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An Impact Analysis of the Groundnut Sector Liberalization: An Application of a Multi-Household CGE Model

Authors:

Abstract

The poverty reduction strategy in Senegal has identified as one of the priorities, support to the agricultural sector. This strategy will be implemented in the context of a major reform of the groundnut sector of which liberalization is at the front and centre. As groundnut production in Senegal is the main livelihood of over one millions farmers and of which more then 80% are poor, it is of great importance to have a clear understanding of impacts of these reforms on poverty and income distribution. In this paper, we use a micro-simulation CGE model to analyse one policy reform and one potential induced effect of a second policy. The first simulation is a 50% reduction of import duties in edible oils which compete against locally produce groundnut oil. The second is a reduction of price paid to groundnut producer following the liberalization of the groundnut purchasing organizations. The CGE model was adapted to take into account specificities of the groundnut sector such as fixed prices for groundnut producers, non profit maximizing behaviour by the SONACOS (public monopoly that is responsible for the production of edible oil) with excess capacity and fixed labour and finally dual market opportunities of groundnut producers. This approach allows us to link the policies to microeconomic data at the household level as all households from the household survey are included in the CGE model. We apply FGT and Gini indices and results show that the first policy simulation has very small positive effects in terms of poverty, mainly through a drop in prices of goods and small negative impact on SONACOS. The second policy produced expected results of increasing poverty but surprisingly non-farm households were affected by this policy. This is related to the fact that laid off farmers moved to others sectors and pushing wages down significantly.
CIRPÉE
Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l’emploi
Cahier de recherche/Working Paper 04-06
Une analyse préliminaire d’impacts de la libéralisation de la filière
arachide au Sénégal: un modèle d’équilibre général calculable
multi-ménages
Dorothée Boccanfuso
François Joseph Cabral
Luc Savard
Avril/April 2004
_______________________
Boccanfuso: Économiste-consultante, Dakar, Sénégal
dboc@ecn.ulaval.ca ou dboccanfuso@yahoo.com
Cabral: Économiste-professeur, CREA-UCAD, Dakar, Sénégal
Joecabral7@hotmail.com
Savard: Chef d’équipe MIMAP-CRDI, Dakar, Sénégal
lsavard@idrc.org.sn
Cette recherche a été financée par le Fonds Monétaire International dans le cadre du pré-PSIA. Nous tenons à
remercier tous les acteurs de la filière arachidière sénégalaise qui ont participé à l’atelier de concertation du 11
avril 2003 (Dakar, Sénégal) pour leur importante contribution. Nous remercions Caroline Robb (FMI,
Washington), Quentin Wodon (Banque mondiale, Washington), Aline Codouel (Banque mondiale, Washington) et
Mayacine Camara (DPS, Sénégal) pour leur appui et commentaires.
Résumé:
La stratégie de réduction de la pauvreté au Sénégal va être mise en œuvre dans un
contexte de libéralisation des échanges commerciaux internationaux notamment
dans le secteur agricole et en particulier dans le secteur de l’arachide. Dans ce
contexte, nous avons développé un modèle d’équilibre général calculable micro-
simulé multi-ménages du type Decaluwé et al. (1999) permettant d’évaluer l’impact
que pourront avoir la libéralisation de la filière ainsi que la privatisation de la Société
Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS), politiques
prévues dans l’Accord Cadre sur les ménages et de faire le lien entre ces réformes
économiques, la pauvreté et la distribution de revenu. Ce modèle offre beaucoup de
flexibilité en permettant notamment de modifier la distribution des groupes cibles qui
n’ont pas à être retenus avant l’exercice de simulation afin d’effectuer l’analyse de
pauvreté et d’inégalité ex post à l’exercice de modélisation.
Keywords: Modèle d’équilibre général calculable, micro-simulation, analyse de
pauvreté, distribution de revenu, libéralisation commerciale, privatisation.
JEL Classification: D 5 8 , D31, F41, I32
2
I- Introduction..........................................................................................................................................3
II- Description du modèle .........................................................................................................................7
III- Résultats macroéconomiques .......................................................................................................12
Simulation 1 : Réduction des droits de douanes sur les huiles et corps gras importés de 50%.13
Simulation 2 : Réduction du prix aux producteurs d’arachide de 30%...................................14
IV- Résultats microéconomiques ........................................................................................................16
V- Conclusion ..........................................................................................................................................21
VI- Bibliographie .................................................................................................................................23
VII- Liste des accronymes.....................................................................................................................25
VIII- Annexes ..........................................................................................................................................26
3
I- INTRODUCTION
Les réformes et chocs externes affectant le secteur arachidier ont au Sénégal de larges effets
diffus sur l’économie et un impact important sur les ménages, en particulier ruraux. L’arachide
entretient, en effet, des liens inter-branches étroits avec les autres segments de l’économie tels
l’industrie et le transport. Elle fournit, d’une part, l’essentiel des demandes intermédiaires de
produits agricoles provenant des autres secteurs de l’économie (55,6%) et contribue davantage à
la formation de la valeur ajoutée de la sous-branche « agriculture » avec un apport de près de
29,2%. De plus, l’arachide se révèle être la culture la plus rentable. Sa profitabilité est en effet,
plus élevée que celle des céréales, principale culture alternative disponible aux agriculteurs du
bassin arachidier.
L’un des principaux atouts de cette graine provient de l’apport calorifique et protéinique apporté
par l’arachide et l’huile qui en est extraite, devenu au cours du temps nécessaire aux ménages
sénégalais. Selon les données fournies par Evers (1997), l’apport calorifique et protéinique de
l’arachide et l’huile d’arachide oscille autour de 28%. La contribution lipidique est encore plus
importante car elle se situe à 68%5. De plus, l’huile représente une denrée de première nécessité
qui occupe un poids important dans le budget des ménages sénégalais.
En plus d’être devenu au fil du temps une denrée de première nécessité, la culture de l’arachide6,
sa transformation artisanale et son commerce se révèlent être la source principale de revenus pour
de nombreux ménages ruraux7. L’arachide occupe une place prépondérante dans leur activité
agricole derrière le mil/sorgho. Ces deux cultures occupent environ 80% des terres cultivées au
Sénégal. Si près de 91% des ménages ruraux agricoles cultivent le mil/sorgho, plus de 73%
d’entre eux pratiquent la culture de l’arachide. Toutefois à la différence du mil ou du sorgho qui
sont des productions de subsistance, l’arachide est une culture attachée à des comportements
spéculatifs. De ce fait, l’arachide revêt à la fois un caractère vivrier et de rente.
Le plus grand nombre de ménages ruraux agricoles pratiquant la culture de l’arachide se retrouve
dans la zone du bassin arachidier constitué des régions de Kaolack, Fatick, Diourbel, Louga et
Thiès. La culture de l’arachide au Sénégal est ainsi concentrée dans cette zone qui représente
environ 1/3 des terres agricoles sénégalaises et emploie près de 2/3 de la population active dans le
secteur agricole (Akobundu, 1998). Le bassin arachidier s’étend sur plus de 220 Km du Nord au
Sud et plus de 200 Km d’Est en Ouest ; ceci représente environ 20% de la superficie totale du
pays. De plus, cette région fait l’objet d’une pression démographique soutenue. En effet, cette
zone concentre près de 61% de la population urbaine extérieure à l’agglomération de Dakar. Elle
4
polarise également une proportion non négligeable d’organisations paysannes. Aussi, toute action
infléchissant la stratégie régulant le secteur arachidier peut se révéler dès lors politiquement
sensible.
Au niveau du commerce international, alors que dans les années 60 les exportations d’arachides
représentaient plus de 80% des exportations globales du Sénégal, produisant ainsi plus de 23 % des
exportations mondiales, cette part est passée à 40% dans les années 70 pour finalement se situer
autour de 10% dans les années 90 (Freud et al., 1997). Initialement, le Sénégal exportait l’arachide
pour financer ses importations alimentaires et plus particulièrement les céréales (riz, blé). Depuis les
années 70, la baisse des prix mondiaux de l’arachide et des produits dérivés, les conditions
climatiques, les différents chocs économiques nationaux ou internationaux ainsi que l’apparition de
produits substituts sont autant de déterminants expliquant la diminution des exportations d’arachides
au Sénégal.
La forte prédominance de la culture d’arachide au Sénégal trouve son origine dans la période
précédant l’indépendance. C’est au cours de cette période qu’apparaissent les prémices d’une
stratégie de développement agricole axée autour de la culture d’arachide. Dès 1890, les autorités
coloniales introduisent l’arachide comme première culture dans l’actuel bassin nord arachidier.
Une Société Indigène de Prévoyance (SIP), la Farmer’s coops est ensuite créée pour faciliter
l’accès des agriculteurs à la graine d’arachide. En 1920, de grandes sociétés commerciales
françaises telles Buhan & Teisseire, Deves & Chaumet, Maurel & Prom, viennent appuyer la
production et la commercialisation de l’arachide au Sénégal.
Depuis la création des premières coopératives sénégalaises à la fin des années 40, le secteur n’a
cessé d’évoluer pour faciliter la distribution des semences, la commercialisation de l’arachide
ainsi que l’élaboration de nouvelles variétés plus performantes. Au milieu des années 60, l’Etat
détient le monopole de la vente de l’arachide et protège le secteur en imposant des droits de
douane ainsi que d’autres barrières non-tarifaires. En 1975, la Société Nationale de
Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) est créée avec l’objectif d’amoindrir
le pouvoir des étrangers sur le secteur des huileries. Après avoir obtenu le monopole du
commerce de l’huile dès 1978, toutes les usines livrant leur production ont été nationalisées. La
situation de la filière s’est dégradée au milieu des années 80, du fait de la présence quasi-
systématique du secteur public conduisant le pays dans une succession de déficits. Suite aux
politiques d’ajustement structurel, la SONACOS s’est retrouvée en concurrence avec des
semenciers privés.
