseurs) et des comités de cogestion des forêts
classées à l’aide de questionnaires. Il est demandé à ces acteurs d’attribuer des scores (1= indicateur
pertinent ; 0 = indicateur non pertinent) aux indicateurs de participation à l’aménagement forestier et
d’en proposer d’autres au besoin. Au total, 1320 acteurs locaux (agriculteurs, éleveurs, exploitants
forestiers, chasseurs), 63 agents des projets forestiers et des agents de terrain de l’administration
forestière et 22 comités de cogestion des forêts classées ont été enquêtés (Tableau 3).
Tableau 3. Point des différents acteurs et comités villageois enquêtés
Forêts classées
Acteurs locaux
enquêtés
(agriculteurs, éleveurs
et exploitants forestiers)
C
adres de
l’administration
forestière
et chef
poste forestier
Comité villageois
de cogestion
des ressources
forestières
Experts en
gestion des
ressources
naturelles
Pénéssoulou 240 9 4
100
Ouémé Supérieur N’Dali 360 18 6
Tchourou-Toui-Kilibo 180 9 3
Agoua 120 7 2
Monts-Kouffé 120 8 2
Wari-Maro 120 7 2
Sota 60 3 1
Goungoun 60 2 1
Rôneraie de Gouroubi 60 2 1
Total 1.320 65 22 100
Les indicateurs de participation à l’aménagement forestier retenus par les populations riveraines ont
été analysés à travers une classification numérique basée sur la somme des scores attribués à ces
indicateurs. La classification numérique a permis d’établir des groupes d’indicateurs homogènes
suivant le score de priorité donné par les populations riveraines des 9 forêts classées. Pour mieux
commenter les caractéristiques des classes d’indicateurs suivant des variables (forêts classées et
groupes socio-culturels), une analyse en composantes principales (ACP) a été effectuée. Les classes
obtenues suivant les variables ont été ensuite projetées dans un système d’axes issus de l’ACP afin
de mieux les analyser. Le logiciel SASv9 a été utilisé à cet effet.
RESULTATS
Critères et indicateurs obtenus des ‘experts’
Au niveau du premier critère (tableau 4), les indicateurs retenus sont relatifs à la connaissance des
règles de gestion de la forêt et des rôles de chaque acteur. Le rôle et les responsabilités des
populations riveraines dans la protection des forêts aménagées sont aussi retenus. Le second critère
concerne la gouvernance des comités de cogestion des forêts classées et relations avec
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l’administration forestière. Le dernier critère retenu prend en compte l’état de la forêt et les avantages
tirés par les populations.
Tableau 4. Critères et indicateurs de participation à l’aménagement forestier selon tous les acteurs
Critères
Indicateurs
Symbole
Organisation et rôle
des populations dans
la gestion forestière
Connaissance des règles de gestion de la forêt a
Information des rôles des membres de comités b
Tenue régulière des assemblées générales d
Proposition des activités à réaliser dans la forêt h
Défense du statut de la forêt x
Contribution à la sélection des espèces et des semences y
Gouvernance des comités
de cogestion des forêts
classées et relations avec
l’administration forestière
Possibilité de donner son point de vue lors des assemblées l
Participation de tous les membres des comités aux prises de décision m
Prise en compte des avis des femmes dans la prise de décision n
Vulgarisation des décisions à la portée de la communauté o
Mise en exécution des décisions par toute la communauté p
Ouverture d’un compte bancaire pour le comité q
Visite régulière des forestiers i
Vision commune entre forestiers et populations locales j
Confiance aux forestiers k
Bilan financier fait devant tout le monde r
Participation active des femmes aux assemblées villageoises e
Participation active des sages aux assemblées f
Représentation des femmes au sein des comités g
État de la forêt et
avantages tirés par
les populations
Amélioration des revenus des femmes grâce à la forêt s
Profits tirés de la forêt t
Richesse partagée grâce à la forêt u
Participation au programme de formation v
Construction des infrastructures socio-communautaires w
Protection de la forêt z
Propriété de la forêt accordée aux populations locales c
Réduction des délits forestiers ac
Réduction des incendies de forêt aa
Mobilisation de tout le village pour éteindre l’incendie de forêt ab
Autres ad
Analyse de la participation des populations à l’aménagement forestier
L’analyse de la participation des populations riveraines a permis de cerner les spécificités liées à
chaque forêt classée. Le dendrogramme issu de la classification numérique des indicateurs de
participation est présenté à la figure 2 et partitionne les indicateurs en 5 classes à 52,6 % de
discrimination.
