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RESUME La présente étude a pour objectifs de faire des évaluations ethnobotanique et écologique de Jatropha curcas en vue de sa meilleure valorisation au Bénin. Les enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées sur 37 groupes ethniques et ont concerné 70% des Communes du Bénin. La caractérisation écologique a porté sur la description des habitats de l'espèce, sa distribution, ses caractéristiques morphométriques et ses relations avec l'environnement. Les populations utilisent beaucoup plus les feuilles de J. curcas pour traiter les maux de ventre, les maladies du foie, l'ictère, la gonococcie et, le paludisme. La sève est utilisée dans le traitement des morsures de serpents, de la mauvaise haleine et de l'hémorragie. Les graines sont par ailleurs utilisées comme purgatif. Les variables dendrométriques et les niveaux de rendement de l'espèce diffèrent significativement entre individus de différents Départements. L'espèce pousse sur une gamme variée de sol. Les variables abiotiques pH eau , pH kcl , carbone organique ou matière organique n'influencent pas les caractéristiques morphologiques et la productivité de J. curcas dans les conditions de production traditionnelle. Toutefois, il a été remarqué que les zones présentant un climat humide et chaud ou celles caractérisées par des sols sableux sont celles dans lesquelles les individus de J. curcas sont peu productifs. INTRODUCTION Malgré la richesse de la biodiversité du continent africain, l'agriculture rencontre de nombreuses difficultés qui entravent son développement économique et le bien-être des populations. La résolution de ces problèmes passe entre autres par la diversification de l'agriculture à travers la valorisation de toutes les ressources et le développement de nouveaux systèmes de production durable. Ceci nécessite une meilleure connaissance du potentiel des ressources naturelles disponibles et déjà intégrées dans les habitudes culturelles des populations rurales. Ainsi, nombreux sont les auteurs qui s'intéressent de plus en plus à l'évaluation et à la valorisation des ressources phytogénétiques. Au nombre de celles-ci, le pourghère ou pignon d'Inde (Jatropha curcas L.) est une espèce d'Euphorbiaceae à usage multiple utilisée par les populations rurales dans la médecine traditionnelle et comme haie vive dans le bornage des habitations. L'espèce a connu ces dernières années un regain d'intérêt surtout à cause de son utilisation comme biocarburant. En effet, le réchauffement planétaire occasionné par les gaz à effet de serre se manifeste de plus en plus par ses effets néfastes sur le milieu de vie humain ce qui nécessite la recherche de sources d'énergie alternative et renouvelable. L'Europe s'est fixée comme objectif de substituer 5% de ses utilisations de pétrole par des énergies renouvelables d'ici 2010 (Shanker et al., 2006). En conséquence, nombreuses sont des études qui ont porté ces dernières années sur divers aspects liés à
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Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(5): 1065-1077, October 2009
ISSN 1991-8631
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Original Paper
http://indexmedicus.afro.who.int
Evaluation écologique et ethnobotanique de Jatropha curcas L. au Bénin
Achille Ephrem ASSOGBADJO
1*
, Guillaume AMADJI
1
, Romain
GLÈLÈ KAKAÏ
1
,
Adi MAMA
1
, Brice SINSIN
1
, Patrick VAN DAMME
2
1
Faculté des Sciences Agronomiques, Université d’Abomey-Calavi, 05 BP 1752, Cotonou, Bénin.
2
Laboratoire d’Agriculture Tropicale et Subtropicale et d’Ethnobotanique, Université de Gand, Belgique.
*
Auteur correspondant, E-mail : assogbadjo@yahoo.fr
RESUME
La présente étude a pour objectifs de faire des évaluations ethnobotanique et écologique de Jatropha
curcas en vue de sa meilleure valorisation au Bénin. Les enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées sur 37
groupes ethniques et ont concerné 70% des Communes du Bénin. La caractérisation écologique a porté sur la
description des habitats de l’espèce, sa distribution, ses caractéristiques morphométriques et ses relations avec
l’environnement. Les populations utilisent beaucoup plus les feuilles de J. curcas pour traiter les maux de
ventre, les maladies du foie, l’ictère, la gonococcie et, le paludisme. La sève est utilisée dans le traitement des
morsures de serpents, de la mauvaise haleine et de l’hémorragie. Les graines sont par ailleurs utilisées comme
purgatif. Les variables dendrométriques et les niveaux de rendement de l’espèce diffèrent significativement
entre individus de différents Départements. L’espèce pousse sur une gamme variée de sol. Les variables
abiotiques pH
eau
, pH
kcl
, carbone organique ou matière organique n’influencent pas les caractéristiques
morphologiques et la productivité de J. curcas dans les conditions de production traditionnelle. Toutefois, il a
été remarqué que les zones présentant un climat humide et chaud ou celles caractérisées par des sols sableux
sont celles dans lesquelles les individus de J. curcas sont peu productifs.
© 2009 International Formulae Group. All rights reserved.
Mots clés: Jatropha curcas, connaissances endogènes, diversité écologique, Bénin.
INTRODUCTION
Malgré la richesse de la biodiversité
du continent africain, l’agriculture rencontre
de nombreuses difficultés qui entravent son
développement économique et le bien-être des
populations. La résolution de ces problèmes
passe entre autres par la diversification de
l’agriculture à travers la valorisation de toutes
les ressources et le développement de
nouveaux systèmes de production durable.
Ceci nécessite une meilleure connaissance du
potentiel des ressources naturelles disponibles
et déjà intégrées dans les habitudes culturelles
des populations rurales. Ainsi, nombreux sont
les auteurs qui s’intéressent de plus en plus à
l’évaluation et à la valorisation des ressources
phytogénétiques. Au nombre de celles-ci, le
pourghère ou pignon d’Inde (Jatropha curcas
L.) est une espèce d’Euphorbiaceae à usage
multiple utilisée par les populations rurales
dans la médecine traditionnelle et comme haie
vive dans le bornage des habitations. L’espèce
a connu ces dernières années un regain
d’intérêt surtout à cause de son utilisation
comme biocarburant. En effet, le
réchauffement planétaire occasionné par les
gaz à effet de serre se manifeste de plus en
plus par ses effets néfastes sur le milieu de vie
humain ce qui nécessite la recherche de
sources d’énergie alternative et renouvelable.
L’Europe s’est fixée comme objectif de
substituer 5% de ses utilisations de pétrole par
des énergies renouvelables d’ici 2010
(Shanker et al., 2006). En conséquence,
nombreuses sont des études qui ont porté ces
dernières années sur divers aspects liés à
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l’espèce notamment sur l’impact de sa
production sur la dégradation des sols
(Podwojewski et al., 2008; Valentin et al.,
2008), son écologie (Prasad et al., 2000 ; Qin
et al., 2005 ; Gasol et al., 2007 ; Kaushik et
al., 2007) et son importance socio-
économique (Gubitz et al., 1999; Zahawi ;
2005 ; Madlener et al., 2006). Il existe très
peu d’études qui ont porté sur la
caractérisation morpho-génétique de l’espèce
(Francis et al., 2005). Les études portant sur la
variabilité génétique intra-spécifique ont
montré une faible diversité intra population au
sein de l’espèce (Basha and Sujatha, 2007;
Khaushik et al., 2007; Ranade et al., 2008).
Les utilisations de l’espèce comme espèce à
multiples usages sont documentées par Heller
(1996) et Üllenberg, (2007). Les graines de
l’espèce contiennent 27 à 40% d’huile non
comestible, voire toxique, à cause de sa teneur
en ester phorbélique (Heller, 1996 ;
Üllenberg, 2007). Les graines de J. curcas
étaient déjà exportées depuis 1940 du Bénin
vers la France où l’huile est extraite et utilisée
dans la fabrication du savon de Marseille.
En Inde, l’espèce a une importance
capitale et est utilisée dans les plantations
dites énergétiques (Shanker et al., 2006). En
effet, l’huile issue des graines de J. curcas est
un excellent carburant, huile lampant et
matière première pour la production de savon.
Elle est déjà utilisable sans raffinage comme
carburant de moteurs diesel à chambre de
précombustion, et par transestérification, elle
peut être utilisée comme carburant biodiesel
par tous les moteurs diesel. J. curcas est une
plante sauvage buissonnante de la famille des
Euphorbiaceae. Elle est une espèce originaire
d’Amérique Centrale introduite sous les
tropiques (Arbonnier, 2002). En Afrique, elle
est rencontrée dans les terroirs des savanes
soudaniennes et des zones guinéennes et
s’étend du Sénégal au Cameroun (Arbonnier,
2002). L’état actuel des connaissances sur
Jatropha curcas est encore préliminaire au
Bénin. En dehors de sa description dans
certaines Flores, très peu, voire pas
d’informations sont disponibles sur l’espèce
au Bénin. La présente étude vise à combler ce
vide et a pour objectifs: (i) d’évaluer les
formes de valorisation et les techniques de
culture et modes de gestion des plantations de
J. curcas au Bénin, (ii) d’évaluer l’écologie et
la variabilité morphologique intraspécifique
et, (iii) d’estimer ses rendements en graines.