5
A cette époque, la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCAS) est créée et considérée comme
un partenaire privilégié du monde rural. Cette nouvelle banque a un rôle essentiel dans le système
d’approvisionnement du monde rural en facteurs de production selon les principes de la Nouvelle
Politique Agricole (NPA). Cette politique ouvre la porte également aux Organismes Privés
Stockeurs (OPS). Ces nouveaux opérateurs privés sont à nouveau admis dans la collecte des
arachides ce qui a pour conséquence de mettre fin au monopsone des coopératives.
Entre 1987 et 1996, la filière arachidière a connu des difficultés et notamment une baisse de la
production, forçant la SONACOS à importer des huiles végétales brutes afin de satisfaire la
consommation nationale. Jusqu’en 2001, malgré l’augmentation de la production et la baisse des
intrants, la baisse des cours mondiaux associée à une mauvaise gestion de la SONACOS a
conduit à la signature de l’Accord Cadre. Cet Accord force l’Etat à s’engager dans la
libéralisation de la filière arachidière, au redressement de la situation financière de la SONACOS
et à sa privatisation. La SONAGRAINES8, filière de la SONACOS devait se désengager de la
collecte mais a finalement, en décembre 2001, été dissoute. Ceci devait permettre de
responsabiliser chacun des acteurs de la filière n’étant plus cachés derrière la SONAGRAINES
pour « cacher » leur déficit. Cette dissolution a cependant suscité de fortes réactions par rapport à
l’efficacité réelle des solutions alternatives mises en place. Des analyses d’impacts ex ante de
cette mesure sur les ménages pauvres auraient certainement pu faciliter la transition entre une
situation prévalant depuis les années 80 et celle initiée par les réformes.
Plusieurs réformes ont ainsi été mises en place dans ce secteur avec des résultats variables. La
privatisation de la SONACOS prévue dans l’Accord Cadre, continue de diviser les différents
acteurs de la filière9. Cette incertitude est due non seulement à la complexité de la filière mais
aussi au manque d’analyse quant à l’efficacité des politiques mises ou à mettre en œuvre et leurs
impacts sur la pauvreté. L’analyse du lien entre la réforme du secteur et son impact au niveau des
populations est essentielle pour juger de l’efficacité des politiques.
Les modèles EGC ont traditionnellement été utilisés dans ce sens pour analyser l’impact de chocs
exogènes et leurs conséquences sur la distribution des revenus. Ces modèles sont les seuls outils
dont les contraintes macroéconomiques permettent de faire le lien rigoureux avec l’analyse de
pauvreté. Ces modèles structurels permettent d’introduire un grand nombre de caractéristiques
particulières aux économies analysées en décomposant les branches d’activités économiques et
les ménages représentatifs. Ils permettent d’analyser l’impact des réformes économiques et de
faire le lien avec le revenu des ménages à un niveau très désagrégé permettant ainsi de réaliser
des analyses de pauvreté et d’inégalité décomposées. Il s’agit d’un exercice de statique
6
comparative permettant d’évaluer l’impact d’une réforme sur de nombreuses variables
macroéconomiques tel le PIB, l’épargne et le revenu de l’Etat, la balance des opérations
courantes, les investissements sur des variables microéconomiques tel le revenu des ménages et
des entreprises, la production sectorielle.
Au début des années 80, les premiers auteurs, Adelman et Robinson (1979) pour la Corée, suivis
de Dervis et al. (1982) et Gunning (1983) au Kenya ont commencé à utiliser les modèles EGC
pour analyser les questions de distribution de revenu. Par la suite, au début des années 1990, sous
la houlette de l’OCDE, plusieurs travaux dont ceux de Thorbecke (1991), de Janvry et al. (1991),
Bourguignon et al. (1991) et Morrisson (1991) ont été réalisés pour évaluer l’impact des
programmes d’ajustement structurel sur la distribution de revenu. Le premier article dans lequel
est introduit une analyse des mesures de pauvreté est celui de Chia et al. (1994) qui combinent un
modèle EGC appliqué à la Côte d’Ivoire aux calculs des indices FGT.
Plus récemment, une nouvelle vague de chercheurs a tenté d’aller plus loin en mettant l’analyse
de la pauvreté au centre des objectifs de recherche. Ceci a notamment permis de mettre en
exergue la relation existante entre les politiques économiques, les niveaux de pauvreté et la
distribution de revenu. Nous pouvons citer Decaluwé et al. (1999a), Decaluwé et al. (1999b),
Cockburn (2001), Agenor et al. (2001), Cogneau et Robilliard (2000), Colatei et Round (2000)
Bourguignon et al. (2002), Boccanfuso et al. (2003a), Savard (2003a, b).
Nous pouvons classer les travaux cités ci-dessus en trois grandes catégories. Dans le premier
groupe, le travail consiste à construire un modèle avec agents représentatifs et utiliser les
enquêtes ménages pour estimer ou tracer les distributions de revenu associées aux ménages
représentatifs retenus. Suite à des simulations de politiques économiques, de nouvelles
distributions de revenu sont obtenues et comparées à la situation de référence. Certains auteurs de
ce premier groupe limitent leurs travaux à la comparaison de la variation des revenus du ménage
représentatif pour formuler leurs conclusions sans travailler avec les distributions de revenu. Les
chercheurs du second groupe utilisent les modèles d’EGC avec agent représentatif pour faire de
l’analyse de pauvreté. L’exercice consiste à calculer les revenus après simulation pour chacun des
ménages représentatifs et utiliser les données d’enquêtes ménages pour évaluer les indices de
pauvreté avant et après simulation. Généralement, ces auteurs supposent que tous les revenus à
l’intérieur d’un même groupe cible varient de manière identique. Cette approche permet
notamment de calculer des indices décomposables FGT pour chacun des groupes de ménage
retenus dans le modèle. Toutefois, cette approche a été critiquée dès 1982 par Dervis et al.
prétextant que la variance intra-groupe n’était pas prise en considération dans cette approche10.
7
Selon Huppie et Ravaillon (1991) et Ravaillon et Chen (1997), cette variance peut se révéler plus
importante que la variance inter-groupes. Pour palier à ce problème Decaluwé et al. (1999b),
Cogneau et Robillard (2000), Cockburn (2001) et Boccanfuso et al. (2003a) proposent d’utiliser
un plus grand nombre de ménages dans le modèle voire l’ensemble des ménages des enquêtes
ménages afin de pouvoir capter les deux types de variance (intra et inter-groupes) pour l’analyse
de pauvreté et d’inégalité. Il s’agit du troisième groupe de chercheurs. Alors que le modèle
conventionnel permet seulement de simuler l’impact d’un choc sur cet agent représentatif, à l’aide
de cette dernière approche, il est désormais possible de générer des distributions de revenu pour
chaque groupe cible et permettre ainsi de lever cette hypothèse de variance intra-groupe nulle.
L’objet de la présente recherche est d’évaluer l’impact des réformes planifiées dans l’Accord
Cadre telle la libéralisation de la filière et la privatisation de la SONACOS sur l’économie
sénégalaise et les principaux acteurs de la filière. L’analyse d’impacts de politique doit non
seulement considérer l’interrelation entre les secteurs et les conséquences en terme de prix relatifs
mais aussi l’effet sur les populations vulnérables grâce à l’identification de groupes cibles. C’est
précisément ce qui est fait dans ce travail via un modèle d’équilibre général calculable (EGC)
multi-ménages intégré11.
Quatre sections suivent cette introduction. Après avoir décrit le modèle (section II), nous
simulons deux politiques et analysons les résultats macroéconomiques (section III) puis
microéconomiques (section IV) au travers d’une analyse de pauvreté et d’inégalité pour le
Sénégal et sept groupes ciblés. La section V présente les conclusions de la recherche.
II- DESCRIPTION DU MODELE
Le mécanisme de transmission des politiques économiques ou chocs externes sur le niveau de
revenu des ménages se fait au travers des variations de prix des biens affectant le coût du panier
de consommations et plus significativement le prix de la rémunération des facteurs de production.
Par contre, la dotation initiale en facteur de production (travail et capital) ainsi que le niveau
d’emploi et les transferts endogènes entre agents sont aussi très importants. Dans cette version du
modèle, les dotations en facteur sont exogènes.
De plus, les transferts entre agents sont considérés endogènes. Les ménages fortement dépendants
de ces transferts se révèlent donc être très vulnérables à toute variation de cette variable. Pour
illustrer le mécanisme, nous avons des ménages donneurs nets de transferts et des ménages
receveurs nets de transferts. Les donneurs nets contribuent à un « pool » de transferts qui varie en
fonction des variations de revenus des donneurs nets. Les receveurs nets seront ainsi affectés
positivement ou négativement par ces variations dans le modèle. De plus, dans ce travail, nous
8
proposons d’augmenter le nombre de branches de production afin d’enrichir l’analyse comme
cela à été fait dans Boccanfuso et al. (2003a, b).
