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Abstract and Figures

The primary reason why there is such a heavy burden of tobacco smoking induced illness and death is dependence on nicotine which makes it difficult for smokers to quit. For clinical or research purposes, the degree of dependence, the intensity of the withdrawal syndrome and/or craving have been evaluated by different scales. This review provides a list of questionnaires that are used in smoking cessation. It pays particular attention to the validated and translated resources that are available in French. Research should be conducted in order to provide French speaking smoking cessation specialists with all the relevant scales allowing better evaluation of tobacco dependence. Copyright © 2012 SPLF. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Content may be subject to copyright.
Revue
des
Maladies
Respiratoires
(2012)
29,
462—474
Disponible
en
ligne
sur
www.sciencedirect.com
REVUE
GÉNÉRALE
Les
tests
d’évaluation
de
la
dépendance
tabagique
Tests
for
evaluating
tobacco
dependence
M.
Undernera,,
J.
Le
Houezecb,c,
J.
Perriotd,
G.
Peiffere
aUnité
de
tabacologie,
service
de
pneumologie,
CHU
La-Milétrie,
BP
577,
86021
Poitiers
cedex,
France
bConseil
en
santé
publique,
35000
Rennes,
France
cUniversity
of
Nottingham,
Nottingham,
Royaume-Uni
dDispensaire
Émile-Roux,
CLAT
63,
centre
de
tabacologie,
63100
Clermont-Ferrand,
France
eUnité
de
tabacologie,
service
de
pneumologie,
centre
hospitalier
régional
de
Metz-Thionville,
57038
Metz,
France
Rec¸u
le
30
juin
2011
;
accepté
le
13
septembre
2011
Disponible
sur
Internet
le
23
mars
2012
MOTS
CLÉS
Tabagisme
;
Dépendance
;
Sevrage
;
Compulsion
;
Nicotine
;
Échelles
Résumé
Le
tabagisme
est
à
l’origine
de
maladies
et
de
décès
dont
la
première
cause
est
la
dépendance
induite
par
cette
consommation
qui
rend
son
arrêt
difficile.
L’évaluation
de
la
dépendance
tabagique,
de
l’intensité
du
syndrome
de
sevrage
et
du
désir
impérieux
de
fumer
dans
un
but
clinique
ou
de
recherche
reposent
sur
diverses
échelles.
Cette
synthèse
fait
l’inventaire
des
questionnaires
actuellement
utilisables
en
tabacologie.
Elle
insiste
sur
les
outils
traduits
et
validés
en
franc¸ais.
Des
recherches
doivent
être
poursuivies
afin
de
mettre
à
disposition
des
tabacologues
francophones
l’ensemble
des
échelles
spécifiques
permettant
cette
évaluation.
©
2012
SPLF.
Publié
par
Elsevier
Masson
SAS.
Tous
droits
réservés.
KEYWORDS
Smoking;
Dependence;
Withdrawal;
Craving;
Nicotine;
Scale
Summary
The
primary
reason
why
there
is
such
a
heavy
burden
of
tobacco
smoking
induced
illness
and
death
is
dependence
on
nicotine
which
makes
it
difficult
for
smokers
to
quit.
For
clinical
or
research
purposes,
the
degree
of
dependence,
the
intensity
of
the
withdrawal
syn-
drome
and/or
craving
have
been
evaluated
by
different
scales.
This
review
provides
a
list
of
questionnaires
that
are
used
in
smoking
cessation.
It
pays
particular
attention
to
the
validated
and
translated
resources
that
are
available
in
French.
Research
should
be
conducted
in
order
to
provide
French
speaking
smoking
cessation
specialists
with
all
the
relevant
scales
allowing
better
evaluation
of
tobacco
dependence.
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2012
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Tests
de
dépendance
tabagique
463
Introduction
À
côté
du
classique
questionnaire
de
Fagerström,
uti-
lisé
depuis
de
nombreuses
années,
de
multiples
échelles
permettent
l’évaluation
de
la
dépendance
au
tabac,
des
symptômes
de
sevrage
tabagique
et
de
l’envie
de
fumer.
Cette
revue
générale
recense
les
différentes
échelles
de
mesure
disponibles;
elle
s’intéresse
particulièrement
à
celles
qui
sont
traduites
et
validées
en
franc¸ais.
Ce
sont
des
outils
indispensables
en
tabacologie,
tant
en
pratique
clinique
que
pour
la
recherche.