MATERIEL ET METHODES
Etudes ethnobotaniques
Choix des localités d’enquête
L’étude s’est déroulée dans
différentes localités situées dans l’ensemble
des zones climatiques du Bénin. Il s’agit des
localités de la zone guinéo-congolaise
(6°25’N-7°30’N), de la zone soudano-
guinéenne (7°30’N-9°45’N) et de la zone
soudanienne (9°45’N-12°N). 11 Départements
sur les 12 que compte le Bénin ont été
considérés pour la réalisation de l’étude. Le
seul Département qui n’a pas été pris en
compte est celui du Littoral constitué par la
seule ville de Cotonou peu propice à toute
activité de plantation à grande échelle. Dans
chaque Département échantillonné, 4 ou 5
Communes ont été choisies au hasard pour les
investigations. Au total 70% du total des
Communes du Bénin (61 Communes sur 87)
ont été échantillonnées pour la conduite de
l’étude. Dans chaque Commune, 3 ou 4
villages ont été sélectionnés au hasard.
Enquêtes ethnobotaniques
Dans chaque village échantillonné,
les enquêtes ont été effectuées avec les
groupes ethniques (37 au total) des deux sexes
et de différentes catégories d’âge. Sous le
couvert des chefs de village des différentes
localités, les entretiens individuels et/ou de
groupe ont été réalisés sur base de questions
ouvertes, indirectes et directes et en langue
vernaculaire avec ou sans l’aide d’un
interprète localement recruté pour la
circonstance. Pour plus de précision dans le
domaine ethnopharmacologique, les
personnes âgées et les guérisseurs ont été
individuellement ciblés pour des entretiens.
Les informations recueillies étaient relatives
(i) à la provenance des plantes, (ii) à l’âge des
plantations (iii) aux pratiques culturales
(semis, bouturage, gestion des plantations,
etc.), (iv) à la valorisation de l’espèce par les
populations locales (organes récoltés,
transformation des produits, différentes
utilisations), et, (v) aux possibilités de mise en
place ou non des plantations à une plus grande
échelle.
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Analyses des données ethnobotaniques
Pour le traitement des données, les
informations ont été regroupées par
Département afin de pouvoir les comparer et
proposer à l’échelle nationale des zones
d’intérêt pour la valorisation de l’espèce.
Après le dépouillement des fiches d’enquête,
le taux de réponse par type d’utilisation est
exprimé par la formule suivante:
f=
N
S
100
avec,………………………. (1)
f : taux de réponse ; S: nombre de personnes
ayant fourni une réponse positive par rapport à
une utilisation donnée; N: nombre total de
personnes interviewées.
Pour tester les relations entre la provenance, la
plantation, l’adoption et les Départements, une
analyse log-linéaire a été réalisée Caswell
(2001). Le modèle saturé dans chaque cas est
présenté ci-dessous.
Test des relations entre provenance et
Départements:
LnF = Fa + Fpr + Fdp + Fpr*Fdp + εa
……………………..(2)
Test des relations entre mode de plantation et
Départements:
LnF = Fb + Fpl + Fdp + Fpl*Fdp + εb
……………………………(3)
Test des relations entre les souhaits
d’adoption et Départements:
LnF = Fc + Fad + Fdp + Fad*Fdp + εc
………………………………(4)
F= Fréquence globale moyenne ;
Fdp= Fréquence liée au département ;
Fpr= Fréquence liée à la provenance ;
Fad= Fréquence liée à l’adoption.
Les symboles εa, εb et εc représentent les
erreurs globales des différents modèles.
Par ailleurs, une Analyse Factorielle des
Correspondances a été réalisée pour décrire
les relations existantes entre maladies traitées
et Départements.
Evaluation écologique de J. curcas au Bénin
Distribution de J. curcas et données
climatiques des localités d’étude
La distribution de l’espèce a été
évaluée à partir des données recueillies dans
232 villages répartis dans 61 Communes et 11
Départements du Bénin. Dans chaque village,
il a été évalué la présence/absence de l’espèce.
L’espèce est considérée comme présente si
elle est retrouvée dans 10 endroits différents
du village au minimum. Les individus
retrouvés ont été géoréférencés au Global
Positioning System (GPS) permettant ainsi de
réaliser, au moyen du logiciel ArcView 3.1,
une carte préliminaire de distribution du J.
curcas au Bénin (Figure 1).
Les données climatiques
(pluviométrie moyenne, température normale
et l’évapotranspiration potentielle (ETP)) ont
été recueillies pour chaque localité d’étude à
partir de la station météorologique la plus
proche. Ces données ont permis de construire
pour chacune d’elle des diagrammes
climatiques pour chaque zone climatique
(Figure 1).
Évaluations pédologiques des sols sous J.
curcas au Bénin
Au niveau de chaque station
l’espèce est rencontrée, environ 300 g
d’échantillons par catégorie de sol
identifié comme telle, ont été prélevés à une
profondeur moyenne de 0 - 30 cm au moyen
d’une tarière pédologique, à proximité de tous
les pieds des individus, pour des analyses au
laboratoire de science du sol de la Faculté des
Sciences Agronomiques du Bénin. Les
caractéristiques analysées ont été la
granulométrie (% argile, % limon grossier, %
limon fin, % sable fin, % sable grossier) par
la pipette de Robinson, le pHeau, le pHKcl dans
un rapport sol/solution = 1/2.5, la teneur en
matière organique ou en carbone organique
par oxydation au K2Cr2O7 en milieu acide
H2SO4 (Tableau 1).
Relevés dendrométriques et évaluation des
rendements en fruits
Dans chaque localité d’étude, au
moins 10 arbres de J. curcas ont été choisis au
hasard pour des mesures de diamètre, de
hauteur et de rendement en fruits. En outre,
pour chaque provenance (Département), des
caractéristiques morphométriques (poids
moyen, longueur moyenne et diamètre médian
moyen), ont été évaluées à partir des mesures
prises sur 100 graines choisies au hasard dans
un lot issu des Communes du Département
considéré. Des analyses de variance et des
tests de Newman et Keuls ont permis de
comparer au seuil de 5% les moyennes
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Figure 1: Distribution de Jatropha curcas au Bénin et climatogramme de différentes zones
climatiques du Bénin.
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Tableau 1: Caractéristiques moyennes des sols à J. curcas par Département.
pH Granulométrie (%)
Départements
eau KCl LG LF A SF SG %Corg
%MO
Collines 6,88 6,61 5,5 7 5,75 45,05 36,7 1,44 2,48
Donga 7 6,71 2,25 3,25 12,5 40,86 41,14 1,56 2,69
Atacora 5,49 5,2 6 10,5 8 39,09 36,41 1,13 1,95
Alibori 7,1 6,76 7,5 19,5 22,25 29,94 20,81 1,8 3,1
Atlantique 5,5 5,09 0,75 7 26,5 19,35 46,41 1,02 1,76
Ouémé 7,65 7,4 8,25 20 13,25 34,68 23,82 2,53 4,36
Plateau 6,65 6,45 1,5 10 11,25 11,66 65,6 1,89 3,26
Zou 6,89 6,68 0,75 2,25 11,5 21,12 64,38 1,63 2,81
Couffo 7,18 6,95 3,75 3,5 9,5 32,94 50,31 0,83 1,43
Mono 7,42 7,08 4,25 11,75 7,75 30,39 45,87 1,43 2,47
Borgou 7,33 7,04 8,25 11,5 3,5 33,47 43,28 1,97 3,4
Légende : LG Limon Grossier ; LF = Limon fin ; A = argile ; SG = Sable grossier ; SF = Sable fin ; Corg = Carbone
organique ; MO = Matière organique.
des différentes variables dendrométriques
(hauteur et diamètre) mais aussi les
rendements en fruits suivant les différents
Départements explorés. Avant de procéder à
ces différentes analyses, le test de normalité
de Shapiro-Wilk a été effectué pour vérifier la
normalité des résidus et le test de Breush-
Pagan (appelé aussi test de Cook-Weisberg)
pour vérifier leur homogénéité.
Corrélations entre variables morphologiques
et variables environnementales
En vue de déterminer les corrélations
qui existent entre variables morphologiques et
environnementales, une Analyse en
Composantes Principales (ACP) a été
effectuée dans un premier temps sur les
variables abiotiques (variables climatiques et
édaphiques) avec le logiciel SAS (SAS Inst.,
1999). Ensuite, les composantes principales
(Zi) obtenues à partir de la combinaison
linéaire des variables abiotiques (climatiques
et pédologiques) ont été corrélées avec les
variables biotiques (dendrométriques et
morphométriques) en utilisant le Cœfficient
de corrélation de Pearson.