Le modèle présenté ici est construit à partir du modèle Boccanfuso et al. (2003b) dans lequel
nous avons modifié les comportements des agents de la filière arachide afin de refléter le plus
fidèlement possible les principaux mécanismes de marché qui régissent la filière. C’est donc un
modèle d’une petite économie ouverte avec les prix mondiaux des importations et exportations
exogènes au modèle et une demande des exportations infiniment élastiques. Nous posons
l’hypothèse d’Armington (1969) pour les demandes d’importation. De plus, nous reprenons la
forte désagrégation des ménages afin d’inclure dans le modèle l’ensemble des ménages de
l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM-I, 94-95) de manière à pouvoir effectuer les
analyses de pauvreté et d’inégalité. Précisons que de nombreuses modifications ont été apportées
au modèle Boccanfuso et al. (2003b) car celui-ci n’intégrait pas d’éléments spécifiques quant au
fonctionnement de la filière arachide au Sénégal. Il fallait donc commencer par intégrer les
principales caractéristiques de fonctionnement du marché liées à cette filière. L’objectif principal
est de mettre en relief l’importance des interactions entre la filière et les autres branches de
l’économie ainsi que les liens entre les agrégats macroéconomiques et les indices de pauvreté et
d’inégalité des groupes de la population sénégalaise en fonction de zones géographiques et du
type d’occupation du chef de ménage.
Nous décrivons premièrement le modèle de manière générale avant de spécifier la modélisation
de la filière arachide. Tout d’abord, la production est déterminée par un système à trois niveaux :
la production totale de la branche (XS) composée de parts fixes de la valeur ajoutée (VA) et des
consommations intermédiaires (CI). La relation déterminant le niveau de la VA est une fonction
de type Cobb-Douglas entre travail composite (LD) et capital (KD). Le travail pour sa part se
compose de deux éléments que sont le travail qualifié et le travail non-qualifié et le choix de
combinaisons de ces deux facteurs est déterminé par une fonction de type CES. Cette hypothèse
implique que des changements dans les salaires relatifs entre les deux types de travail vont
amener le producteur à modifier le ratio entre les deux groupes de travailleurs sous les contraintes
liées aux besoins de la production. Les consommations intermédiaires sont modélisées comme
des parts fixes à partir des coefficients input - output calculés sur la base de la MCS. Cette
modélisation est assez classique dans ce type de modèle.
Les principales hypothèses que nous avons introduites dans cette version du modèle sont la fixité
du prix au producteur, la fixité du prix payé par la SONACOS pour la graine, la marge de
commercialisation des Organismes Privés Stockeurs (OPS) admis dans la collecte des arachides,
9
la dualité du marché de vente pour les producteurs (marché parallèle et à la SONACOS), le
comportement de non-maximisation des profits et de surcapacité de production de la SONACOS.
L’introduction de ces hypothèses a nécessité d’importantes modifications au niveau du modèle. Si
nous commençons par la SONACOS, sa production sera principalement déterminée par la
quantité de graines qu’elle pourra acheter par l’intermédiaire des OPS. La quantité de graines
utilisée dans la production des huiles déterminera directement la quantité d’intrants
(consommations intermédiaires) nécessaire à la production de l’huile.
De plus, le nombre de travailleurs de la SONACOS est supposé exogène ainsi que son capital
physique de production en place. Ces deux derniers éléments représentent en quelque sorte les
coûts fixes de la SONACOS. Nous pouvons rapidement voir que si elle n’arrive pas à acheter
suffisamment de graines, elle fera un déficit. Afin d’éviter de telles situations de déficit, elle peut
« jouer » sur le prix qu’elle offre aux producteurs pour les graines. Le prix au producteur
d’arachide offert par la SONACOS va déterminer la quantité que les producteurs vont offrir aux
acheteurs (OPS) car le choix de vendre sur le marché parallèle ou à la SONACOS est déterminé
par une fonction de type CET. Cette fonction permet d’illustrer à la fois l’arbitrage que le
producteur fait en fonction des prix qu’il peut recevoir sur les deux marchés mais aussi les
contraintes techniques auxquelles il est soumis12. Les éléments clés de ces fonctions de
comportement sont l’élasticité de transformation et le niveau de départ observé dans la MCS13.
Les équations de revenu des agents sont cohérentes avec la structure présentée dans la MCS. Le
revenu des ménages se compose des rémunérations des facteurs détenus tel le travail qualifié et
non qualifié, le capital/terre et les dividendes. Les autres sources de revenus sont des transferts
des autres agents (Gouvernement, autres ménages et reste du monde). Le revenu des entreprises
est le solde de la rémunération du capital non versé aux ménages auquel s’ajoute des subventions
de l’Etat et les transferts du reste du monde. Comme nous l’avons dit plus tôt, nous avons ajouté
l’agent « OPS » qui perçoit la marge commerciale sur l’achat de graines auprès du producteur et
nous supposons que les revenus de cette activité sont épargnés par les OPS14.
Les recettes de l’Etat proviennent des taxes à la production, des droits de douane, des impôts des
ménages et entreprises et des transferts du reste du monde (aide budgétaire). L’Etat dépense son
budget sous différentes formes telle la consommation du bien publique, les transferts aux
ménages et les transferts au reste du monde. Nous avons de plus supposé que les surplus de la
SONACOS sont versés à l’Etat et ses déficits sont payés par l’Etat.
10
Le bloc des prix est assez standard. Nous utilisons comme indice des prix un déflateur du PIB et
comme nous l’avons vu plus haut, les prix internationaux (importations et exportations) sont
exogènes et par conséquent le pays n’exerce aucune influence sur les prix mondiaux.
Les conditions d’équilibre du modèle sont aussi standards pour les marchés des biens hors
arachide. Le marché des biens s’équilibre avec un ajustement du prix du marché de chacun des
biens. Toutefois, dans le cas de l’arachide, il y a deux marchés distincts. Le marché parallèle se
comporte comme les autres marchés des biens avec le prix du marché qui équilibre l’offre et la
demande. Cependant, sur le marché officiel nous avons un prix fixe qui détermine l’offre du
producteur. La demande de la SONACOS s’ajuste en fonction de cette offre des producteurs. Le
marché du travail est parfaitement segmenté et s’équilibre avec des fluctuations du salaire
nominal respectif à chacun des marchés (qualifié et non-qualifié). Il est donc possible pour les
travailleurs de passer d’une branche à l’autre mais sans passer d’un marché à l’autre. Ajoutons
que l’offre de travail sur chacun des marchés est fixe et qu’il n’y a pas de chômage15. Nous avons
retenu l’hypothèse de fixité du capital dans l’ensemble des branches de production. La balance
des opérations courantes est fixe et par conséquent le taux de change nominal s’ajuste pour
équilibrer ce marché. Pour ce qui est de l’équilibre épargne - investissement, l’investissement
total s’ajuste à la somme des épargnes des agents de l’économie.
Rappelons qu’un de nos objectifs est de voir l’impact sur des variables ayant un impact sur la
pauvreté à savoir le vecteur de rémunération des facteurs et le prix des biens. Le modèle compte
neuf branches de production et neuf biens et par conséquent nous avons neuf prix du marché des
biens. Nous avons aussi un vecteur de sept rémunérations du capital et deux rémunérations du
travail (qualifié et non-qualifié). L’enquête ménage nous informe sur la structure de
consommation et les dotations des facteurs au niveau des ménages. Le niveau de désagrégation
nous permet de générer d’importantes variations de revenu et de dépenses d’un ménage à l’autre.
La procédure retenue pour effectuer l’analyse de pauvreté et d’inégalité est celle habituellement
utilisée dans le contexte des modèles d’équilibre général calculable multi-ménages et de pauvreté.
Après avoir identifié les groupes cibles16 pour la période de référence et après les simulations,
l’étape suivante consiste à calculer et comparer les indices de pauvreté et d’inégalité. Les indices
choisis sont respectivement pour la pauvreté et l’inégalité, les indices de Foster, Greer et
Thorbecke (F-G-T), P
α
et de Gini.
Les indices de pauvreté FGT sont additivement décomposables ce qui en fait des indices
intéressants dans le cadre de cette analyse et permettent de mesurer la proportion de pauvre dans
11
la population mais aussi la profondeur et la sévérité de cette pauvreté. Les indices P
α
se calculent
à partir de l’équation suivante :
α
α
=
=q
iz
i
yz
P
1
(1)
α
est un paramètre caractérisant le degré d’aversion à la pauvreté, z est le seuil de pauvreté, yi
est le revenu des ménages et q est le nombre de ménages pauvres autrement dit en deçà du seuil
de pauvreté. Lorsque α = 0, P
α
représente la proportion de ménages dans un groupe ou dans
l’ensemble de la population sous la ligne de pauvreté. Si α = 1, l’importance relative accordée à
tous les ménages sous ce seuil de pauvreté est proportionnelle à leurs revenus représentant ainsi le
fossé de pauvreté. D’une manière générale, plus α augmente et plus l’importance accordée aux
plus pauvres est élevée17.
Comme nous l’avons entrevu dans la section précédente, la ligne de pauvreté est elle-même
déterminée de manière endogène par le modèle d’EGC tel que proposé par Decaluwé et al. 1999.
Nous supposons donc que la ligne de pauvreté est déterminée à partir d’un panier de biens
reflétant les besoins de base conformément à l’approche de la pauvreté absolue (Ravallion, 1994).
Soit p
i
ϖ
ce panier qui sera supposé invariant entre la situation de référence et après simulation. De
plus, nous supposons que ce panier de besoins de base est le même pour l’ensemble des ménages
et pour tous les groupes-cibles choisis.
Ainsi, le seuil de pauvreté monétaire est obtenu en multipliant chacun des biens du panier par leur
prix respectif )( i
Pq et en sommant sur l’ensemble des biens tel que :
i
i
p
iPqz
=
ϖ
(2)
Puisque les prix sont déterminés de manière endogène dans le modèle, la valeur nominale de ce
panier de besoin de base représentant la ligne de pauvreté, sera aussi endogène. Ainsi, une
augmentation des prix des biens du panier suite à un choc externe entraînera une augmentation de
la pauvreté ceteris paribus.