La classe 1 est composée de l’indicateur a relatif à la connaissance des règles de gestion de la forêt.
L’individualisation de cet indicateur dénote de son importance et montre que la participation effective
des populations riveraines passe incontestablement par la connaissance des règles de gestion des
forêts.
La classe 2 est constituée des indicateurs b et c liés respectivement à la connaissance des rôles des
membres des comités de gestion des forêts et l’appropriation de la forêt par les populations.
La classe 3 comporte 17 indicateurs qui sont globalement relatifs à l’application de toutes les
propositions faites par les populations riveraines.
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La classe 4, composée des indicateurs e, f, q, r, z et v, prend en compte la présence régulière des
femmes et vieux aux réunions des comités villageois ainsi que la quête d’une transparence dans la
gestion des ressources financières.
La classe 5 est constituée des indicateurs j, aa, n, m, s, t, u, o et p qui sont globalement relatifs à
l’importance du partage équitable des bénéfices financiers de l’aménagement forestier dans la
participation des populations riveraines et de la prise en compte de l’approche genre dans la gestion
des comités villageois.
Figure 2. Dendrogramme de classification des indicateurs de participation à l’aménagement
forestier suivant les forêts classées
Pour mieux décrire les caractéristiques des 5 classes d’indicateurs de participation à l’aménagement
forestier, l’analyse en composantes principales effectuée sur les classes révèle que les deux premiers
axes expliquent 60,4 % des informations sur les scores des indicateurs. La projection des classes
d’indicateurs dans le système d’axes (figure 3) montre que les populations des forêts classées de
OSN, Goroubi, Sota, Goungoun et TTK ont choisi les mêmes indicateurs de participation à
l’aménagement forestier que constitue les groupes d’indicateurs 1 (connaissance des règles de la
forêt) et 5 (importance du partage équitable des bénéfices financiers de l’aménagement forestier et
prise en compte de l’approche genre dans la gestion des comités villageois). La connaissance des
règles de gestion de la forêt est par ailleurs jugée importante par les populations de toutes les forêts
classées. Par ailleurs, on note une opposition de pertinence d’indicateurs de participation à
l’aménagement entre les acteurs de la forêt classée des Monts-Kouffé d’une part et de ceux des forêts
classées de Pénessoulou, Agoua et Wari-Maro d’autre part.
En effet, le groupe 4 d’indicateurs relatifs à la participation régulière des femmes et sages aux
réunions des comités villageois ainsi que la quête d’une transparence dans la gestion des ressources
financières sont des indicateurs pertinents dans l’aménagement forestier pour les acteurs de la forêt
des Monts-Kouffé et non pertinents par les acteurs des forêts ci-dessus citées qui préfèrent des
indicateurs des groupes 1 (connaissance des règles de gestion de la forêt) et 2 (connaissance des
rôles des membres des comités de gestion des forêts et appropriation de la forêt par les populations).