RESULTATS
Plantation de J. curcas : provenance,
gestion culturale et âges
Généralement, les plants de J. curcas
utilisés proviennent du même village excepté
le Département de l’Atacora ils sont
majoritairement (69,44%) issus des villages
voisins (Tableau 2). En dehors des
Départements de l’Atlantique (15,79%) et
dans une moindre mesure celui du Couffo
(5%), de l’Alibori (3,45%) et de l’Atacora
(2,78%), l’importation des plants et ou des
graines des villages plus éloignés est quasi
inexistante. L’analyse log-linéaire effectuée
indique une différence significative entre les
sources d’approvisionnement des plants de J.
curcas, les populations locales
s’approvisionnant plus au niveau local (χ² =
16,47 ; p = 0,003). On note par ailleurs une
différence significative entre les modes de
plantation et les souhaits d’adoption quel que
soit le Département (G² = 8,50 ; p = 0,003
pour le mode de plantation ; = 5,24 ; p =
0,02 pour l’adoption). Toutefois, il existe une
similitude dans les pratiques culturales d’un
département à un autre (G² = 16,61 ; p =
0,06 pour le mode de plantation ; G² = 7,09 ;
p = 0,13 pour l’adoption). Le Département du
Borgou est le seul la technique de
multiplication végétative n’a pas été observée,
contrairement aux Départements du Mono
(70%) et de l’Ouémé (60%) où les jeunes
branches issues des opérations d’élagage sont
directement plantées. Selon les populations, la
technique de culture par semis est la meilleure
et, très facile pour la reproduction de l’espèce.
Toutefois, dans les Départements du Mono et
de l’Ouémé le mode de multiplication
végétative est plus adopté, les paysans
s’accordent sur le fait que cette technique
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Tableau 2: Gestion des plants de J. curcas par Département.
Provenance (%) Mode de plantation (%)
Département
(n) Localeme
nt Autres
Villages Import
és Semi
s Boutura
ge Semis en
ligne Plein
Champ
% souhait
d’adoption
Atacora (36) 27,8 69,4 2,8 72,2 50,0 52,8 50,0 97,1
Donga (16) 75,0 25,0 0 87,5 31,3 43,8 56,3 0
Borgou (12) 100,0 0,0 0 100 0 100 0 100
Alibori (29) 65,5 31,0 3,5 96,6 6,9 89,7 10,3 100
Collines (22) 68,2 31,8 0 90,9 36,4 63,6 36,4 0
Zou (22) 73,7 31,6 0 68,4 31,6 100 0,0 94,7
Ouémé (20) 100 0 0 50 60 60 40,0 95
Plateau (16) 100 0 0 79,0 52,6 79,0 21,1 78,9
Couffo (20) 95,0 0 5 70,0 40,0 100 0 100
Mono (20) 95,0 5 0 50,0 70,0 100 0 100
Atlantique
(19) 94,7 0 15,8 73,7 57,9 79,0 31,6 52,6
Global (232) 76,3 22,4 2,6 75,9 40,5 77,2 24,1 79,3
(n) = taille de l’échantillon
favorise une croissance rapide des plantes
contrairement aux plantes issues d’un semis
direct. Durant les opérations de plantation, le
semis en ligne est l’arrangement spatial le plus
adopté dans presque tous les Départements,
excepté le Département de la Donga où plus
de 56% des paysans pratiquent aléatoirement
le mode de semis en plein champ. Le semis en
ligne est une technique souvent développée
par les paysans pour délimiter leurs espaces
(habitations, champs, jardins de case). La
plantation se fait sans tenir compte du niveau
de fertilité des sols et aucun engrais minéral,
ni fumure organique ne sont utilisés. Par
ailleurs, 76,29% des paysans interviewés à
travers tout le pays, affirment qu’ils pourront
disposer de terres pour la culture de J. curcas
si les conditions étaient bien négociées
(Tableau 2). Les Départements du Borgou,
Alibori, Couffo, Mono, Zou, Atacora, Ouémé,
et dans une moindre mesure ceux du Plateau
et de l’Atlantique sont les Départements
potentiels pour l’adoption de la plantation de
J. curcas sous forme de système agroforestier.
Par contre, dans les Départements des
Collines et de la Donga, les paysans
interviewés ne semblent pas donner de priorité
pour des plantations de l’espèce.
Connaissances ethnobotaniques et
utilisations de J. curcas au Bénin
Au Bénin, J. curcas est
essentiellement utilisée par les populations
locales dans la pharmacopée traditionnelle
(87,50%) et dans une moindre mesure comme
clôture dans la délimitation des habitations
(19,83%). L’espèce n’est pas utilisée dans
l’alimentation et ses organes sont rarement
transformés (2,16%), commercialisés (1,29%)
et utilisés comme intrant agricole (0,43%). Par
ailleurs, les graines sont parfois séchées et
utilisées comme source d’énergie à la place du
pétrole. Selon certains paysans, l’huile extraite
des graines est parfois utilisée pour l’éclairage
mais produisant beaucoup plus de fumée.
L’utilisation des différentes parties de
la plante dans la pharmacopée traditionnelle
constitue un aspect social important dans la
vie des communautés rurales (Tableau 3).
La majorité des paysans reconnaissent au
moins une vertu thérapeutique pour chaque
organe ou produit de l’espèce. L’Analyse
Factorielle des Correspondances (AFC)
effectuée montre qu’avec les deux premiers
axes, on explique 62,6% de l’information sur
les maladies traitées par Département.
La figure 2 donne une projection des
différentes maladies traitées et Départements
sur les deux premiers axes factoriels.
L’analyse de cette figure révèle que dans le
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Tableau 3 : Importance thérapeutique des organes de J. curcas par Département.
Pourcentage (%) de répondants par département
Produits
utilisés Maladies traitées /
utilisation Atlantique
(n = 19) Ouémé
(n = 20) Plateau
(n = 16) Colline
(n = 22) Zou
(n =
22)
Couffo
(n = 20) Mono
(n =
20)
Atacora
(n = 36) Donga
(n = 16) Borgou
(n = 12) Alibori
(n = 29)
Gonococcie /
Syphilis 0 0 0 9,09 0 0 0 8,33 31,25 0 0
Rhumatisme 0 0 0 4,54 4,54 0 0 0 0 0 0
Mal du foie 0 0 0 4,54 0 0 0 0 0 0 0
Ictère 5,2 10 0 9,09 0 0 0 0 0 0 0
Maux de ventre 21,05 0 25 0 0 0 0 11,11 0 16,66 10,34
Paludisme 82,22 55 100 45,45 59,09 50 70 27,77 100 41,66 27,58
Feuilles
Toux 0 0 0 13,63 0 10 0 5,55 0 0 0
Plaie 42,10 40 43,75 9,09 22,72 5 0 25 43,75 58,33 31,03
Mauvaise haleine 42,10 20 43,75 9,09 22,72 0 15 19,44 43,75 58,33 24,13
Piqûre de serpent 0 0 0 0 0 0 0 0 0 16,66 0
Latex/sève
Anti-Hémorragie 26,31 20 43,75 9,09 22,72 5 0 0 43,75 0 31,03
Graines Purgatif 0 0 0 0 0 5 0 2,77 0 0 0
Ictère 15,78 5 6,25 4,54 0 0 0 5 ,55 0 0 0
Carie dentaire 10,52 5 18,75 13,63 9,09 10 5 8,33 0 0 10,34
Racines /
Branches
Gonococcie /
Syphilis 0 0 0 4,54 9,09 0 0 0 0 0 0
n = nombre d’enquêtés.
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3.0 ˆ ‚
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‚ ‚
‚ ‚
‚ * Smorsur ‚
‚ ‚
2.5 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
2.0 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
1.5 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
1.0 ˆ ‚ * Spurga
‚ * Borgou ‚ * Ftoux * Ffoie
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
0.5 ˆ ‚
‚ ‚* Atacora
‚ * Fventr Couffo
‚ ‚ * Sictèr * * Collin
‚ ‚ * Fgono
‚ Shalein ** Splaie * Fictèr
0.0 ˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒ*ƒSdentƒƒƒƒ*ƒFrhumƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒ
‚ Atlant * ‚ * Fpalu
‚ Platea * * Oueme
‚ D*nga * * Mono
‚ Alibor * Zou
‚ ‚
-0.5 ˆ * Shémo
Šƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒˆƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒƒ
-3 -2 -1 0 1 2
Dim1
Figure 2: Représentation graphique des différentes maladies traitées et Départements sur les axes
factoriels 1 et 2.
Fgono = gonococie; Frhum = rhumatisme; Ffoie = maladie du foie; Fictèr = ictère traitée avec feuille; Fventr = maux de
ventre ; Fpalu = paludisme ; Ftoux = toux; Shalein = mauvaise haleine; Smorsur = morsure de serpent; Shémo = hémorragie;
Spurga = utilisation des graines comme purgatif ; Sdent = carrie dentaire ; Ssyphyl = syphylis.
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1073
Département du Borgou, les populations
utilisent beaucoup plus la sève de J. curcas
pour traiter les morsures de serpents. Les
autres Départements présentent des tendances
similaires quant à l’utilisation des organes de
J. Curcas dans le traitement des maladies. On
note aussi que les populations utilisent
souvent la graine comme purgatif, les feuilles
pour la toux et pour guérir les maladies du
foie.
Distribution et écologie de J. curcas au
Bénin J. curcas est rencontrée dans
l’ensemble des Départements et Communes
du Bénin. L’espèce est presque toujours
plantée et essentiellement pour délimiter des
habitations. Généralement, la densité linéaire
varie de 3 à 10 plants/m dans presque tous les
Départements. En plein champ, la densité
moyenne est estimée à environ 2500 pieds/ha.