La pauvreté et l’inégalité sont généralement étudiées simultanément. L’analyse d’inégalité fait
souvent appel à des représentations graphiques telle la courbe de concentration de Lorenz. Cette
dernière fait le lien entre les parts cumulées de la dépense (en % sur l’axe vertical) et les parts
cumulées de la population (en % sur l’axe horizontal). La courbe de Lorenz est un outil
12
intéressant car elle permet de comparer l’inégalité des niveaux de vie entre divers groupes ou
différentes distributions. Toutefois, pour que cette comparaison soit valide, il faudra s’assurer que
les courbes de Lorenz ne se coupent pas. Dans le cas où il y aurait au moins une intersection entre
les courbes, l’analyste devra avoir recours à une mesure quantitative, dont l’indice de Gini est un
exemple.
En effet, la mesure quantitative d’inégalité liée à la courbe de Lorenz est l’indice de concentration
de Gini, noté G. L’indice de Gini18 mesure l’écart entre la courbe de Lorenz et la droite de
l’égalité parfaite. G est un scalaire indiquant le degré de concentration de la distribution des
niveaux de vie et il est compris entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité totale).
La matrice de comptabilité sociale utilisée pour cette analyse est une version de la matrice
construite par Diagne et al. (2002) et modifiée par Boccanfuso, et al. (2003b) pour introduire
l’ensemble des ménages de l’ESAM 95. Les principales modifications introduites dans la matrice
Boccanfuso et al. (2003b) sont l’agrégation de la branche élevage avec la branche agricole, de la
branche commerce avec la branche service marchand et la désagrégation de la branche arachide
dans la branche agricole. L’indicateur choisi pour approcher la pauvreté monétaire et les
inégalités est la dépense par équivalent adulte19.
Ainsi, l’analyse de pauvreté et d’inégalité sera faite sur la base des trois indices présentés dans un
premier temps pour la situation de référence puis après simulation. Ceci nous permettra de
conclure sur l’impact des politiques simulées sur les groupes ciblés au terme de l’exposé des
résultats.
III- RESULTATS MACROECONOMIQUES
Dans la section suivante, deux simulations de politiques économiques proposées dans le cadre de
la libéralisation de la filière ou d’effets induits par la libéralisation ont été réalisées afin d’évaluer
leurs impacts tant au niveau macroéconomique qu’au niveau des ménages. Grâce à ces deux
politiques, nous cherchons dans un premier temps à mesurer l’effet de la libéralisation de la filière
puis à analyser les impacts de la privatisation de la SONACOS.
La première simulation retenue est une réduction de 50% des droits de douanes sur les huiles et
corps gras importés qui rendra les huiles importées plus compétitives sur le marché domestiques
et permettra aux ménages d’avoir accès à des huiles à un prix inférieur au prix de la situation de
référence. Cette politique aura des conséquences négatives sur la SONACOS qui sera moins
compétitive sur le marché local. La deuxième simulation est plutôt un effet induit que pourrait
entraîner la privatisation de la SONACOS. Nous supposons qu’à court ou moyen terme, le
13
repreneur de la SONACOS dans le cadre de la privatisation choisit de maintenir ses capacités
excédentaires de production mais décide de réduire le prix payé au producteur afin de mieux
rentabiliser sa production. Ceci lui octroie des marges plus élevées sur les ventes d’huile.
Dans un premier temps, nous analysons les effets sur les principales variables macroéconomiques
et sectorielles générés par le modèle d’équilibre général calculable multi-ménages. Ceci va nous
permettre de mieux comprendre la source des impacts sur les différents groupes de ménages
retenus dans le cadre de l’analyse des effets sur la pauvreté et les inégalités.
SIMULATION 1 : RÉDUCTION DES DROITS DE DOUANES SUR LES HUILES ET
CORPS GRAS IMPORTÉS DE 50%.
La production d’huile locale diminuant, les effets d’équilibre général se transmettent
principalement par la baisse du prix aux consommateurs de l’huile et par une augmentation des
importations d’huile sous l’hypothèse de fixité des facteurs. Ces effets établissent une pression
sur le taux de change (e) qui s’apprécie de 0,07% pour équilibrer la balance des opérations
courantes. Nous constatons que de manière générale, les effets macroéconomiques sont
relativement faibles (Tableau 1).
Tableau 1 : Quelques résultats macro-économiques du modèle EGC
Variables Base
Simulation 1
-50% DD
Huiles
Simulation 2 -
30% Prix au
Producteur
s 1,00 0,02 0,24
sn 0,50 -0,05 -2,18
yg 59,41 -0,47 2,15
sg 7,95 -3,52 16,07
ye 106,03 0,02 -0,08
yops 0,87 0,04 -47,24
it 97,99 -0,26 1,04
PIB 21056,48 0,00 0,01
e 1,00 0,07 1,20
Y-SONACOS -0,37 -0,02 -3,62
Sources : Calculs faits par les auteurs à partir de la MCS 96 et
GAMS ide.
De plus, puisque le prix de l’huile importée diminue, la SONACOS devra impérativement réduire
ses prix pour écouler ses stocks d’huile produite. Toutefois, comme elle importe une forte
14
proportion d’huile végétale, elle tire aussi profit de la réduction du prix de son intrant à la
production. Ceci lui permet de faire des économies sur ses coûts de production et par conséquent,
les pertes de revenu générées par le prix du marché plus faible sont compensées en partie par la
réduction du coût des huiles importées. Ceci implique une baisse marginale du déficit de la
SONACOS (Y-SONACOS) (-0,02%). Les effets macroéconomiques les plus accentués de cette
politique sont ceux liés au budget de l’Etat (yg). Ce dernier voit ses recettes diminuer de 0,47% et
son épargne (sg) baisser de 3,52%. La réduction des recettes et de l’épargne de l’Etat s’explique
par les pertes de recettes des droits de douanes associées à la politique. La baisse de l’épargne de
l’Etat est à l’origine de la baisse de l’investissement total (it) dans l’économie 0,26%.
Au chapitre des variables d’intérêt liées au revenu des ménages, il est important de s’intéresser à
l’évolution du prix des facteurs. Le salaire qualifié (s) augmente marginalement de 0,02% et le
salaire non-qualifié (sn) diminue de 0,05%. Cet effet est principalement dû au fait que cette
politique profite plus aux secteurs intensifs en travailleurs qualifiés. Les secteurs intensifs en
travail non-qualifié sont moins favorisés par cette politique.
Du point de vue des résultats sectoriels (Tableau 2), nous obtenons des rémunérations de facteurs
spécifiques à chacune des branches de production (r) puisque nous avons posé l’hypothèse de
fixité de ce facteur à court/moyen terme20.
Les deux secteurs qui bénéficient le plus de cette politique au niveau de la rémunération du
capital sont les autres industries alimentaires (0,22%) et les industries extractives (0,10%).
Comme nous l’avions anticipé, la branche de l’arachide est affectée négativement (-0,15%). Les
autres branches négativement affectées sont les branches de la pêche (-0,12%) et le secteur
agricole (-0,09%) bien que ces baisses restent faibles. C’est principalement en raison de ces
variations constatées dans la rémunération des facteurs que seront affectés les ménages en terme
de pauvreté.
Finalement, en terme de production sectorielle, ce sont les secteurs de la pêche et de l’arachide
qui sont négativement affectés par cette politique tandis que les secteurs des autres industries
alimentaires et des industries extractives réagissent positivement à cette politique. Les autres
secteurs connaissent des variations très faibles.
SIMULATION 2 : REDUCTION DU PRIX AUX PRODUCTEURS D’ARACHIDE DE 30%
Les recettes de la SONACOS (Y-SONACOS)21 augmentent de façon significative. Ceci peut
expliquer la progression du produit intérieur brut (PIB) de l’économie même si celle-ci reste très
faible (+0,01%)22. Le passage du déficit de la SONACOS à une situation de bénéfice profite
15
significativement aux comptes de l’Etat qui voit ses revenus (yg) s’améliorer de 2,15% et son
épargne (sg) de 16,07%. La catégorie des organismes privés de stockage (OPS) se révèle être l’un
des perdants de cette politique. En effet, leurs revenus (yops) fondent de 47,24% suite à la forte
baisse de l’offre des producteurs d’arachide à la SONACOS. Quant à l’investissement (it), il
augmente de 1,04%. Cette hausse est principalement générée par la forte augmentation de
l’épargne de l’Etat. Les variations constatées dans la rémunération des facteurs sont plus fortes
que dans la première simulation. Nous observons une baisse du salaire non-qualifé (sn) assez
importante (2,18%) et une légère augmentation du salaire qualifié (s) de 0,24%.
Tableau 2 : Quelques résultats sectoriels du modèle EGC
Variables
branches Base
Simulation 1
- 50% DD
Huiles
Simulation 2
-30% PP
Va Valeur ajoutée Agriculture 34,93 -0,01 0,31
Va Valeur ajoutée pêche Ind. 4,98 -0,05 1,23
Va Valeur ajoutée arachide 7,35 -0,03 -6,00
Va Valeur ajoutée Autre alim. 14,29 0,04 0,40
Va Valeur ajoutée Ind. Extractive 3,19 0,01 0,20
Va Valeur ajoutée Autre ind. 29,78 0,00 0,45
Va Valeur ajoutée autre serv. 97,06 0,00 0,04
Va Valeur ajoutée serv. Non-march. 21,11 0,00 0,02
Xs Production SONACOS 9,82 0,04 -22,54
dia Cons. Interm.