Par ailleurs, les indicateurs de participation de la classe 3 (application de toutes les propositions faites
1 2 3 4 5
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par les populations riveraines) sont jugés les moins pertinents pour la plupart des populations
riveraines des forêts classées considérées.
z2 ‚
4 ˆ
* a
CL1
CL1CL1
CL1
* c ‚
3 ˆ
CL2
CL2CL2
CL2
‚ * b
2 ˆ
CL3
CL3CL3
CL3
‚ * d
CL5
CL5CL5
CL5
1 ˆ * y
‚ * g ‚
‚ * h ‚
CL4
CL4CL4
CL4
* t * o
‚ * i
* p
0 ˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲ*ŲeŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲ
* l ‚
ab * ‚
‚ * x * u
* r
‚ * k * f ‚
* j * m
-1 ˆ * z ‚ * aa
ac * * w ‚ * n * s
* q ‚
-2 ˆ
ŠˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲ
-3 -2 -1 0 1 2 3
z1
Figure 3. Projection des groupes d’indicateurs de participation à l’aménagement dans le système
d’axes définis par les forêts
Légende :
Cl1 : classe d’indicateur relatif à la connaissance des règles de gestion de la forêt ;
Cl2 : classe d’indicateurs liés respectivement à la connaissance des rôles des membres des comités de
gestion des forêts et l’appropriation de la forêt par les populations ;
Cl3 : classe d’indicateurs globalement relatifs à l’application de toutes les propositions faites par les
populations riveraines ;
Cl4 : classe d’indicateurs prenant en compte la présence régulière des femmes et vieux aux réunions des
comités villageois ainsi que la quête d’une transparence dans la gestion des ressources financières ;
Cl5 : classe d’indicateurs globalement relatifs à l’importance du partage équitable des bénéfices financiers
de l’aménagement forestier et de la prise en compte du genre.
Aspects socio-culturels de la participation à l’aménagement forestier
La catégorisation des indicateurs selon les groupes socio-culturels, toutes forêts confondues, a été
effectuée à partir d’une classification numérique qui a révélé que le dendrogramme partitionne les
indicateurs en 5 classes à 52 % de discrimination (Figure 4). La classe 1 est composée de l’indicateur
a relatif à la compréhension des règles de gestion forestière.
Penessoulou,
Agoua, Wari-Maro
Monts
-
Kouffé
OSN, Goroubi, Sota,
Goungoun, TTK
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*
m
* n
* ac
Les indicateurs de la classe 2 (m, t, n, s, o et p) sont pour la plupart relatifs à la participation des
populations aux prises de décision et à l’amélioration des revenus alors que la classe 3 prend en
compte les indicateurs b, d, l, e, r, x, y, z, f, q, v et ab relatifs aux assemblées villageoises et la
protection des forêts classées contre les actions destructrices comme les feux de forêt.
Les indicateurs de la classe 4 (j, aa, ac, u, k et w) révèlent l’intégration des agents forestiers au sein
des populations locales et l’octroi des avantages socio-économiques aux populations riveraines.
La dernière classe prend en compte les indicateurs g, c, i et h qui sont relatifs à la recherche de
l’autonomie des populations riveraines dans la gestion des forêts classées et à la représentativité des
femmes dans les organisations communautaires de cogestion des ressources naturelles.
z2 ‚
4 ˆ
CL5
CL5CL5
CL5
* a
CL1
CL1CL1
CL1
3 ˆ h * ‚
* g ‚
‚ * c
2 ˆ * i ‚
‚ * b ‚
‚ * l ‚
1 ˆ
* d ‚
CL2
CL2CL2
CL2
CL3
CL3CL3
CL3
‚ * x
* o
0 ˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲ*ŲtŲŲ*ŲsŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲ
‚ * w u
‚ * y * e r * k * * p
-1 ˆ ‚ * j
* v ‚
* aa
‚ * z
‚ f * * ab ‚
-2 ˆ
CL4
CL4CL4
CL4
* q ‚
-3 ˆ
ŠŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲŲˆŲŲŲŲŲŲŲŲŲ
-3 -2 -1 0 1 2 3 4
z1
Figure 5. Projection des groupes d’indicateurs de participation à l’aménagement dans le système
d’axes définis par les groupes socio-culturels.