Critères
de
dépendance
à
une
substance
(DSM-IV
et
CIM-10)
Les
notions
de
dépendance
sont
définies
dans
le
manuel
de
classification
des
troubles
mentaux
américain
:
American
Psychiatric
Association
— 1994
(DSM-IV)
[1]
et
par
la
classifi-
cation
internationale
des
maladies
:
Organisation
mondiale
de
la
santé
— 1992
(CIM-10)
[2].
Le
Tableau
1
compare
les
cri-
tères
de
dépendance
selon
le
DSM-IV
et
la
CIM-10.
Dans
les
deux
cas,
la
définition
de
la
dépendance
n’est
pas
spécifique
à
une
substance
mais
relève
de
la
description
sémiologique
du
syndrome
de
dépendance
à
l’alcool
de
Edwards
et
Gross
[3].
La
dépendance
au
tabac
peut
être
évaluée
par
des
entretiens
cliniques
standardisés
comme
le
Composite
Inter-
national
Diagnostic
Interview
(CIDI),
le
Diagnostic
Interview
Schedule
(DIS)
ou
le
Mini-International
Neuropsychiatric
Interview
(MINI)
[4]
mais
cette
approche
a
des
limites.
En
effet,
contrairement
aux
auto-questionnaires,
ces
entre-
tiens
standardisés
doivent
être
administrés
par
une
personne
formée
;
ils
sont
longs
et
onéreux.
En
outre,
ils
aboutissent
à
un
diagnostic
dichotomique
(absence
ou
présence
de
dépen-
dance)
et
sont
peu
sensibles
au
changement
au
cours
du
temps
chez
un
même
sujet
comme
à
de
faibles
gradients
de
dépendance
pour
distinguer
les
sujets.
Enfin,
les
symptômes
de
sevrage
du
DSM-IV
(contraire-
ment
à
la
CIM-10)
n’incluent
pas
le
besoin
urgent
de
fumer
(craving),
symptôme
le
plus
spécifique
du
sevrage
du
tabac.
Le
diagnostic
de
dépendance
est
posé
si
le
sujet
présente
au
moins
trois
symptômes
sur
sept
selon
le
DSM-IV
et
trois
symp-
tômes
sur
six
selon
la
CIM-10.
Un
tel
seuil
est
arbitraire
car
tous
les
symptômes
n’ont
ni
le
même
poids
ni
la
même
perti-
nence
pour
le
tabac
comparativement
à
d’autres
substances
psychoactives.
Les
définitions
des
dépendances
sont
issues
des
manuels
de
classifications
des
troubles
mentaux.
Elles
ne
sont
pas
spécifiques
d’une
substance
et
caractérisent
la
perte
de
contrôle
de
l’usage
d’une
substance
psychoactive.
En
matière
de
dépendance
au
tabac,
il
est
important
de
pouvoir
évaluer
l’intensité
de
cette
dépendance,
du
syndrome
de
sevrage
et
du
désir
impérieux
(craving)
notamment
lors
de
l’arrêt.
Échelles
utilisées
en
tabacologie
Échelles
de
dépendance
au
tabac
Plusieurs
questionnaires
ont
été
proposés
pour
mesurer
la
dépendance
au
tabac
ou
à
la
nicotine
chez
les
adultes
ou
les
adolescents.
Nous
insisterons
sur
ceux
traduits
et
validés
en
franc¸ais.
Échelles
utilisées
chez
l’adulte
Le
Fagerström
Tolerance
Questionnaire
(FTQ)
ou
Questionnaire
de
tolérance
de
Fagerström
Le
FTQ
ou
questionnaire
de
tolérance
de
Fagerström
a
été
proposé
par
Fagerström
en
1978
[5].
Cet
auto-questionnaire
simple
a
été
largement
utilisé
dans
le
monde
pour
éva-
luer
la
dépendance
physique
et
adapter
la
posologie
des
traitements
nicotiniques
substitutifs
(TNS).
Il
comporte
huit
questions,
avec
un
score
total
variant
de
0
à
12.
La
dépen-
dance
est
jugée
forte
si
le
score
est
égal
ou
supérieur
à
6.
Le
score
total
est
corrélé
aux
marqueurs
biologiques
du
taba-
gisme
:
monoxyde
de
carbone
(CO)
expiré,
taux
de
nicotine
et
de
cotinine
dans
le
sang
et
les
urines
[6].