Arachide SONACOS 4,42 0,04 -24,62
pq Prix du marché Agriculture 1,03 -0,04 -0,46
pq Prix du marché pêche Ind. 1,00 -0,06 -0,32
pq Prix du marché arachide 1,00 -0,14 -0,31
pq Prix du marché SONACOS 1,09 -5,57 7,64
pq Prix du marché Autre alim. 1,10 -0,06 0,20
pq Prix du marché Ind. Extractive 1,01 0,05 1,22
pq Prix du marché Autre ind. 1,14 0,01 0,76
pq Prix du marché autre serv. 1,01 -0,03 -0,17
pq Prix du marché serv. Non-march. 1,00 0,00 -0,02
pp Prix au producteur arachide 0,80 0,00 -30,00
r Rendement du cap. Agriculture 1,00 -0,09 -0,97
r Rendement du cap. pêche Ind. 1,00 -0,12 0,87
r Rendement du cap. Arachide 1,00 -0,15 -18,42
r Rendement du cap. Autre alim. 1,00 0,22 1,28
r Rendement du cap. Ind. Extractive 1,00 0,10 2,31
r Rendement du cap. Autre ind. 1,00 -0,02 1,50
r Rendement du cap. autre serv. 1,00 0,01 -0,33
Sources : Calculs faits par les auteurs à partir de la MCS 96 et GAMS ide.
16
Au niveau des effets sectoriels, la rémunération du capital (r) du secteur de l’arachide connaît une
très forte baisse (-18,42%). Les deux autres secteurs affectés négativement par cette politique au
niveau de la rémunération du capital sont la branche agricole qui voit sa rémunération diminuer
de 0,97% et les services non-marchands (-0,33%). Les secteurs « industrie extractive », « autres
industries », « autres industries alimentaires » et « pêche industrielle » voient leur rémunération
augmenter respectivement de 2,31%, 1,50%, 1,28% et de 0,87%. Ainsi, les ménages dotés de
travail non-qualifié et de capital dans les secteurs agricoles et de l’arachide seront négativement
affectés par cette politique. Par contre, les ménages dotés en travail qualifié et en capital dans les
branches industrielles seront les grands bénéficiaires de cette politique. Il convient aussi de
relever que l’augmentation de 0,18% du seuil de pauvreté pourra atténuer les effets positifs
générés par des augmentations de revenu chez certains ménages.
Du côté de l’offre, la SONACOS réduit sa production (XS) de 22,54% tandis que la branche
« arachide » diminue son offre (VA) de 6,00%. Ce sont de loin les deux branches qui subissent les
plus fortes baisses de production. Toutes les autres branches voient leur niveau de production
augmenter. La branche de la « pêche industrielle » connaît une augmentation de l’ordre de 1,23%
suivie par la branche des « industries extractives » (0,45%) et des « autres industries
alimentaires » (0,40%). Du fait de la forte baisse de production d’huile par la SONACOS, son
prix subit forcément une importante augmentation (7,64%). Les autres branches qui voient leur
prix augmenter sont les industries extractives (1,22%) et les autres industries (0,76%). Les baisses
de prix les plus fortes sont observées dans les branches « agriculture » (-0,46%), « pêche
industrielle » (-0,32%) et « arachide » (-0.31%).
Nous observons, par ailleurs, une réduction de l’offre de graines des producteurs d’arachide à la
SONACOS de 24,62% (dia) qui se révèle être beaucoup plus forte que la réduction de la
production de la filière arachide (-6,00%). Ceci s’explique par le fait que les producteurs
d’arachide peuvent écouler une partie de leur production sur le marché parallèle23.
Les résultats au plan macroéconomique et sectoriel des chocs issus des deux politiques simulées
vont avoir des implications distinctes en terme de redistribution des revenus. Il est par
conséquent, important d’analyser l’impact en terme de pauvreté et d’inégalité de ces politiques
pour les sept groupes ciblés mais aussi à l’échelle nationale.
IV- RESULTATS MICROECONOMIQUES
Afin de mieux cibler les impacts des politiques simulées, nous avons décomposé les 3278
ménages enquêtés en 7 groupes distincts pour les fins de l’analyse de pauvreté et d’inégalité24 : 1)
ménages vivant dans le bassin arachidier et dont le chef de ménage est un agriculteur (BA -
17
Agr) ; 2) ménages vivant dans bassin arachidier et dont le chef de ménage n’est pas un
agriculteur (BA - Non agr) ; 3) ménages vivant en Casamance et dont le chef de ménage est un
agriculteur (Casam – Agr); 4) ménages vivant en Casamance et dont le chef de ménage n’est pas
un agriculteur (Casam - Non Agr); 5) ménages vivant dans les autres régions sénégalaises et
dont le chef de ménage est un agriculteur (Autres Zones – Agr) ; 6) ménages vivant dans les
autres régions sénégalaises et dont le chef de ménage n’est pas un agriculteur (Autres Zones -
Non Agr) ; 7) ménages vivant à Dakar (Dakar )25.
A la situation de référence, il apparaît que les agriculteurs qui se trouvent dans les zones
arachidières sont majoritairement pauvres. En effet, plus de 83% des ménages agriculteurs situés
dans le bassin arachidier et en Casamance sont pauvres. Cette proportion est inférieure à 80%
dans les autres zones productrices d’arachide (78,23%). Les ménages dont le chef n’est pas un
agriculteur se situent pour leur part dans la moyenne nationale et même en deçà de celle-ci pour
les ménages vivant dans le bassin arachidier. De son côté Dakar compte 20,12% de ménages
pauvres.
Tableau 3 : Indices FGT pour la situation de référence /groupe
BA-Agr BA –
Non agr
Casam -
Agr
Casam-
Non Agr
Autres
Zones -
Agr
Autres
Zones -
Non Agr
Dakar SEN
FGT0
83,19% 53,75% 83,97% 58,87% 78,23% 59,50% 20,12% 57,85%
FGT1 32,58% 18,63% 37,73% 23,56% 31,50% 20,41% 4,54% 21,60%
Situation de
Référence
FGT2 16,15% 8,49% 20,29% 11,91% 15,94% 9,86% 1,46% 10,51%
Sources : Calculs faits par les auteurs à partir d’ESAM 1995 avec le logiciel DAD 4.2.
Du point de vue de la profondeur et de la sévérité, les tendances restent les mêmes puisque les
ménages les plus touchés sont ceux vivant dans les trois zones arachidières ciblées et producteurs
d’arachides.
Au niveau de l’analyse d’inégalité basée sur les indices de Gini, il ressort que les groupes les plus
égalitaires sont précisément les groupes ayant les taux de pauvreté les plus élevés à savoir les
ménages agriculteurs du bassin arachidier et ceux de Casamance. A contrario, les groupes de
ménages subissant la pauvreté dans des proportions moindres sont plus inégalitaires. C’est le cas
des ménages non agricoles casamançais et ceux du bassin arachidier. Les ménages agriculteurs de
18
la troisième zone arachidière subissent quant à eux un niveau d’inégalité sensiblement identique à
celui des ménages non agricoles de la même zone (0,360 contre 0,354). Il ressort également de
l’analyse une inégalité marquée à travers tout le pays avec un indice de Gini supérieur à 0,481
alors qu’à Dakar, il s’établit à 0,477.
Tableau 4 : Indice de Gini /groupe
BA-Agr BA - Non
agr
Casam –
Agr
Casam-
Non Agr
Autres
Zones - Agr
Autres
Zones - Non
Agr
Dakar SEN
0,272 0,439 0,309 0,504 0,360 0,354 0,477 0,481
Source : ESAM 1995, Réalisé avec le logiciel DAD 4.2.
Ainsi, cette analyse de pauvreté et d’inégalité met en évidence une pauvreté accrue chez les
ménages agricoles vivant dans les zones arachidières avec des taux bien au-delà du niveau
national contrairement aux ménages dont les revenus proviennent d’autres secteurs d’activités
dans ces mêmes zones. La tendance est généralement inversée du point de vue des inégalités chez
les ménages hormis le groupe des ménages agriculteurs des autres zones arachidières dont le
niveau d’inégalité est le même que celui des ménages non agricoles.
A présent, analysons l’impact des deux politiques simulées sur chacun des groupes et au niveau
national en terme de pauvreté et d’inégalité. Commençons par analyser l’effet des politiques sur
le seuil de pauvreté. L’effet des deux scénarios simulés sur le seuil de pauvreté est faible et les
sens de variation distincts. En effet, dans le cas de la réduction de 50% des droits de douane sur
l’huile et les corps gras, la valeur du panier des biens de base baisse de 0,52% alors que dans le
cas d’une réduction de 30% du prix au producteur de l’arachide, la valeur de ce même panier
augmente de 0,18%.
Tableau 5 : Seuils de pauvreté avant et après simulations
Seuil de pauvreté (FCFA/an)
Base sim1 sim3
143080,01 142342,50 143548,70
Variation -0,52% 0,18%
Source : Calcul des auteurs
L’impact d’une réduction de 50% des droits de douane sur les huiles et corps gras importés sur la
pauvreté est positif bien que marginal. En effet, le groupe « autres zones, non-agriculteurs » voit
son taux de pauvreté diminuer de près de 2% (-1,98%). Dakar suit avec une diminution d’à peine
19
un peu plus de 1% (1,05%). Les deux groupes du bassin arachidier connaissent eux aussi une
légère baisse de la pauvreté avec un impact plus important pour le groupe agricole. Seuls les
groupes de ménages casamançais ne connaissent aucun changement dans leur niveau de pauvreté.