Au Bénin, J. curcas pousse sur une gamme
variée de sol (Tableau 1). Elle est rencontrée
aussi bien sur des sols acides (Département de
l’Atlantique) que neutres (tous les
Départements). Les sols sur lesquels évolue
l’espèce sont généralement pauvres en matière
organique et sont à texture sableuse voire
sablo-argileuse ou sablo-limoneuse dans
l’ensemble des Départements.
Variabilité morphologique et évaluation
des rendements en fruits de J. curcas
Quel que soit le paramètre
dendrométrique considéré et les niveaux de
rendement, il existe une différence
significative (F = 61,34 ; P < 0,001 pour le
diamètre ; F = 9,53 ; P < 0,001 pour la
hauteur ; F = 56,60 ; P < 0,001 pour le
rendement) entre les arbres de différents
Départements (Tableau 4). Par ailleurs, les
coefficients de variation pour le rendement en
fruits des individus de J. curcas sont
relativement plus élevés, indiquant une
variabilité des rendements en fruits d’un arbre
à un autre. Le test de Newman et Keuls
montre les différents regroupements des
Départements selon les grosseurs, les hauteurs
et les rendements des arbres (Tableau 4). Les
plus gros arbres sont rencontrés dans les
Départements du Plateau, de l’Atlantique et
du Zou ; les arbres de diamètres
intermédiaires sont rencontrés dans les
Départements du Mono, Ouémé, Couffo et
Borgou puis enfin les arbres de petits
diamètres sont ceux des Départements de la
Donga, de l’Alibori, de l’Atacora et des
Collines. Pour ce qui est des hauteurs, on note
trois groupes constitués respectivement des
individus des Départements de l’Ouémé, de
l’Atacora, de l’Alibori, du Plateau et du Mono
d’une part, des individus des Départements du
Zou et de l’Atlantique d’autre part puis enfin
des individus des Départements du Borgou, du
Couffo, de la Donga et des Collines. Les
rendements en fruit mentionnés sont faibles
dans les Départements de l’Atlantique, de
l’Ouémé, du Plateau, du Zou, du Couffo, du
Mono et du Borgou, moyens dans les
Départements de la Donga et des Collines puis
élevés dans les Départements de l’Atacora et
de l’Alibori (Tableau 4).
Relations entre paramètres abiotiques et
paramètres morphologiques de J. curcas
Les résultats de l’ACP (non présentés
dans le document) sur les variables abiotiques
montrent qu’avec les 3 premiers axes, on
explique 73,7% des informations sur les
paramètres édaphiques et climatiques. Par
conséquent, seuls les 3 premiers axes ont été
utilisés pour décrire les relations entre les
caractéristiques de l’habitat des individus de J.
curcas. Se basant sur les corrélations entre les
différentes variables et les trois axes, on peut
conclure que :
- la composante z1 est positivement corrélée
avec les variables ETP, pHeau, pHkcl,
Carbone organique et Matière organique et
négativement avec les variables Pluie et le
pourcentage en Sable grossier du sol (SG).
- la composante z2 est positivement corrélée
avec les variables humidité relative (HR),
Température et le pourcentage en Sable
grossier du sol (SG) et négativement corrélée
avec le pourcentage en Sable fin du sol (SF).
- la composante z3 est positivement corrélée
avec les variables pourcentage en Limon fin
(Lf) du sol et en Argile (A) et négativement
corrélée avec ETP et le pourcentage en Sable
grossier du sol (SG).
Les coefficients de corrélation entre
composantes principales et variables biotiques
de J. curcas ont révélé que le rendement
moyen en fruit des arbres présente une
corrélation négative significative avec l’axe
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Tableau 4 : Caractéristiques dendrométriques et rendement en fruits de J. curcas par Département.
Caractéristiques dendrométriques
Diamètre (cm) Hauteur (m) Nombre de fruits
Départements
Moy CV (%) Moy CV (%) Moy CV (%)
Atlantique (n = 34) 30.24a
71,60 2,30b 56,77 13,00c 248,48
Ouémé (n = 51) 25.17b 65,66 2,92a 70,56 8,08c 189,62
Plateau (n = 93) 31.24a
55,16 2,58a 71,66 21,31c 111,95
Colline (n = 191) 12.72c
39,49 2,01c 37,90 100,52b
82,44
Zou (n = 146) 29.51a
43,18 2,36b 33,32 33,32c 152,06
Couffo (n = 124) 24.41b 46,32 2,06c 35,18 21,52c 129,11
Mono (n = 95 ) 25.77b
31,13 2,52a 28,58 19,86c 104,93
Atacora (n = 207) 14,00c 57,38 2,77a 59,01 350,49a 133,51
Donga (n = 103) 15.26c
36,97 2,05c 26,46 84,08b 21,81
Borgou (n = 44) 23.80b
44,71 2,20c 29,81 23,82c 134,46
Alibori (n = 67) 14.46c
60,39 2,62a 57,06 377,01a 284,52
Valeur de F 61,34 9,53 56,60
Probabilité < 0,001 < 0,001 < 0,001
n = nombre d’arbres mesurés ; Moy : moyenne. CV = Coefficient de Variation ; % = pourcentage.
Les chiffres présentant en exposant les mêmes lettres dans une même colonne ne sont pas significativement différents
(p > 0,001) les uns des autres.
z2. De ce fait, le pourcentage en sable fin du
sol est un facteur favorable à une meilleure
productivité en fruits de l’espèce alors que les
valeurs élevées de l’humidité relative, de la
température et du pourcentage en sable
grossier du sol ont un impact négatif sur le
rendement en fruit de J. curcas. Par ailleurs,
l’âge est positivement corrélé avec la
composante z3 alors que le diamètre moyen
des arbres est négativement corrélé avec la
même composante. On en déduit donc que les
arbres les plus âgés sont souvent rencontrés
sur sols riches en limon fin et peu rencontrés
dans les zones à forte évapotranspiration où le
pourcentage en sable grossier du sol est élevé.
Les sols riches en limon fin et en argile sont
défavorables à un développement en diamètre
de J. curcas contrairement aux sols riches en
sable grossier. Par ailleurs, les variables
abiotiques pHeau, pHkcl, Carbone organique ou
Matière organique n’influence pas sur les
caractéristiques morphologiques ni sur la
productivité de J. curcas.
DISCUSSION
J. curcas est une espèce non
alimentaire à usage multiple, plantée par les
populations rurales sur toute l’étendue du
Bénin. L’utilisation des différentes parties de
la plante dans la pharmacopée traditionnelle
constitue un aspect social important dans la
vie des communautés rurales du Bénin. Les
feuilles par exemple sont utilisées dans le
traitement du paludisme et les graines comme
purgatifs. Les principes actifs contenus dans
ces organes de la plante sont donc consommés
d’une manière ou d’une autre par les
populations. Cependant, certains rapports ont
révélé la présence des composées toxiques
dans la plante et dans les graines tels que le
tannin (10%), l’acide phytique, l’acide
hydrocynamic (HCN), la jatrophine, etc..
(Martinez-Herrera et al., 2006). Il se pose
donc des questions de doses admissibles pour
préserver la santé des populations. Des études
de toxicité et pharmacologiques plus
approfondies doivent donc être entreprises
pour contribuer à une meilleure valorisation
des connaissances ethnobotaniques sur
l’espèce.
En outre, J. curcas est une espèce
facile à reproduire (par semis et
végétativement) et à croissance rapide.
Suivant les différentes formes d’utilisation de
l’espèce et le niveau actuel de production,
nous pouvons déduire que très peu de marchés
potentiels s’offrent à l’état actuel à une
valorisation économique de l’espèce au Bénin.
Cependant, au niveau international, il
se développe de plus en plus de nouveaux
marchés rémunérateurs pour la vente des
différents organes de l’espèce notamment les
A. E. ASSOGBADJO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(5): 1065-1077, 2009
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graines qui sont utilisées dans la production de
biocarburant comme alternative aux sources
d’énergie non renouvelables. D’ici l’an 2020,
l’Inde va employer environ 5 millions de
personnes pour travailler sur plus de 10
millions d’ha de plantation de J. curcas.
Ainsi, elle sera en mesure de fournir
annuellement sur le marché mondial de
biocarburant 7,5 millions de tonnes de
biodiesel (Shanker et al., 2006). En outre, il
est observé au Sénégal et au Mali, des efforts
soutenus pour une production à grande échelle
de l’espèce. On déduit de tout ce qui précède
l’existence de marchés potentiels régionaux et
internationaux qui devraient inciter à une plus
grande valorisation de l’espèce.
Au Bénin, 76,29% des paysans
interviewés affirment qu’ils pourront disposer
de terres pour la culture de J. curcas si les
conditions étaient bien négociées. Si les
biocarburants peuvent être profitables pour
nos agriculteurs, ils représentent également
une formidable opportunité de créer une
véritable agro-industrie génératrice d’activités
dans nos provinces. Pour presser l’huile de
Jatropha, la transformer en biodiesel il faudra
mettre en place ces petites industries qui
aujourd’hui manquent cruellement aux
régions reculées du pays. Ceci permettra de
créer non seulement des emplois agricoles,
mais également les emplois nécessaires à la
transformation de ces produits.