Légende :
Cl1 : classe d’indicateur relatif à la compréhension des règles de gestion forestière ;
Cl2 : classe d’indicateurs pour la plupart relatifs à la participation des populations aux prises de décision et à
l’amélioration des revenus ;
Cl3 : classe d’indicateurs relatifs aux assemblées villageoises et la protection des forêts classées contre les
actions destructrices comme les feux de forêt ;
Cl4 : classe d’indicateurs révélant l’intégration des agents forestiers au sein des populations locales et
l’octroi des avantages socio-économiques aux populations riveraines ;
Cl5 : classe d’indicateurs relatifs à la recherche de l’autonomie des populations riveraines dans la gestion
des forêts classées et à la représentativité des femmes dans les organisations communautaires de
cogestion des ressources naturelles.
Nago, Anii,
Cotocoli, Boko
Peulh, Dendi,
Boko, Mokole,
Bariba, Lokpa,
Autres
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Pour décrire ces 5 classes d’indicateurs de participation à l’aménagement du point de vue de leurs
scores de priorité selon la perception des groupes socio-culturels, l’analyse en composantes
principales effectuée montre qu’avec les deux premiers axes, 59,7 % des informations sur les
indicateurs sont conservées. La projection des classes d’indicateurs dans le système d’axes définis
par les groupes socio-culturels montre que le groupe d’indicateurs 2 relatif à la participation des
populations aux prises de décision et à l’amélioration des revenus est jugé importants dans
l’aménagement par les Peulh, Dendi, Boko, Mokole, Bariba, Lokpa et les autres minoritaires. Par
ailleurs, l’indicateur relatif à la compréhension des règles de gestion forestière est pris en compte par
tous les groupes socio-culturels. Les groupes socio-culturels Nago, Anii, Cotocoli et Boko recherchent
à travers la participation, l’autonomie de gestion des forêts classées par les populations riveraines et
la représentativité des femmes dans les organisations communautaires (indicateurs de la classe 5).
Les indicateurs des classes 3 et 4 sont globalement moins importants pour la plupart des groupes
socio-culturels.
DISCUSSION
L’analyse des différents indicateurs de participation à l’aménagement forestier montre que la plupart
des indicateurs retenus par les populations riveraines pour mesurer la participation sont relatifs à la
phase de mise en œuvre du plan d’aménagement ou tout au plus à la phase d’élaboration. Il s’agit de
la participation aux séminaires, aux assemblées générales, la lection des espèces à planter, le
suivi et l’entretien des plantations, le suivi des feux précoces. En réalité ces indicateurs de
participation sont des mécanismes d’information et de sensibilisation des populations. Bouthillier
(2003) en analysant la participation du public à l’aménagement forestier au Québec, est parvenu à la
conclusion que c’est l’idée d’échange d’informations qui est liée à ce concept et les gestionnaires
forestiers se comportent comme si la participation se limitait à un mécanisme destiné à encadrer les
populations pour mieux les rendre civiques. Dans le cas des plans d’aménagement forestier étudiés
au Bénin, il serait aussi exagéré de parler de participation ; cela relève plutôt d’une information ou
d’une sensibilisation des populations riveraines (Ibo et Léonard, 2000). Tout au plus, nous pourrions
parler d’une gestion de proximité qui permet aux agents chargés de l’élaboration du PAP d’être en
contact avec les populations riveraines.