Plusieurs
auteurs
ont
rapidement
souligné
les
limites
de
ce
test
[6—8].
Ses
propriétés
psychométriques
sont
médiocres
;
en
particulier,
sa
cohérence
interne
est
faible
(coefficient
alpha
de
Cronbach
<
0,58).
Pour
qu’une
échelle
soit
considérée
comme
valide,
ce
coefficient
doit
être
supé-
rieur
à
0,70
(cohérence
interne
acceptable)
ou
mieux,
supérieur
à
0,80
(bonne
cohérence
interne).
Déjà,
en
1989,
Pomerleau
et
al.
[8]
estimaient
que
deux
questions
du
FTQ
(taux
de
nicotine
des
cigarettes
selon
la
marque
et
inhalation
de
la
fumée)
étaient
inappropriées.
L’analyse
fac-
torielle
du
FTQ
a
ensuite
révélé
que
ces
deux
questions
pouvaient
être
abandonnées
[9].
Enfin,
le
FTQ
est
peu
cor-
rélé
aux
symptômes
de
sevrage
et
ne
s’avère
pas
davantage
un
bon
prédicteur
du
succès
de
l’arrêt
du
tabagisme
des
sujets
sous
TNS.
Le
Fagerström
Test
for
Nicotine
Dependence
(FTND)
ou
test
de
dépendance
à
la
nicotine
Le
FTND
ou
test
de
dépendance
à
la
nicotine
proposé
par
Heatherton
et
al.
en
1991
[10]
est
le
plus
connu
et
utilisé
actuellement.
Il
est
couramment
appelé
test
de
Fagerström
en
six
questions
(Tableau
A1).
C’est
une
version
révisée
du
FTQ
ne
comportant
que
six
questions,
avec
un
score
total
variant
de
0
à
10.
Deux
questions
du
FTQ
(taux
de
nicotine
des
cigarettes
et
inhalation
de
la
fumée)
ont
été
supprimées
et
la
cotation
de
deux
autres
questions
(délai
entre
le
réveil
et
la
première
cigarette,
nombre
de
cigarettes
par
jour)
a
été
modifiée.
Deux
interprétations
différentes
du
FTND
ont
été
pro-
posées
(Tableau
2).
Le
seuil
de
forte
dépendance
est
de
6
pour
Fagerström
et
al.
[11]
et
de
7
pour
la
Conférence
de
consensus
de
l’Anaes
de
1998
[12].
La
version
franc¸aise
a
été
validée
par
Etter
et
al.
[13]
en
1999.
Les
propriétés
psychométriques
du
FTND
sont
supérieures
à
celles
du
FTQ
mais
sa
cohérence
interne
reste
faible
(coefficient
alpha
de
Cronbach
compris
entre
0,60
et
0,70)
[14,15].
L’analyse
factorielle
du
FTND
sou-
ligne
l’importance
du
«
tabagisme
du
matin
»
(questions
2
et
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464
M.
Underner
et
al.
Tableau
1
Comparaison
des
critères
de
dépendance
à
une
substance
psychoactive
selon
le
DSM-IV)
[1]
et
la
CIM-10
[2].
Critères
du
DSM
-
IV
Critères
de
la
CIM-10
Présence
de
3
(ou
plus)
des
manifestations
suivantes,
à
un
moment
quelconque
d’une
période
continue
de
12
mois
Au
moins
3
des
manifestations
suivantes
doivent
habituellement
avoir
été
présentes
en
même
temps
au
cours
de
la
dernière
année
Désir
puissant
ou
compulsif
d’utiliser
une
substance
psycho-active
Tolérance,
définie
par
l’un
des
symptômes
suivants
Besoin
de
quantités
notablement
plus
fortes
de
la
substance
pour
obtenir
une
intoxication
ou
l’effet
désiré
Effet
notablement
diminué
en
cas
d’utilisation
continue
d’une
même
quantité
de
la
substance
Mise
en
évidence
d’une
tolérance
aux
effets
de
la
substance
psycho-active
:
le
sujet
a
besoin
d’
une
quantité
plus
importante
de
la
substance
pour
obtenir
l’effet
désiré.