Cette diminution de la pauvreté est amplifiée par la faible variation du seuil de pauvreté qui n’est
que de 0,52% par rapport au seuil de référence. Aussi, il ressort que cette politique aurait des
effets bénéfiques plus importants pour les chefs de ménage non-agricole.
La tendance des impacts sur les indices de profondeur et de sévérité diffère de celle du taux de
pauvreté. En effet, alors que le groupe des ménages agriculteurs vivant dans les autres zones
arachidières connait la plus forte baisse en terme de pauvreté, la diminution de la sévérité et de la
profondeur est plus forte pour les ménages dakarois suivi des ménages non agricoles du bassin
arachidier.
Tableau 6 : Indices de pauvreté et variation après simulation
BA-
Agriculteu
r
BA -
Non
agricul
teur
Casamance
-
Agriculteur
Casamance
- Non
Agriculteur
Autres
Zones -
Agriculteur
Autres
Zones - Non
Agriculteur Dakar SENEGAL
FGT0 82,6 53,4 83,97 58,87 77,84 58,32 119,91 57,46
Variation -0,71% -0,65% 0,00% 0,00% -0,49% -1,98% -1,05% -0,68%
FGT1 32,35 18,45 37,53 23,39 31,29 20,22 4,46 21,43
Variation -0,69% -0,93% -0,55% -0,73% -0,67% -0,95% -1,71% -0,79%
FGT2 16 8,39 20,13 11,8 15,8 9,76 1,43 10,41
Sim 1
Variation -0,90% -1,18% -0,77% -0,94% -0,88% -1,07% -2,10% -0,98%
FGT0 84,92 54,47 85,05 59,23 80 63,15 20,6 59,11
Variation 2,09% 1,33% 1,28% 0,61% 2,27% 6,13% 2,39% 2,17%
FGT1 34,18 19,01 39,19 24,08 32,83 20,83 4,69 22,39
Variation 4,93% 2,07% 3,86% 2,20% 4,22% 2,03% 3,34% 3,66%
FGT2 17,2 8,76 21,37 12,29 16,85 10,06 1,51 11,03
Sim 2
Variation 6,53% 3,18% 5,34% 3,17% 5,71% 1,97% 3,38% 4,92%
Source : Calculs faits par les auteurs à partir d’ESAM 1995 avec le logiciel DAD 4.2.GAMS Ide.
Deux raisons plausibles expliquent la baisse de la pauvreté suite à la diminution des droits de
douane sur l’huile et les corps gras. En premier lieu, la valeur du panier de la ménagère aura
tendance à baisser puisque les prix des biens « huile et corps gras26 » vont diminuer. C’est
d’ailleurs pour cette même raison que le panier des biens de base servant au calcul du seuil voit
également sa valeur baisser. Ainsi, tous les ménages verront leurs dépenses diminuer. En second
lieu, ces biens subissant une diminution des droits de douane représentent une part importante des
intrants de la SONACOS. En supposant comme nous l’avons fait que la SONACOS ne soit pas
exemptée des droits de douane, cette politique entraîne de fait une diminution de ses coûts de
20
production. Ceci peut expliquer non seulement la diminution de la pauvreté mais aussi le fait que
celle-ci soit localisée chez les ménages dakarois et les ménages non-agriculteurs des autres zones
arachidières.
La seconde politique simulée consiste en une diminution de 30% du prix au producteur de
l’arachide27 ; ce qui laisse présager d’une augmentation de la pauvreté chez les agriculteurs qui
verront leurs revenus diminuer. De plus, cette baisse des prix va entraîner la diminution de la
production. Par conséquent, certains ménages devraient connaître une baisse encore plus marquée
de leurs revenus. Cette réduction combinée à la hausse de la valeur du panier des besoins de base
et donc du seuil expliquerait l’augmentation de la pauvreté des ménages dans les zones
arachidières. Cependant cette baisse des prix va d’un autre côté réduire les coûts de production
puisque l’arachide est un intrant dans la production de la SONACOS. Ceci devrait, en principe,
atténuer l’augmentation du seuil de pauvreté.
Les groupes d’agriculteurs du bassin arachidier et ceux de Casamance connaissent effectivement
une augmentation de la pauvreté supérieure à celle des ménages non agricoles de ces régions.
Cette tendance ne s’observe pas pour la troisième zone arachidière. En effet, les ménages non
agricoles de cette zone subissent une hausse de la pauvreté de 6,13%. Une des explications de ce
résultat provient du fait que les groupes ont été identifiés sur la base du critère du chef de ménage
alors que les revenus du ménage par équivalent adulte du ménage sont en réalité considérés.
Aussi, le chef du ménage peut se retrouver employé dans un autre secteur alors que la grande part
des revenus provient de l’agriculture.
Concernant les ménages dakarois, cette hausse de la pauvreté est liée à une hypothèse implicite
du modèle. En effet, le revenu du capital agricole est supposé agrégé ce qui ne permet pas de
distinguer le revenu du capital « arachide » du revenu du capital des « autres agricultures ». Or de
nombreux ménages dakarois possèdent des terres agricoles dans les régions proches de la capitale
(par exemple dans les Niayes). Même lorsque ces terrains sont très productifs, l’impact sur le
rendement de l’arachide étant très fort, le rendement du capital agricole agrégé diminue. C’est
précisément ce rendement du capital agrégé qui entre dans le revenu total du ménage et qui
affecte négativement ceux-ci ; ce qui explique a posteriori, pourquoi ces ménages qui ont très peu
d’intérêts pour l’arachide se trouvent fortement affectés par cette politique.
Par rapport à la sensibilité des groupes aux politiques simulées, il apparaît que dans les deux cas,
le groupe des ménages non agricoles des autres zones arachidières est le plus sensible alors que
les ménages casamançais sont les moins affectés. Les ménages agricoles du bassin arachidier et
21
de la troisième zone réagissent similairement aux ménages dakarois et à l’ensemble des ménages
sénégalais.
La profondeur et la sévérité de la pauvreté connaissent également une aggravation d’autant plus
marquée que le paramètre d’aversion à la pauvreté s’accroît exception faite pour le groupe
« autres zones, non-agriculteurs ». Ce dernier connaît la plus grande hausse de l’incidence mais
l’effet aggravant semble s’atténuer à mesure que
α
augmente.
L’impact de la réduction des droits de douane sur l’inégalité est, quant à lui, quasiment nul
quelque soit le groupe considéré. Nous observons tout de même, une baisse marginale de
l’inégalité dans les groupes initialement moins inégalitaires à savoir les ménages agricoles
casamançais et ceux des autres zones arachidières.
Tableau 7 : Variation de l’indice de Gini après simulation
BA-Agr BA - Non
agr
Casam -
Agr
Casam-
Non Agr
Autres
Zones –
Agr
Autres
Zones -
Non Agr
Dakar SEN
0,272 0,440 0,309 0,504 0,360 0,355 0,477 0,481
Sim 1 0,00% 0,01% 0,00% 0,01% 0,00% 0,01% 0,00% 0,02%
0,273 0,441 0,309 0,506 0,359 0,355 0,477 0,484
Sim 2 0,05% 0,31% -0,14% 0,44% -0,07% 0,22% 0,16% 0,68%
Source : ESAM 1995, Réalisé avec le logiciel DAD 4.2 et GAMS Ide.
Dans le cas du second scénario, nous constatons une diminution des inégalités au sein des deux
groupes de ménages agricoles (Casamançais et autres zones) respectivement de 0,14% et 0,07%.
Les autres groupes et l’ensemble national qui sont à base inégalitaires connaissent une
aggravation de celle-ci.
Ainsi, il apparaît que les deux politiques identifiées pour caractériser la libéralisation de la filière
et la privatisation de la SONACOS (via un effet induit) diffèrent quant à leurs impacts sur les
groupes de ménages ciblés pouvant même accroître la pauvreté chez des ménages identifiés
pauvres.
V- CONCLUSION
Une réduction des distorsions de la filière est nécessaire afin de permettre une gestion soutenable
de celle-ci par l’État sénégalais. Il ne semble pas y avoir de contestation majeure quant à
l’importance de libéraliser le secteur mais de nombreuses préoccupations ont émané de la part des
22
différents acteurs de la filière. Celles-ci sont d’autant plus justifiées que la dissolution de la
SONAGRAINES semble avoir été faite dans la précipitation, causant des effets inattendus et
parfois négatifs pour le secteur. Certains accusent les décideurs de ne pas avoir pris le temps de
faire des analyses d’impacts ex ante.
La première politique simulée qui fait l’objet de négociations entre les institutions de Bretton
Woods et le gouvernement sénégalais semble produire des effets positifs bien que relativement
faibles et par conséquent se révèle intéressante pour le gouvernement. Toutefois, considérant que
cette politique serait probablement mise en application simultanément à la privatisation des usines
de la SONACOS, il se pourrait que la réduction des droits de douanes rende moins attractive la
privatisation. De plus, celle-ci pourrait biaiser voire compromettre tout processus de vente des
usines de la SONACOS. Dans ce contexte, il sera judicieux de considérer que les bénéfices
relativement faibles de cette réforme peuvent être anéantis si la privatisation simultanée de la
SONACOS échouait pour la quatrième fois.