Par ailleurs, il est démontré que 3 kg
de graines de J. curcas sont susceptibles de
fournir 1 L d’huile (Business & Financial
Times, 2007). En outre, en fonction du type de
sol, du climat et des modes de gestion
culturale, 1 ha de plantation de J. curcas peut
générer jusqu’à 4 tonnes de graines (Business
& Financial Times, 2007). On en déduit que 1
ha de plantation de J. curcas peut
potentiellement fournir 1333 L d’huile brute.
Il est donc indispensable de développer une
agriculture qui produira à la fois de l’énergie
et des aliments puisque l’espace à utiliser pour
les cultures alimentaires traditionnelles et le
Jatropha n’est pas le même. Le Jatropha nous
permettra de détourner les fonds utilisés à
l’achat de carburant vers nos agriculteurs et
grâce aux variétés non toxiques, son tourteau
riche en protéines permettra de réaliser des
aliments équilibrés pour nos élevages. Pour un
meilleur développement de la filière Jatropha
au Bénin, il faudra aussi assurer aux paysans
une formation adéquate sur les différents
modes de gestion optimale des plantations,
disposer d’une main d’oeuvre conséquente et
de grands espaces de préférence dans des
zones dégradées peu propices à l’agriculture.
Cependant, il faudra garder à l’esprit qu’une
telle activité si très lucrative pourrait à long
terme engendrer des concurrences avec des
espaces réservés aux cultures vivrières. Ceci
pourrait affecter la sécurité alimentaire des
ménages qui ne disposeraient plus d’assez
d’espaces pour l’agriculture. Un autre risque
potentiel d’inciter les paysans à se rallier à
une telle initiative serait que ces derniers ne
soient pas impliqués dans la fixation des prix
de cession qui peuvent évoluer à la baisse
dans le temps. Les conditions du marché et les
situations macroéconomiques mondiales
peuvent amener à moyen ou à long terme les
raffineries à ne plus s’intéresser à l’achat des
graines chez ces paysans. L’espèce n’étant pas
alimentaire, il leur sera alors difficile de
développer des stratégies pour écouler les
produits. A moins que des stratégies de
valorisation au niveau local soient
développées simultanément pour produire
l’huile à partir des graines en vue de
complémenter les sources d’énergie non
renouvelable qui seraient localement utilisées.
Il a été observé que J. curcas pousse
sur des sols aussi bien acides que neutres
pauvres en carbone organique. Les variables
abiotiques pHeau, pHkcl, Carbone organique et
Matière organique n’influencent pas les
caractéristiques morphologiques et la
productivité de J. curcas. L’espèce
présenterait alors une certaine plasticité telle
que observée également par Prasad et al.
(2000) et Gasol et al. (2007); elle offre par
conséquent la possibilité de son introduction
dans l’ensemble des zones climatiques et
agroécologiques du Bénin. Le Jatropha peut
donc pousser sur des terres marginales
impropres à l’agriculture. Le Jatropha
permettrait donc de valoriser des terres
aujourd’hui mises à nu par la déforestation et
qui ne sont pas utilisées pour l’agriculture
vivrière. Il a été remarqué que les zones
présentant un climat plus humide et chaud ou
celles caractérisées par des sols pauvres en
sable fin sont celles dans lesquelles les
individus de J. curcas sont peu productifs. Par
A. E. ASSOGBADJO et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 3(5): 1065-1077, 2009
1076
ailleurs, Prasad et al. (2000) ont montré que le
développement racinaire de l’espèce est
entravée sur des sols lourds. Aussi, Kaushik et
al. (2007), Qin et al. (2005) ont signalé que J.
curcas ne devrait jamais être plantée à forte
capacité de rétention en eau comme les
vertisols et autres sols argileux. Ainsi, le
développement de stratégies de propagation
de l’espèce avec comme objectif la production
de grandes quantités de fruits, devrait viser les
localités où les températures sont relativement
basses et celles moins humides avec des sols
riches en sable fin. Les localités du Nord du
Bénin et dans une moindre mesure celles du
Centre-Bénin étant respectivement localisées
dans le Soudanien et le Soudano-Guinéen
seraient donc plus propices à un meilleur
rendement de l’espèce. Cependant, J. curcas
peut provoquer l’érosion des sols et la
dégradation des éléments nutritifs
(Podwojewski et al., 2008; Valentin et al.,
2008). En conséquence, il n’est pas conseillé
de proposer la plantation de l’espèce sur des
sols riches propices à l’agriculture.
Des difficultés probables qui peuvent
aussi limiter le développement de la filière au
Bénin seraient les problèmes de subvention
des petits entrepreneurs et de renforcement
des capacités des paysans à une meilleure
gestion des plantations, les problèmes liés au
foncier et aux feux de végétation (surtout dans
le domaine soudanien) et le manque d’un
cadre légal sur les biocarburants comme ce fut
le cas à Madagascar (Üllenberg, 2007).
Les propriétés médicinales reconnues
aux différents organes de l’espèce font d’eux
des sources potentielles pour la valorisation en
pharmacopée traditionnelle. Ces mêmes
propriétés sont reconnues à l’espèce dans
d’autres pays tels que le Ghana, Madagascar
et en Inde (Üllenberg, 2007 ; Jongschaap et
al., 2007). Cependant, le marché des produits
médicinaux est très compétitif et exige la mise
en conformité à des normes internationales. Il
se pose alors un problème de définition des
normes (harmonisation à des normes exigées
pour les produits médicinaux, gestion de la
qualité) pour chacun des produits afin de
favoriser leur exportation vers les marchés
plus rémunérateurs notamment ceux de
l’Union Européenne. En attendant, les
traitements pharmacologiques à base de ces
produits sont localement utilisés et contribuent
à la sécurité sanitaire des populations rurales.
Conclusion
En somme, le développement des
activités de production de J. curcas dépend
essentiellement des conditions locales, des
potentialités et des marchés disponibles. Une
subvention de la part de la communauté
internationale et des gouvernements est
nécessaire pour accompagner l’activité. Enfin,
des études d’impacts intégrant les dimensions
humaines, environnementales, économiques,
sociales et physiques sont indispensables
avant tout développement d’une telle activité
au Bénin.
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... Le pourghère (Jatropha curcas L.) est une espèce pérenne diploïde (2n = 22) de la famille des Euphorbiacées [1]. C'est une plante bien connue des populations locales de l'Afrique de l'Ouest qui l'utilisent comme haie pour délimiter les maisons et les exploitations agricoles ainsi que dans la médecine traditionnelle [2]. L'importance socio-économique de la plante réside dans la capacité de la graine à produire une huile facilement convertible en biodiesel [3]. ...
... Des résultats similaires pour ces deux caractères ont également été obtenus par [13]. Par ailleurs, un coefficient de variation relativement élevé (284,52%) pour le nombre de fruits par arbre a été noté par [2] au Benin. [19] indiquent que ces différences observées pour les fruits et les graines au niveau des individus s'expliquent par la fécondation croisée (allogamie). ...
... La pollinisation par les insectes se trouve d'ailleurs accentuée par la forte densité des arbres car selon [7], la plupart des sites de collecte des accessions étudiées sont des haies. La densité linéaire dans les haies varie selon [2], de 3 à 10 plants/m. En effet, la fécondation croisée favorise un brassage génétique naturel conduisant à une diversité génétique importante au sein de l'espèce [21]. ...
Article
Full-text available
Jatropha curcas L. is a perennial oleaginous plant which is known for its multiple uses. The oil extracted from its seeds is used in the manufacture of biodiesel and soap. The plant also has therapeutic virtues and insecticidal properties. In Burkina Faso, the species remains under exploited. Despite its potentialities, the genetic diversity of this phytogenetic resource is badly known. This study was conducted to determine the level and the structuring of the genetic variability of a collection of 70 accessions coming from the various phytogeographical sectors of the country and to estimate the genetic parameters of the various characters. Thus, an agro-morphological evaluation of the collection was carried out during the rainy season 2014. Eleven (11) quantitative characters relating to the vegetative development and the potential of production of the plant were used. This study revealed the existence of variability within accessions. The characters related to the yield showed greater variability than those related of the vegetative development. The analysis of the structuring of variability showed that plants which have an important vegetative development are more productive than those of little size.The estimate of the genetic parameters revealed a weak difference between the phenotypic and genotypic coefficients of variation and high broad sense heritability for all the characters. The characters related to the yield expressed the highest expected genetic advance, phenotypic and genotypic coefficients of variation. The results of the study can be exploited in Jatropha curcas' improvement program.
... Il a été introduit par les commerçants Portugais comme précieuse plante de haie via l'île du Cap-vert vers les pays d'Afrique (Henning, 2008). Au Bénin, J. curcas est retrouvé sur toute l'étendue du territoire national (Assogbadjo et al., 2009). L'importance socio-économique de la plante réside dans la capacité de la graine à produire une huile facilement convertible en biodiesel (Francis et al., 2005). ...