En vérité, la pratique de l’approche participative permet aux populations de mieux évaluer leurs
problèmes et d’élaborer leurs propres solutions (Bidou, 2002). Cela implique alors que dans
l’aménagement forestier, la participation des populations riveraines devrait commencer depuis la
conception, l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation du plan d’aménagement. Il faut se
demander finalement si les Plans d’Aménagement Participatif des forêts classées étudiées sont
réellement participatifs. En effet, l’approche participative adoptée par ces différents projets est
apparemment en profond déphasage avec l’action sur le terrain, confinant les populations riveraines
dans un le d’adhésion aux décisions. S’il est retenu qu’il y a eu participation dans ce cas, cette
participation des populations riveraines est alors passive. La participation passive des populations aux
projets de développement (la plus fréquente) désigne l’ensemble de dispositifs de consultation
(Buttoud, 1995). Il s’agit d’informer les individus et de demander leurs opinions sur les projets à mettre
en place au cours des séminaires. Une telle consultation ne garantit pas que les avis des acteurs
locaux soient pris en compte dans la décision finale. Il s’agit alors d’une participation factice
(Poissonnet et Lescuyer, 2005).
Les différents plans d’aménagement forestier jusqu’ici élaborés au Bénin sont initiés par des projets
étatiques dans le contexte des aides internationales qui émanent rarement d’une demande locale et
suscitent difficilement l’adhésion des populations locales (Bidou, 2002). Les objectifs, les approches et
les activités sont arrêtés et validées par les experts et bailleurs sans l’adhésion des acteurs non
fonctionnaires de l’Etat central. Dans l’exécution des différents projets forestiers étudiés (PRRF,
PGRN, Projet BEN-93-G13 et PAMF), l’adhésion des populations est recherchée et se traduit par des
séances de sensibilisation, de concertation, de consultation et même des enquêtes socio-
économiques qui sont considérées à tort et à travers comme des mécanismes de participation à
l’élaboration et à la mise en œuvre des plans d’aménagement. Poissonnet et Lescuyer (2005) en
étudiant la participation des populations à l’aménagement des forêts communales au Cameroun sont
parvenus aussi à cette conception de l’approche participative. Ils ont conclu que l’implication des
populations dans l’aménagement des forêts communales demeure largement superficielle.
Au niveau des plans d’aménagement forestier étudiés, il existe une réelle volonté des cadres de faire
participer les populations à l’élaboration et à la mise en œuvre de ces plans d’aménagement bien que
les mécanismes de participation soient limités aux séances d’information et de consultation. La mise
en place des comités de cogestion des ressources naturelles des forêts classées au niveau des
villages riverains constitue une volonté affirmée des cadres de faire participer ces populations à
l’aménagement forestier. La participation étant un processus en évolution, nous pourrions alors retenir
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que l’approche participative adoptée au niveau des plans d’aménagement forestier étudiés est d’abord
passive et pourra devenir active (Monnet, 2005). Il est important de souligner que cette avancée
exigera des défis éducatifs majeurs à savoir informer et renforcer les capacités de prise de décision
des populations locales. Le rôle central de l’information et du renforcement des capacités dans
l’ensemble du processus, tout autant que dans la décision finale, semble être un point d’ancrage
intéressant car les populations ne peuvent pas participer si elles ne sont pas informées. Il faut veiller
ici à ce que les informations aient véritablement de rapport avec les décisions à prendre pour qu’elles
ne servent davantage à justifier les décisions déjà prises (March, 1991).
Il importe alors de revisiter le concept de participation en foresterie pour comprendre qu’il suggère
d’autres avenues que le mécanisme d’échanges d’informations (Bouthillier, 2003). Une véritable
participation passe par une négociation des conditions de l’aménagement forestier visant à une
contractualisation incluant les objectifs multiples de l'aménagement et prenant en compte, sur la base
d'un compromis, les intérêts pluriels des acteurs: cette démarche, idéale en théorie, ne peut
s'appliquer que progressivement avec l'évolution des états d'esprits et des attitudes des acteurs, y
compris celles des services de développement, les cadres des ministères, et des bailleurs de fonds
qui doivent laisser «du temps au temps» pour parvenir à connaître réellement les aspirations des
populations locales vis-à-vis de la gestion de leurs propres ressources forestières (Cuny, 2003).