Nous pouvons supposer que la libéralisation entraîne une plus grande variabilité dans le prix au
producteur. Aussi, nous pensons que la privatisation de la SONACOS pourrait entraîner une
pression à la baisse du prix au producteur. De plus, pour que la nouvelle SONACOS rentabilise sa
production et devienne compétitive sur le marché mondial, cette baisse des prix s’accompagnerait
fort probablement d’une rationalisation de la production. Si cette diminution des prix se réalise à
court terme, l’analyse montre que l’impact sur la sévérité et la profondeur de la pauvreté pour les
agriculteurs du bassin arachidier se transmet aussi de manière non négligeable à d’autres groupes
de la population comme celui des ménages dakarois. Ainsi, nous pourrions avoir un déplacement
important de travailleurs agricoles vers d’autres filières ; ceci génèrerait des baisses de revenu
nominal de plus de 2%. De plus, comme les transferts intra-ménages sont très importants (plus de
16% de la composante du revenu du ménage est composé de transferts entre les ménages), l’effet
des politiques aura tendance à se diffuser de manière assez large dans toute la population.
Les gains de la privatisation pourraient être atténués par des coûts économiques et sociaux
importants si la transition ne s’effectue pas doucement. Dans ce contexte, certaines politiques
d’accompagnement pourraient être explorées (appui dans la conversion à d’autres cultures,
investissements dans des projets d’irrigation, de rétention d’eau, rajeunissement de la population
agricole, etc.) et soulèvent la question cruciale de la migration rurale-urbaine. En effet, si les
producteurs d’arachides et les travailleurs de la filière n’ont pas d’alternatives d’emploi en milieu
rural, ils se verront forcés de migrer vers les pôles urbains du Sénégal.
23
Les critères d’efficacité et de concurrence pourraient amener les prix au producteur à diminuer tel
que nous l’avons expliqué, générant ainsi des gains d’efficacité pour l’ensemble de l’économie
sénégalaise. Toutefois, si ce processus ne se fait pas dans un contexte concurrentiel, les effets
négatifs liés à la baisse du prix au producteur pourraient être encore amplifiés. Certains signes
permettent de penser qu’il y a un risque de voir s’installer des monopoles d’achats ou encore une
collusion s’opérer au niveau de la distribution des semences au dépend de l’ensemble des
producteurs sénégalais. Ceci aurait pour conséquence d’aggraver la situation quant à la répartition
des revenus et en terme de pauvreté.
Toutefois, si la privatisation pousse un nombre important d’agriculteurs à délaisser la culture
d’arachides au profit d’autres sources de revenus (ce qui semble peu probable à court et moyen
terme) grâce à des mesures d’accompagnement, la vulnérabilité des agriculteurs producteurs
d’arachides restant pourrait s’en trouver réduite.
Ce travail apporte donc des éclairages intéressants au processus en cours de libéralisation de la
filière arachide au Sénégal. Toutefois, l’étude est loin de répondre à l’ensemble des questions
liées à l’impact de ces réformes. Par conséquent, il sera important de poursuivre l’analyse afin de
traiter de questions telles que les effets de la réformes sur la productivité des agriculteurs, leurs
capacités à substituer la production d’arachide pour d’autres cultures (maïs, mil/sorgho,…),
l’effet des réformes sur le chômages etc. Des travaux sont en cours dans ce sens et devraient
continuer d’apporter des réponses analytiques objectives à un débat souvent trop imprégné de
connotations politiques.
VI- BIBLIOGRAPHIE
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VII- LISTE DES ACCRONYMES
CET Constant Elasticity of Transformation
CNCAS Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
EGC Equilibre Général Calculable
26
ESAM Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages
FGT Foster, Greer et Thorbecke
ICS Industries Chimiques du Sénégal
ISRA Institut Sénégalais de Recherches Agricoles
MAP Matrice d’Analyse des politiques
MCS Matrice de Comptabilité Sociale
NPA Nouvelle Politique Agricole
OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economique
OPS Organismes Privés Stockeurs
PIB Produit Intérieur Brut
SIP Société Indigène de Prévoyance
SONACOS Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal
SONAGRAINES Société Nationale des Graines du Sénégal
UE Union Européenne
VIII- ANNEXES
Tableau 8 : Structure de la matrice de comptabilité sociale de variables clés
Production Valeur
ajoutée Exportation Importation Investissement Cons. des
ménages Fiscalité Droits de
douane
Agriculture 13,6 16,6 4,5 14,6 14,6 28,2 1,6 16,2
Pêche
industrielle 3,9 2,4 4,2 1,1 7,3 0,3 0,4 0,0
Arachide 3,0 3,5 1,6 0,0 6,4 1,0 0,0 0,0
SONACOS 2,2 0,4 6,8 2,7 1,1 2,3 3,9 4,9
Autres ind.
Alimentaires 12,3 6,8 18,3 6,9 15,0 15,0 14,7 20,9
Industries
Extractives 1,5 1,5 4,9 5,5 1,5 0,2 0,3 0,4
Autres
industries 22,9 14,1 33,6 50,2 44,3 22,4 66,4 57,8
Autres services 33,9 46,1 26,2 19,0 9,7 30,6 12,7 0,0
Services
administratifs 6,6 8,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Totaux 100 100 100 100 100 100 100 100
Sources : MCS construite par les auteurs.
27
Tableau 9 : Représentativité des groupes cibles
Fréquences Pourcentage Pourcentage cumulé
Bassin Arachidier - Agriculteur 157234 20,2 20,2
Bassin Arachidier - Non Agriculteur 164960 21,2 41,4
Casamance - Agriculteur 57287 7,4 48,8
Casamance - Non Agriculteur 42222 5,4 54,2
Autres Zones - Agriculteurs 104604 13,4 67,6
Autre Zones - Non Agriculteur 64143 8,2 75,9
Dakar 187764 24,1 100,0
Total des Ménages Sénégalais 778214 100,0
Source : ESAM 95
Tableau 10 : Répartition des ménages agricoles dans les régions arachidières
Chef de ménage non
agriculteur
Chef de ménage
agriculteur
Bassin Arachidier 49,4% 50,6%
Casamance 42,4% 57,6%
Zones arachidières
Autres Zones
Arachidières 38,1% 61,9%
Dakar 98,9% 1,1%
Total des Ménages Sénégalais 58,7% 41,3%
Source : ESAM 95
(1) Cette recherche a été financée par le Fond Monétaire International dans le cadre du pré-PSIA. Nous
tenons à remercier tous les acteurs de la filière arachidière sénégalaise qui ont participé à l’atelier de
concertation du 11 avril 2003 (Dakar, Sénégal) pour leur importante contribution. Nous remercions
Caroline Robb (FMI - Washington), Quentin Wodon (Banque Mondiale, Washington), Aline Codouel
(Banque Mondiale, Washington) et Mayacine Camara (DPS, Sénégal) pour leur appui et commentaires.
(2) Economiste – Consultante, Dakar – Sénégal : dboc@ecn.ulaval.ca ou dboccanfuso@yahoo.com.
(3) Economiste – professeur, CREA-UCAD, Dakar, Sénégal : joecabral7@hotmail.com.
(4) Chef d’équipe MIMAP - CRDI, Dakar – Sénégal : lsavard@idrc.org.sn.
(5) Ces chiffres tirés du rapport Evers (1997), nous paraissent un peu élevé compte tenu des données
provenant de Gaye (1998) qui établie le pourcentage de la consommation domestique de la production
d’arachide à 2% alors que les données d’Evers donnent une consommation domestique de près de 20%.
(6) Le Sénégal est dans les cinq premiers producteurs mondiaux au milieu des années 90. Cette tendance se
confirme jusqu’en 2000.
(7) L’agriculture occupe 70% de la population et contribue pour 20% au PIB. Sur les 2,3 millions d’hectares
cultivés au Sénégal, 1 million est affecté à la culture industrielle (98% arachide et 2% coton) et environ un
tiers de la population tire leur revenu de la production d’arachide
(8) La SONAGRAINES avait pour mandat d’organiser la production et la commercialisation des semences.
28
(9) Pour des compléments d’information sur l’historique de la filière et son mode de fonctionnement, lire
Gaye (1998a).
(10) D’autres études ont repris cette critique (Bourguignon et al. (2002), Savard (2003a, b) et Boccanfuso et
al. (2003)).
(11) Certains auteurs font référence à cette approche comme une application EGC micro-simulation.
(12) La principale contrainte technique est l’accès à ces marchés. Les OPS ont mis en place un système de
collecte de graines assez étendu sur l’ensemble du pays. Par contre, écouler ces graines sur le marché
parallèle implique certaines contraintes qui ne sont pas les mêmes pour les deux marchés.
(13) Nous avons fait des analyses de sensibilité sur l’élasticité de transformation et ce paramètre semble être
assez robuste.
(14) Une investigation plus poussée pourrait nous permettre d’identifier les destinataires « ménage » de ce
revenu dans l’enquête ainsi que l’utilisation qui est faite de ce revenu.
(15) Ceci ne veut pas dire que nous supposons qu’il n’y pas de chômage dans l’économie sénégalaise mais
simplement que le chômage est exogène au modèle. Nous avons prévu introduire le chômage dans une
nouvelle version du modèle qui est en cours d’élaboration.
(16) Ces groupes ont été identifiés afin de refléter les groupes vulnérables présents dans la filière arachide et
de voir l’impact des politiques sur ces groupes et de comparer les effets sur les autres groupes de
l’économie sénégalaise. Précisons que différents groupes pourraient être très facilement introduits dans
notre analyse.
(17) Pour plus de détails sur cette famille d’indice, voir Ravallion (1994).
(18) Sa formule est la suivante :
+
+
=
=
n
i
ii ry
nY
yn
G
1
2)1(
2
Y est le revenu total de tous les ménages de la
population, n la taille de la population totale, ri est le rang du ménage i lorsqu’ils sont classés par ordre croissant de revenu
et yi est le revenu du ménage i.