... Adaptation écologique de Jatropha curcas. (Assogbadjo et al., 2009) comme les arbres de karité (Glèlè . La zone soudanienne comparativement aux autres zones climatiques du Bénin, semble être propice à la mise en place des plantations de J. curcas dont l'objectif principal serait la production de graines pour le biocarburant. ...
... La zone soudanienne comparativement aux autres zones climatiques du Bénin, semble être propice à la mise en place des plantations de J. curcas dont l'objectif principal serait la production de graines pour le biocarburant. Par ailleurs, J. curcas présente une certaine plasticité (Prasad et al., 2000 ;Gasol et al., 2007) ce qui favorise son introduction dans l'ensemble des zones climatiques du Bénin (Assogbadjo et al., 2009 Comme implication agronomique de nos résultats, les techniques sylvicoles notamment la taille à des intervalles réguliers de temps peuvent permettre l'augmentation du nombre de branches tertiaires de la plante afin d'optimiser son rendement. L'application de cette technique sylvicole peut permettre une augmentation en hauteur de l'arbuste accompagnée d'une ramification importante. ...
... En Afrique, malgré la richesse de la biodiversité, l'agriculture rencontre de nombreuses difficultés entravant ainsi le développement économique et le bien-être des populations de la plupart des pays(Assogbado et al., 2009). Plus de 32 % des populations majoritairement paysannes de l'Afrique sub-saharienne sont sous alimentées. ...
... Plus de 32 % des populations majoritairement paysannes de l'Afrique sub-saharienne sont sous alimentées. Dans les pays sahéliens, les aléas climatiques, beaucoup plus accrus actuellement, ont particulièrement contribué à fragiliser la situation alimentaire des populations paysannes compromettant ainsi les nombreuses initiatives de développement(FAO, 2006b).La résolution de ces problèmes passe entre autres par la diversification de l'agriculture à travers la valorisation de toutes les ressources et le développement de nouveaux systèmes de production durable(Assogbado et al., 2009). Une des alternatives donc pour répondre efficacement au problème de l'insécurité alimentaire est la valorisation des plantes sous exploitées(FAO, 2009a). ...
Thesis
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Sweet grains sorghum [Sorghum bicolor (L.) Moench] is a crop under exploited in Burkina Faso. Its grains are consumed at the grains doughy pasty. However its early maturity and the richness of its grains in vitamins B makes it an interesting source of food during welding period when other crops are not at maturity stage. Prior knowledge of the genetic diversity of any crop is very crucial for the success of any improvement program. In order to contribute to a better appropriation of farmers’ knowledge and of the genetic diversity of this resource, a prospection-collection of accessions followed by agromorphological and molecular characterizations were carried out in Burkina Faso. The prospection-collection carried out in the four agroclimatic zones of Burkina covered 102 villages from 14 provinces and allowed to collect 126 accessions and to list 29 vernacular names. Ninety seven (97) and ninety three (93) of these accessions were evaluated respectively using agromorphological and microsatellites markers. These sorghums are mainly cultivated in sub-sahelian and northern-sudanian zones by moaga ethnic group. The agromorphological characterization conducted using Fisher blocks design with three replications considered 31 traits including 14 qualitative and 17 quantitative. Three botanical races with predominance of caudatum and caudatum-guinea were identified. The characterization showed high agromorphological diversity for all quantitative variables with structuration of accessions in four morphological groups on the basis of the parameters of grains yield. Group I was constituted by late maturity and productive accessions and group IV, by early maturity and low productive accessions. Molecular characterization using 15 polymorphic microsatellites markers detected 49 alleles including 6 rare alleles, with an average of 3 alleles per locus. Nei’ genetic diversity (0,474) was moderate. The molecular diversity was structured into three genetic groups A, B and C. This structuration was influenced by the agroclimatic factor (with global Fst = 0,239). The group B was mainly constituted of southern-sudanian and northern-sudanian accessions and the group A, constituted of sub-sahelian accessions are the most distant from other groups with a minimum Nei’ distance of 0,220. The biochemical analysis by High Performance Liquid Chromatography (HPLC) using 15 accessions of the collection showed a higher concentration of grains in fructose and glucose in the doughy grains compare to saccharose concentration. The agromorphological data and molecular markers showed a high level of variability of the accessions and the presence of several different genotypes in the Burkina Faso’ sweet grains sorghum that can be exploited in sweet sorghum breeding programs. Key words: sweet grains sorghum, agro-morphological diversity, genetic diversity, Burkina Faso
... Climatic hazards exacerbated by climate change, has particularly contributed to weakening the current food situation of peasant populations, thus compromising numerous development initiatives in the Sahelian countries (FAO, 2006). Solving these problems requires, among other things, the diversification of agriculture through the use of all resources and the development of new sustainable production systems (Assogbado et al., 2009). One of the credible alternatives to respond effectively to the problem of food insecurity, is the use of underexploited plants (FAO, 2009). ...
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The objective of this study is to compare the genetic diversity of sweet grain sorghum with grain sorghum and sweet sorghum using qualitative agro-morphological traits in order to identify its phenotypical specific traits. Forty-two genotypes of the three types of sorghum were evaluated using a three-repeat Incomplete Fisher Block device using 15 qualitative characters. The results showed a lack of variability in ten sweet grain sor-ghum traits that resulted in zero Shannon-Weaver diversity indices. However, the type of panicle, the color of the grain, the cover of the grain, the appearance of the endosperm and the botanical race make it possible to clearly distinguish sweet grain sorghum from the other two cultivated sorghums. Indeed, sorghum sweet grain usually has a loose panicle, floury and red grains that are covered at most on 50% by glumes and often belongs to the caudatum breed. These results could be used in sorghum breeding program.
... Le regain d'intérêt pour la culture de Jatropha curcas est lié aux atouts que la plante recèle en termes de production de biocarburant [2] et qui constitue une mesure d'adaptation ou d'atténuation aux effets de changement climatique. Beaucoup d'initiatives ont vu le jour car l'utilisation de biocarburant attire de plus en plus l'attention des nombreux gouvernements et des partenaires au développement [3]. ...
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Etude de l'influence de Jatropha curcas sur le rendement du maïs (Zea mays L.) en association culturale dans la région de Bingerville en Côte d'Ivoire ABSTRACT: To assess the influence of Jatropha curcas cultivation on maize yield in a cropping association, a study was conducted on the application farm of the Ecole Régionale d'Agriculture du Sud in Bingerville from 2015 to 2016. The study aimed to determine the appropriate Jatropha planting density to improve maize yield in a cropping association. The experiment consisted in setting up a randomized complete block design with three replications, including three treatments T1 (2*2m); T2 (3*2m) and T3 (4*2m) based on the spacing of Jatropha curcas plants compared to a control T0 (control without jatropha). Morphological and yield parameters of Jatropha curcas and maize were assessed respectively. The results obtained show that the Jatropha-maize association had no significant effect (P > 0.05) on the agro-morphological parameters (growth, development and yield) of Jatropha curcas regardless of the treatment. On the other hand, a significant effect (P < 0.05) of the Jatropha-maize association was observed on plant biomass and maize yield, particularly with treatment T2. In conclusion, this experiment demonstrates that it is possible to harmoniously integrate regular row spacing (intercropping) in Jatropha curcas plantations during the juvenile period of the trees provided that the main crop (Jatropha curcas) is at a spacing of 3*2 m. RESUME: Pour apprécier l'influence de la culture de Jatropha curcas sur le rendement du maïs en association culturale, une étude a été réalisée sur la ferme d'application de l'Ecole Régionale d'Agriculture du Sud de Bingerville de 2015 à 2016. L'étude visait à déterminer la densité de plantation de Jatropha adéquate pour améliorer le rendement du maïs dans une association culturale. L'expérimentation a consisté à mettre en place un dispositif en blocs complets randomisés de trois répétitions, comportant trois traitements T1 (2*2 m); T2 (3*2m) et T3 (4*2 m) basés sur les écartements des pieds de Jatropha curcas comparés à un témoin T0 (témoin sans jatropha). Les paramètres morphologiques et de rendement du Jatropha curcas et du maïs ont été respectivement évalués. Les résultats obtenus révèlent que l'association Jatropha-Maïs n'a eu aucun effet significatif (P > 0,05) sur les paramètres agro morphologiques (croissance, développement et rendement) du Jatropha curcas quel que soit le traitement. En revanche, un effet significatif (P < 0,05) de l'association Jatropha-Maïs a été observé sur la biomasse végétale et le rendement du maïs notamment avec le traitement T2. En conclusion, cette expérience démontre qu'il est possible d'intégrer harmonieusement des interlignes régulières (cultures intercalaires) dans les plantations de Jatropha curcas pendant la période juvénile des arbres à condition que la culture principale (Jatropha curcas) soit à un écartement de 3*2 m. MOTS-CLEFS: Plante pérenne, plante vivrière, association culturale, densité, écartement, agro morphologie.
... This plasticity could favour the introduction of new common bean varieties in all agro-ecological zones in Ivory Coast. Similar results have been reported from Benin (Assogbadjo et al., 2009). The presence of accessions from different origins in the same group could also be explained by their genotypic and phenotypic characteristics. ...