CONCLUSION
Les critères les plus pertinents qui permettent de caractériser la participation des populations
riveraines à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans d’aménagement forestier au Bénin sont:
organisation et rôle des populations dans la gestion forestière, gouvernance des comités de cogestion
des forêts classées et relations avec l’administration forestière, état de la forêt et avantages tirés par
les populations. Différents indicateurs ont permis de mesurer ces critères. La plupart des indicateurs
sont relatifs à la phase de mise en œuvre des plans d’aménagement forestier. Nous pourrions alors
en déduire que les populations riveraines ont participé surtout à la phase de mise en œuvre des
différents plans d’aménagement. L’approche participative adoptée par les différents projets basée
surtout sur les mécanismes d’information et de sensibilisation cherche l’adhésion des populations au
processus de mise en œuvre des plans d’aménagement. Il s’agit alors d’une participation passive qui
s’appuie sur des stratégies de consultation des populations qui ne garantit pas pour autant la prise en
compte de leur avis. Une telle participation est à la limite factice. Toutefois, la mise en place des
comités de cogestion des forêts classées dotées de plans d’aménagement est un indicateur qui
montre la volonté des gestionnaires forestiers de faire participer les populations riveraines à
l’aménagement forestier. Il serait alors intéressant de saisir cette volonté des gestionnaires forestiers
pour impliquer les populations dans le processus d’aménagement forestier depuis la conception, la
planification, la réalisation, le suivi et l’évaluation. Cela suggère alors de revisiter le concept de
participation en aménagement forestier afin de bien définir ses différentes étapes. Pour y parvenir, il
faut mettre en place d’un dispositif visant à développer le capital humain sur le long terme.
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Article
Full-text available
Data are reviewed on the extent of global forests, management, protection, certification and ownership, as well as implications for sustainable forest management as defined by the Montreal Process criteria. According to FAO, as of 2000, the world had 3.9 billion hectares (ha) of forests with 187 million ha (5%) in forest plantations. Drawing on additional surveys and our research, we estimate that there were approximately 204 million ha of planted forests as of 2002. Public ownership comprised 87% of the world's total forest area, with the US having the largest share of privately owned forests and almost all forests in Africa being publicly owned. Approximately 1.7 billion ha of forests (43%) were reported to be covered by forest management plans, and 477 million ha (12%) were under formal forest protection decrees or laws. However, the degree of management intensity and forest protection actually realized by these reported data is moot. Forest certification includes 121 million ha (3%) of forests, with 93% of the certification occurring in the Northern Hemisphere, but most of the deforestation occurring in the Southern Hemisphere. The data provide evidence that many countries in the world are trying to achieve sustainable forest management, and certainly are trying to report data that suggest that they are moving toward sustainable forest management goals. The empirical evidence that forests are actually well managed and protected, however, is often lacking. Enhanced sustainable forest management will require better reporting and verification, more areas covered and enhanced implementation of sustainable forest management criteria and indicators in the future.
Article
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In addition to the forest management of large concessions and community forests of reduced sizes, communes of Cameroon launch out recently in the sustainable management of forests which are reassigned to them by the State. These Communal Forests represent an intermediate forest management between these two types of concessions. A plan of management is elaborate and a participative management must obligatorily be carried out in order to take account of the uses and interests of the local populations, which can vote against the mayor. The article seeks to determine whether this new model of management, contributing to increase the investment capacities of the commune and to the transfer of power of a central level towards a local level, may constitute a framework of a sustainable and participative management of the Central Africa tropical forest.
Article
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To apply the principle of "sustainable development", the forest sector counts today various initiatives engaged at the international level. However, these efforts are still insufficient to slow down the degradation of the forest resources which is accentuated particularly in the poor countries. Thus, the current challenge of the forest sector consists in redoubling the efforts aiming at improving the concrete implementation of international forest arrangements. One of the ways currently considered by the international organizations is to encourage a better articulation of the principle of sustainability to the national policies and programs. Participant in this same objective, this thesis approaches the analysis of public forest decision-making process in order to examine the effective use of the concept of sustainable forest management, and more particularly through one of the principal tools: the criteria and indicators (C&I). In the field of sustainable forests management and forest policies, the central pillar of research is in conformity by the following subjects: conceptual aspects associated to sustainable forest management; the interaction of the C&I with a forest policy formulation model; the case study on the C&I for the forest policies in the context of the forests of mountain. The main result corresponds to the identification of a whole of C&I being used to characterize, in a total way, a forest policy for sustainable management of mountain forests in Europe.