(19) Toute l’analyse a été faite en se servant de la pondération, nous permettant ainsi d’extrapoler notre
analyse aux ménages sénégalais en terme de pauvreté et d’inégalité.
(20) Bien qu’il n’y ait pas d’horizon temps spécifique dans ce type de modèle, l’hypothèse de fixité du
capital est généralement associée à une perspective de court ou moyen terme car celui-ci peut difficilement
être réaffecté à d’autres secteurs productifs dans le court/moyen terme. L’hypothèse permet quand même
un redéploiement intra-branche mais pas entre les branches elles-mêmes.
(21) La baisse observée dans le Tableau 1 vient du fait que la SONACOS est en situation de déficit à la
situation de référence. Aussi, le signe négatif correspond à une réduction effective de ce déficit de 3,62% et
le déficit devient par conséquent un profit.
(22) Il est important de souligner que dans ce type de modèle nous ne pouvons pas générer de forts
changements dans le PIB sous l’hypothèse de fixité des facteurs de production et en présence d’une
fermeture de la balance des opérations courantes. Le seul gain possible sur le PIB est un gain d’efficacité
lié à une réaffectation des ressources de manière plus efficace après la politique mise en place.
(23) Nous avons introduit des paramètres relativement restrictifs sur la capacité à écouler leur production sur
le marché parallèle. Le marché étant important et il est possible que la demande soit en réalité plus faible
que ce que nous avons postulé dans cette version du modèle.
(24) Les groupes ne font pas partie du modèle d’EGC lui-même. Ils sont déterminés au moment de l’analyse
de pauvreté. D’autres groupes pourraient être choisis sous la seule contrainte des données d’enquête
disponibles. Dans le cas présent, ils ont été créés sur la base des zones arachidières : Bassin arachidier
(Diourbel, Kaolack, Thiès, Louga et Fatick), Casamance (Ziguinchor et Kolda), Autres zones (Saint-Louis
et Tambacounda). De plus, la distinction entre agriculteur et non agriculteur a été faite uniquement sur la
base de la branche d’activité du chef du ménage ce qui pourrait induire un biais dans le cas ou le chef de
29
ménage ne serait pas agriculteur alors que les autres membres du ménage travailleraient essentiellement
dans ce secteur.
(25) La distinction agriculteur – non agriculteur n’a pas été faite dans ce cas, car le nombre de chefs de
ménage agriculteur dans la capitale représentait moins que 0,5% des ménages sénégalais et 1,1% des
ménages dakarois.
(26) Rappelons que le prix des biens de la SONACOS diminue de 5,57% (Cf. Tableau 2).
(27) Comme nous l’avons vu précédemment, cette baisse du prix au producteur peut être une conséquence
de la libéralisation commerciale (effet induit) puisque le prix va s’ajuster au prix mondial de l’arachide et
ne serait plus nécessairement contrôlé par l’Etat.
Article
Full-text available
Analyzing the micro impact of policy reforms is essential to under- stand their impact on poverty and more generally on income distri- bution, and therefore their social acceptability. When reforms are shown to be beneficial for society as a whole but not to particular groups, such an analysis gives policy makers information on the measures to be taken to compensate losers, and the cost of these measures. The Philippines' government is faced with numerous pol- icy choices that are all the more difficult because of concerns voiced by various pressure groups about the impact of these policies on vulnerable groups. An important policy choice has to do with uni- lateral trade liberalization. This policy likely will have beneficial aggregate effects in the medium run when markets will have fully adjusted. Domestic agents, however, likely will benefit unevenly from this reform, some of them running the risk of being net losers. Moreover, the presence of market imperfections may substantially modify the overall gain of the reform and increase individual losses. The identification of the distributional effects of a policy reform, and in particular of the losers and the way they could possibly be compensated, is difficult. The reason for this difficulty is the need to jointly evaluate two types of effect: (1) the aggregate effects of the
Article
Full-text available
Concern is growing regarding the poverty impacts of trade liberalization. The strong general equilibrium effects of trade liberalization can only be properly analysed in a CGE model. However, the aggregate nature of CGE models is not suited to detailed poverty analysis. We bridge this gap by constructing a CGE model that explicitly models all households from a nationally representative household survey. We find complex income and consumption effects that would be missed in standard CGE models. Urban poverty falls and rural poverty increases as initial tariffs were highest for agriculture. Impacts increase with income level, resulting in rising income inequality.
Article
Full-text available
This paper highlights the idea of combining CGE modeling with a micro-household model (micro-simulation) to generate a convergent solution, thus providing the basis to perform counterfactual analysis of trade and fiscal policies, and their impact on poverty. In recent years, a number of papers have presented differen approaches using CGE models to analyze poverty. Among them, the standard CGE models, which generates changes in the income of representative households in order to allow poverty analysis, albeit with no intra-group changes in the distribution; CGE models with high levels of household disaggregation (3200) and the micro-simulation approach to modeling (with no feedback effect to the CGE model). In this paper, we provide an alternative to these methods that allows a richer micro-household modeling than the first two approaches, while keeping the properties of standard CGE (feedback effect of household behavior) which is usually simplified in micro-simulation context. We also introduce segmented labor markets, with waiting unemployment, inspired by Magnac (1991), which provides a basis for important changes in household income (i.e. when a worker leaves unemployment or becomes unemployed). Global and decomposable poverty analysis and income distribution indicators are computed at base year and after a 50% reduction in trade.
Article
Although fiscal and balance-of-payments problems began in 1976, Morocco did not introduce its stabilization program until 1983. The combination of a short-term stabilization program (devaluations, reductions in public investment, and slower growth in domestic credit and government employment) and medium-term structural adjustment measures (liberalizing trade, agriculture, and financial markets) reduced internal and external deficits while maintaining economic growth and preventing an increase in poverty. Model simulations of three alternative approaches show that the macroeconomic policy adopted could have been better, but only slightly. They also show that the timing of the program was suited to the exogenous shocks Morocco faced and helped to keep the social costs of adjustment low, although additional macroeconomic measures and higher direct taxes on high-income households could have reduced them even further.
Article
The paper explores the impact of the stabilization and structural adjustment policy package implemented in Indonesia during 1982-88 following the drop in oil prices on growth, income distribution, internal and external equilibrium. The paper argues that the adopted policy package that included widespread structural reforms with standard stabilization policies was successful in restoring internal and external equilibrium. The paper also presents a highly disaggregated computable general equilibrium model of Indonesia, integrating a real sector and a financial sector to examine the distributional effects of a number of alternative policy packages. The impact of six alternative policy scenarios on the whole socioeconomic system is simulated and compared, both in terms of their short-run and long-run effects during the adjustment phase with the adopted adjustment package. The simulations reveal that, by and large, the selected adjustment package was successful in restoring equilibrium and improving income distribution.
Article
This paper introduces the general structure of the “micro-macro” economywide simulation model (“maquette”) used in several case studies on the impact of adjustment policies on the distribution of income. The description of the maquette emphasizes how the short- and medium-run effects of adjustment packages are incorporated in a general equilibrium model and explains the common structure and variants in the specification and estimation of relationships in product, factor, financial, and foreign exchange markets. Simulations are used to illustrate the role of differences in assumptions about market adjustment mechanisms (e.g., fix-price or flex-price, closed or open financial system) on the effects of adjustment policies on the distribution of income. Adjustment to an external shock through devaluation or through fiscal retrenchment is then contrasted for an economy with different degrees of financial and foreign trade openness. The simulations show that assumptions about macroeconomic closures and behavioral parameters matter a great deal in determining the productive and distributive effects of a shock and a country's adjustment to that shock.
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  • Huppie
Huppie (M.) et (M.) Ravallion, 1991 -« The Sectoral Structure of Poverty During an Adjustment Period: Evidence for Indonesia in the Mid-1980's », World Development 19(12).
1998b -«Farm-Household Analysis of Policies Affecting Groundnut Production in Senegal», Thesis submit to the faculty of the Virginia Polytechnic Institute and State University in partial fulfilment
  • Gaye
Gaye (M.), 1998b -«Farm-Household Analysis of Policies Affecting Groundnut Production in Senegal», Thesis submit to the faculty of the Virginia Polytechnic Institute and State University in partial fulfilment.
Agriculture et de l'Elevage, 2003 -«Etude sur la compétitivité et la rentabilité des filières agricoles avec la matrice d'analyse des politiques (MAP): Analyse de la filière arachidière» , Direction de l'Analyse
  • Ministère
Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage, 2003 -«Etude sur la compétitivité et la rentabilité des filières agricoles avec la matrice d'analyse des politiques (MAP): Analyse de la filière arachidière», Direction de l'Analyse, de la Prévision et de la Statistique, Dakar Sénégal.
Poverty and Income Distribution in a CGE Household sequential model », Papier présenté à la conference WIDER sur le thème « Pauvreté
  • Savard
Savard (L.), 2003a -« Poverty and Income Distribution in a CGE Household sequential model », Papier présenté à la conference WIDER sur le thème « Pauvreté, Inégalité et Bien-Etre », Helsinki, Mai 2003.
2001 -«Paysages des entreprises agroalimentaires au Sénégal», Gret Sénégal-FCA Cadre de Concertation des Producteurs d'Arachide, 2003 -«Connaissance du CCPA : Présentation du CCPA, Evaluation
Broutin (C.),2001 -«Paysages des entreprises agroalimentaires au Sénégal», Gret Sénégal-FCA Cadre de Concertation des Producteurs d'Arachide, 2003 -«Connaissance du CCPA : Présentation du CCPA, Evaluation 2002 du CCPA, Documents annexes», CCPA Sénégal.