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Publication date 30/04/2021, http://m.elewa.org/Journals/about-japs/ 1 ABSTRACT The aim objective of this study was to evaluate the agro-morphological performances of 35 common bean accessions from local collections or introduction under the agro-ecological conditions of Côte d'Ivoire. For this purpose, the trial was established according to a randomized complete blocks design (RCBD), and screening was made vegetative growth parameters, phenological stages, and yields and yield components. The results obtained in the present study showed significant difference for vegetative development, between accessions for the number of nodes, pod length, seed length and diameter. Regarding the flowering stage and maturity time, early and late maturing accessions were identified. Yield and its components, less productive accessions and ones that are more productive were observed regardless of their provenance. Among the accessions studied, HARI04/BKE18,
... Les principales questions traitées ont concerné, les différentes formes d'utilisation des variétés de courges ainsi que leur importance socioéconomique. Dans cette étude, le jeune est celui dont l'âge est inférieur à 30 ans, l'adulte est la personne dont l'âge varie de 30 à 60 ans et le vieux est celui qui a un âge supérieur à 60 ans(ASSOGBADJO et al., 2009). ...
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Three varieties of squash are cultivated and sold in the Central African Republic; they are known as Kosso (Cucumeropsis mannii), Djongo (Lagenaria siceraria) and Sèrè (Citrullus sp). However, though its culture is important, it is marginalized on behalf of other cultures. This paper is a contribution to the value of these three varieties through the evaluation of endogenous knowledge and their agronomic performance. Gathering seeds and and ethnobotanic inquiries have been realized at Sibut through 200 subjects. Fisher’s experimental device in random bloc has been set up for agronomic parameter measures. MultipleComposant Analyses (MCA) have been realized on data thanks to XLSAT software. Agronomic parameters have been submitted to variance analyses (ANOVA) with the R software. The majority of the population in the study site use these varieties as food (92 %). The Kosso variety is most used (35%) than the two others. The Sèrè variety has the highest germination rate, but of the whole quantity, this rate is the highest (84 %). The Kosso variety which is weak as it is sensitive to pests’ attacks, has the best growth and a good yield. Although there is a difference, the three varieties have a interesting yield that are adapted to pedoclimatic conditions in the study site.
... Compte tenu des problèmes ci-dessus évoqués, certains éleveurs recourent aux méthodes endogènes de traitement. Ces méthodes basées sur les plantes, proviennent généralement de connaissances ancestrales transmises de génération en génération (Assogbadjo et al., 2009 ;Déléké -Koko et al., 2011;Dibong et al., 2011;Dossou et al., 2012;Fah et al., 2013). Le mode d'utilisation de ces méthodes est très variable d'un éleveur à un autre, et leur efficacité effective sur les affections supposées traitées reste à établir scientifiquement avant qu'elles ne soient une alternative crédible à la chimiothérapie chez les bovins. ...
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Somba cattle breed is faced with constraints related to the natural environment which mainly parasitism. In order to have a better knowledge of farming conditions of the cattle in the real environment, the resulting performance, and management of parasitic influencing factors, a bibliographic review of scientific work in this direction has been made. It shows that bovine Somba evolves in poor farming conditions which severely limit its productive performance. Parasites favored by a warm climate and poor farming conditions seriously prevalent in herds. Chemotherapy, conventional means of control now knows the limitations that led to explore other possibilities like ethnomedecine whose use is still informal and without medical repository. Thus, improvement of breeding conditions and better health monitoring taking into account the valuation of ethnomdecine are essential for farms more productive and more sustainable cattle Somba.
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Diospyros mespiliformis est une espèce d’arbre très peu étudiée malgré son importance pour les communautés locales au Bénin. Cette étude a évalué la variabilité des usages de l’espèce et de ses organes suivant les facteurs sociodémographiques (la provenance, les catégories socioculturelles, le sexe, l’âge et la profession des utilisateurs). Une enquête auprès de 233 participants a été réalisée dans les communes de Tchaourou, Sinendé et Bembèrèkè. La fréquence de citation, les usages rapportés et l’indice d’importance des organes de l’espèce ont été calculés. Des analyses de la covariance sur les usages totaux rapportés ont été effectuées afin d’évaluer les déterminants des usages de l’espèce. Des analyses en composantes principales ont été effectuées afin de caractériser les usages, suivant les déterminants des usages de l’espèce. Les résultats ont révélé que le sexe, l’âge et la provenance socioculturelle (P < 0,05) ont déterminé les usages dans la zone d’étude. Les hommes adultes ont eu plus d’intérêt pour l’espèce. Les Peuhls de Tchaourou et les Bariba de Sinendé ont utilisé davantage l’espèce comme bois énergie et bois d’œuvre. Les Bariba de Tchaourou, de Sinendé et les Peuhls de Sinendé sont plus intéressés par l’espèce pour des usages alimentaires, le fourrage et la pharmacopée. L’utilisation des organes est déterminée par l’âge et les interactions provenance-profession-âge (P < 0,05). Les racines et les écorces sont les parties les plus appréciées par les adultes et les personnes âgées. Les éleveurs, en général, et les agriculteurs de Tchaourou sont particulièrement intéressés par les racines, les tiges et les noix de l’espèce. Les agriculteurs de Bembèrèkè et les commerçants de Sinendé et de Bembèrèkè sont, quant à eux, plus enclins à l’usage des écorces. Par ailleurs, les usages de l’espèce en tant que bois et fourrage ont affecté négativement (P < 0,000) son usage alimentaire. Ces résultats sont à prendre en compte pour une stratégie de valorisation et de conservation durable de l’espèce.
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Microsatellites or simple sequence repeats (SSR) are playing an important role in molecular breeding. This investigation was undertaken to study the genetic diversity among local sorghum accessions from two different agro-ecological zones of Burkina Faso and to assess the polymorphism within local improved varieties and a source (B35) exhibiting the stay-green trait. One hundred and eighty-six local and some exotic accessions were assessed using 26 SSR markers (including 14 markers linked to stay-green QTLs). DNA was extracted using Mixed Alkyl Trimethyl Ammonium Bromide method from dried sample after collection of leaves from three week old plantlets. The average number of alleles per locus was 4 with a medium value of gene diversity (He=0.45) across loci, indicating a low level of dissimilarity among local accessions. The genetic differentiation was significant between local and exotic materials and accessions were grouped according to their racial affiliation. The important finding was the presence of private alleles at markers linked to stay-green loci in the background of some local guinea accessions. The polymorphism between B35 and some local improved varieties for stay-green QTL indicates that most of the linked markers could be used in a breeding program through marker-assisted selection.
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Search for renewable fuels such as vegetable oils, in particular non-edible vegetable oils, has become more pertinent in the context of the fossil fuel crisis and vehicle population explosion. The drawbacks associated with vegetable oils for use in diesel engines call for a hot combustion chamber. The concept of the low heat rejection diesel engine is gaining prominence for adopting vegetable oils as substitute fuels for conventional diesel fuel. Non-edible vegetable oils such as Pongamia oil and Jatropha curcas oil are found to be efective substitute fuels in the low heat rejection diesel engine. EsteriRcation, preheating and increase in injection pressures have been tried for efective utilization of the vegetable oils. Performance parameters such as the brake specific energy consumption (b.s.e.c.) and exhaust gas temperature (EGT) have been reported for varying magnitudes of brake mean efective pressure (b.m.e.p.) with diferent non-edible vegetable oils as substitute fuels. The pollution levels of black smoke and NOx have been recorded. Combustion diagnosis is also carried out with the aid of a miniature piezoelectric pressure transducer and TDC (top dead centre) encoder.
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Rapid changes in upland farming systems in Southeast Asia generated predominantly by increased population pressure and ‘market forces’ have resulted in widespread land degradation that has been well documented at the plot scale. Yet, the links between agricultural activities in the uplands and downstream off-site effects remain largely unknown because of the difficulties in transferring results from plots to a larger scale. Many authors have thus pointed out the need for long-term catchment studies. The objective of this paper is to summarize the results obtained by the Management of Soil Erosion Consortium (MSEC) over the last 5 years from 27 catchments in five countries (Indonesia, Laos, Philippines, Thailand, and Vietnam). The purpose of the study was to assess the impacts of cultivation practices on annual runoff and erosion rates. Initial surveys in each catchment included topography, soils and land use. Monitoring included climatic, hydrologic and erosion (total sediment yield including bed load and suspended sediment load) data, land use and crop yields, and farmers’ income. In addition, new land management options were introduced through consultations with farmers and evaluated in terms of runoff and erosion. These included tree plantations, fruit trees, improved fallow with legumes, maize intercropped with legumes, planted fodder, native grass strips and agro-ecological practices (direct sowing and mulch-based conservation agriculture). Regressions analyses showed that runoff during the rainy season, and normalized runoff flow coefficient based on erosive rainfall during the rainy season (rainfall with intensity exceeding 25 mm h−1) increase with the percentage of the catchment covered by maize. Both variables decrease with increasing soil depth, standard deviation of catchment slope (that reflects terrain roughness), and the percentages of the catchment covered by fallow (regular and improved), tree plantations and planted fodder. The best predictors of sediment yield were the surface percentages of maize, Job's tears, cassava and footpaths. The main conclusions generated from this study were: (i) soil erosion is predominantly influenced by land use rather than environmental characteristics not only at the plot scale but also at the catchment scale; (ii) slash-and-burn shifting cultivation with sufficiently long rotations (1 year of cultivation, 8 years of fallow) is too often unjustly blamed for degradation; (iii) in its place, continuous cropping of maize and cassava promotes high rates of soil erosion at the catchment scale; (iv) conservation technologies are efficient in reducing runoff and total sediment yield at the catchment scale; (v) the adoption of improved soil management technologies by upland farmers is not a function of the degree of intensification of their farming system and/or of their incomes. The results suggest that if expansion of maize and cassava into already degraded upland systems were to occur due to increased demand for biofuels, there is a risk of higher runoff and sediment generation. A failure to adopt appropriate land use management strategies will result in further rapid resource degradation with negative impacts to downstream communities.