Article
The forest plays an important role in New Brunswick's economy. The Fundy Model Forest, located in southeastern New Brunswick developed a multi-stakeholder approach to public participation in sustainable forest management. This paper presents the main results of a research conducted in the year 2000 with representatives of the 31 FMF partner organizations. The objectives of the survey were mainly to verify the responsibility taken by partner organizations in term of community capacity and leadership in communities in order to develop and optimize collaborative management of forest resources. The survey was based on semi-directed interviews.
Article
The complex and dynamic nature of environmental problems requires flexible and transparent decision-making that embraces a diversity of knowledges and values. For this reason, stakeholder participation in environmental decision-making has been increasingly sought and embedded into national and international policy. Although many benefits have been claimed for participation, disillusionment has grown amongst practitioners and stakeholders who have felt let down when these claims are not realised. This review first traces the development of participatory approaches in different disciplinary and geographical contexts, and reviews typologies that can be used to categorise and select participatory methods. It then reviews evidence for normative and pragmatic benefits of participation, and evaluates limitations and drawbacks. Although few of the claims that are made have been tested, there is evidence that stakeholder participation can enhance the quality of environmental decisions by considering more comprehensive information inputs. However, the quality of decisions made through stakeholder participation is strongly dependant on the nature of the process leading to them. Eight features of best practice participation are then identified from a Grounded Theory Analysis of the literature. These features emphasise the need to replace a “tool-kit” approach, which emphasises selecting the relevant tools for the job, with an approach that emphasises participation as a process. It is argued that stakeholder participation needs to be underpinned by a philosophy that emphasises empowerment, equity, trust and learning. Where relevant, participation should be considered as early as possible and throughout the process, representing relevant stakeholders systematically. The process needs to have clear objectives from the outset, and should not overlook the need for highly skilled facilitation. Local and scientific knowledges can be integrated to provide a more comprehensive understanding of complex and dynamic socio-ecological systems and processes. Such knowledge can also be used to evaluate the appropriateness of potential technical and local solutions to environmental problems. Finally, it is argued that to overcome many of its limitations, stakeholder participation must be institutionalised, creating organisational cultures that can facilitate processes where goals are negotiated and outcomes are necessarily uncertain. In this light, participatory processes may seem very risky, but there is growing evidence that if well designed, these perceived risks may be well worth taking. The review concludes by identifying future research needs.
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The deforestation, the degradation of forestry ecosystems and the privileged ways to settle the situation, classified under the generic term sustainable management of forests have become important topics on the international political agenda since the last twenty years. Despite stagnations at the political level, various sustainable and democratic management approaches of forests were experimented through out the world. This article takes an inventory of political events leading to actual internationals talks over the long-term management of forest and analyses, under an interdisciplinary perspective, the main alternative approaches experimented across the world. Theses approaches were brought together in three categories: ecosystemic, integrated and community.
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The role of heterogeneity in affecting the likelihood of collective action is strongly debated in the theoretical literature. We present evidence from a study of 18 forest user groups in Nepal. Heterogeneity is not a strong predictor of the level of collective activity. Rather, heterogeneity is a challenge that can be overcome by good institutional design when the interests of those controlling collective-choice mechanisms are benefited by investing time and effort to craft better rules.
Connaître les perspectives des gens pour une foresterie adaptative
  • P Cuny
Cuny, P., 2003: Connaître les perspectives des gens pour une foresterie adaptative, Québec, Canada, 6 p.