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Jatropha curcas L. is a multipurpose shrub of significant economic importance because of its several potential industrial and medicinal uses. Four provenances of J. curcas from different agro-climatic regions of Mexico (1. Castillo de Teayo, 2. Pueblillo 3. Coatzacoalcos and 4. Yautepec), that differed in morphological characteristics, were studied. The seed kernels were rich in crude protein, CP (31–34.5%) and lipid (55–58%). The neutral detergent fibre contents of extracted J. curcas meals were between 3.9% and 4.5% of dry matter (DM). The gross energy of kernels ranged from 31.1 to 31.6 MJ/kg DM. The contents of starch and total soluble sugars were below 6%. The levels of essential amino acids, except lysine, were higher than that of the FAO/WHO reference protein for a five year old child in all the meal samples on a dry matter basis. The major fatty acids found in the oil samples were oleic (41.5–48.8%), linoleic (34.6–44.4%), palmitic (10.5–13.0%) and stearic (2.3–2.8%) acids. We also found previously unreported cis-11-eicosenoic acid (C20:1) and cis-11,14-eicosadienoic acid (C20:2) in the oil. Phorbolesters were present in high concentrations in the kernels of Coatzacoalcos (3.85 mg/g dry meal), but were not detected in the samples from Castillo de Teayo, Pueblillo and Yautepec. Trypsin inhibitors (33.1–36.4 mg trypsin inhibited g−1 dry meal), phytates (8.5–9.3% of dry meal as phytic acid equivalent), saponins (2.1–2.9% of dry meal) and lectins (0.35–1.46 mg/ml of the minimum amount of the sample required to show the agglutination) were the other major antinutrients present in all the seed meals. Different treatments were attempted on the seed meal samples to neutralize the antinutrients present in them. Trypsin inhibitors were easily inactivated with moist heating at 121 °C for 25 min. Phytate levels were slightly decreased by irradiation at 10 kGy. Measured saponin contents were reduced by ethanol extraction and irradiation. Extraction with ethanol, followed by treatment with 0.07% NaHCO3 considerably decreased lectin activity. The same treatment also decreased the phorbolester content by 97.9% in seeds from Coatzacoalcos. The in vitro digestibility of defatted meal (DM) was between 78.6% and 80.6%. It increased to about 86% on heat treatment.
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Collateral impacts of LULUCF projects, especially those concerning social and environmental aspects, have been recognised as important by the Marrakech Accords. The same applies to the necessity of assessing and, if possible, of quantifying the magnitude of these impacts. This article aims to define, clarify and structure the relevant social, economic and environmental issues to be addressed and to give examples of indicators that ought to be included in the planning, design, implementation, monitoring, and ex post evaluation of LULUCF projects. This is being done by providing a conceptual framework for the assessment of the sustainability of such projects that can be used as a checklist when dealing with concrete projects, and that in principle is applicable to both Annex I and non-Annex I countries. Finally, a set of recommendations is provided to further develop and promote the proposed framework.
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Numerous tree species can establish by vegetative means in the tropics. Many are used in agriculture as living fences and in alley cropping and could also be used in a restorational setting. However, little is known about their establishment ability. This study evaluated the establishment ability and cover development of multiple species in three separate field trials in northern Honduras. First, 11 species were evaluated for their ability to establish in a common garden experiment. Second, of the former species, Bursera simaruba and Gliricidia sepium were evaluated for 2 years for their ability to establish vegetatively and develop cover at three deforested sites. Lastly, a study examined whether greater initial stake height and diameter at breast height increased the establishment success and crown development of G. sepium stakes. First, five species, Erythrina berteroana, Erythrina fusca, Jatropha curcas, G. sepium, and B. simaruba, had high establishment success. Others showed promise but may have been planted in the wrong season. Second, establishment for G. sepium was nearly 100% at all sites, whereas B. simaruba ranged from 30–50%. Gliricidia sepium stakes developed more rapidly and attained greater cover than B. simaruba. Dry season planting may increase the establishment success of both species. Lastly, greater initial stake height and diameter at breast height each resulted in greater crown development for G. sepium. The use of living fence species as a restorational tool has been overlooked. Aside from the advantages of planting tree species vegetatively, species can act as seed recruitment foci by attracting seed dispersers and provide shade to improve microclimatic conditions for seedling establishment. The technique described is simple and could have broad application throughout tropical regions.
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Jatropha curcas (Euphorbiaceae) is an oil-bearing species with multiple uses and considerable potential as a bioenergy crop. The present investigation has been undertaken to assess the extent of genetic diversity in a representative set of 42 accessions of J. curcas encompassing different crop growing regions in India along with a non-toxic genotype from Mexico as a prelude for utilization of promising and genetically divergent materials in the breeding programmes. Molecular polymorphism was 42.0% with 400 RAPD primers and 33.5% with 100 ISSR primers between accessions indicating modest levels of genetic variation in the Indian germplasm. The within-population variation based on RAPD polymorphism was 64.0% and was on par with the inter-population variation. Polymorphic ISSR markers have been identified that could differentiate the Indian accessions from the Mexican genotype and two of them were converted to SCAR markers. The SCAR primer pair ISPJ1 amplified a 543bp fragment in all the Indian populations, while ISPJ2 with a specific amplicon of 1,096bp was specific to the Mexican genotype. Population-specific bands have been identified for the accession from Kerala (2 RAPD markers), Neemuch-1 from Rajasthan (1 each of RAPD and ISSR markers) and the non-toxic genotype from Mexico (17 RAPD and 4 ISSR markers), which serve as diagnostic markers in genotyping. The study indicates an immediate need for widening the genetic base of J. curcas germplasm through introduction of accessions with broader geographical background.
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Jatropha curcas L. (physic nut) has drawn attention in recent years as a source of seed oil that can provide an economically viable substitute for diesel. Very little work on provenance trials and genetic resources of J. curcas L. has been reported so far. Though J. curcas grows widely in India and several collections of the plant are also maintained, pedigree and provenance records are not always available. This article reports our studies on the diversity amongst the accessions of J. curcas L., both amongst already held collections as well as from a few locations in the wild. Two single-primer amplification reaction (SPAR) methods were used for this purpose. The accessions from the North East were most distant from all other accessions in UPGMA analysis. The NBRI, Bhubaneshwar and Lalkuan accessions were more related to each other. The UPGMA tree clearly shows well-separated accession groups: NBRI, Bhubaneshwar, North East, Lalkuan and Outgroup. The study suggests that this relatively recently introduced plant species shows adequate genetic diversity in India and that the SPAR methods are useful for a rapid assessment of the same. The methods provide important tools for analyzing the diversity within the available collections to shortlist the parental lines for adaptability trials and further improvement of Jatropha plants.
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Variability in seed traits and oil content of 24 accessions of Jatropha curcas collected from different agroclimatic zones of Haryana state, India were assessed. There were significant differences (P<0.05) in seed size, 100-seed weight and oil content between accessions. Maximum seed weight was recorded in seeds collected from IC-520602 and the least weight was recorded in IC-520587. Oil variability ranged from 28.00% in IC-520589 to 38.80% in IC-520601. In general phenotypic coefficient of variation was higher than the genotypic coefficient of variation indicating the predominant role of environment. High heritability and genetic gain were recorded for oil content (99.00% and 18.90%) and seed weight (96.00% and 18.00%), respectively, indicating the additive gene action. Seed weight had positive correlation with seed length, breadth, thickness and oil content. On the basis of non-hierarchical Euclidian cluster analysis, six clusters were obtained with highest number of accession falling under cluster III. Maximum and minimum intra cluster distance was observed for cluster VI (2.499) and for cluster III (2.252), respectively. Whereas maximum inter-cluster distance was observed between cluster VI and IV (5.129) and minimum between cluster III and II (2.472). Among the six clusters formed cluster IV showed maximum cluster value for seed size whereas, cluster VI showed maximum value for oil content and seed weight. Thus on the basis of present finding it is suggested that the crossing between accessions of cluster IV and VI will result in wide spectrum of variability in subsequent generations.