Sevrage
caractérisé
par
l’une
ou
l’autre
des
manifestations
suivantes
Syndrome
de
sevrage
caractéristique
La
même
substance
(ou
une
substance
très
proche)
est
prise
pour
soulager
ou
éviter
les
symptômes
de
sevrage
Syndrome
de
sevrage
physiologique
quand
le
sujet
diminue
ou
arrête
la
consommation
d’une
substance
psycho-active,
comme
en
témoigne
la
survenue
d’un
syndrome
de
sevrage
caractéristique
(ou
d’une
substance
apparentée)
pour
soulager
ou
éviter
les
symptômes
de
sevrage.
La
substance
est
souvent
prise
en
quantité
plus
importante
ou
pendant
une
période
plus
prolongée
que
prévue.
Difficultés
à
contrôler
l’utilisation
de
la
substance
(début
ou
interruption
de
la
consommation
ou
niveaux
d’utilisation).
Il
y
a
un
désir
persistant
ou
des
efforts
infructueux
pour
diminuer
ou
contrôler
l’utilisation
de
la
substance.
Beaucoup
de
temps
est
passé
à
des
activités
nécessaires
pour
obtenir
la
substance,
à
utiliser
le
produit
ou
à
récupérer
des
ses
effets.
Les
activités
sociales,
professionnelles
ou
de
loisirs
sont
abandonnées
ou
réduites
à
cause
de
l’utilisation
de
la
substance.
Abandon
progressif
d’autres
sources
de
plaisir
ou
intérêts
au
profit
de
l’utilisation
de
la
substance
psycho-active
et
augmentation
du
temps
passé
à
se
procurer
la
substance,
la
consommer
ou
récupérer
ses
effets
L’utilisation
de
la
substance
est
poursuivie
bien
que
la
personne
sache
avoir
un
problème
psychologique
ou
physique
persistant
ou
récurrent
susceptible
d’avoir
été
causé
ou
exacerbé
par
la
substance.
Poursuite
de
la
consommation
de
la
substance
malgré
la
survenue
e
conséquences
manifestement
novices
(par
exemple:
atteinte
hépatique
due
à
des
excès
alcooliques,
épisode
dépressif
après
une
période
de
consommation
importante
ou
altération
du
fonctionnement
cognitif
lié
à
la
consommation
de
la
substance).
On
doit
s’efforcer
de
préciser
que
le
sujet
était
au
courant
ou
qu’il
aurait
être
au
courant
de
la
nature
et
de
la
gravité
des
conséquences
nocives.
3)
:
urgence
à
rétablir
un
taux
de
nicotine
suffisant
après
une
nuit
d’abstinence
;
ainsi
que
celle
du
«
tabagisme
de
la
journée
»
(questions
4,
5
et
6)
:
persistance
du
besoin
de
maintenir
une
nicotinémie
élevée
au
cours
de
la
journée.
La
question
1
(délai
entre
le
réveil
et
la
première
cigarette)
est
constitutive
de
ces
deux
facteurs
[16,17].
Le
FTND
fournit
un
score
continu
reflétant
le
degré
de
la
dépendance
physique.
Des
critiques
ont
toutefois
été
for-
mulées
à
son
encontre
car
il
n’a
pas
été
développé
selon
les
méthodes
psychométriques
généralement
acceptées.
Il
manquerait
de
validité
chez
les
fumeurs
peu
dépendants
[10,13].
De
plus,
le
FTND
n’est
ni
un
bon
prédicteur
de
l’intensité
des
symptômes
de
sevrage
ni
du
succès
de
l’arrêt
[18].
Ce
test
a
été
initialement
élaboré
pour
évaluer
le
degré
de
la
dépendance
physique
[5].
En
raison
de
son
ancienneté,
il
n’aborde
pas
plusieurs
éléments
importants
de
la
dépen-
dance
telle
qu’elle
est
définie
dans
le
DSM-IV
et
la
CIM-10
(tentatives
infructueuses
d’arrêt,
utilisation
de
plus
grandes
quantités
de
tabac
et
pendant
plus
longtemps
que
prévu,
utilisation
malgré
ses
conséquences
négatives,
symptômes
de
sevrage)
[18,19].
Hughes
et
al.
[20]
retrouvent
une
faible
corrélation
entre
les
critères
du
DSM-IV
ou
de
la
CIM-10
et
le
FTND
(coefficient
de
corrélation
de
Spearman
:
r
=
0,24).
Ce
test
réalise
donc
un
bénéfice
psychométrique
modeste
par
rapport
au
FTQ
[21,22].
Malgré
ses
limites,
et
en
raison
de
sa
simplicité,
le
FTND
reste
le
test
de
dépendance
le
plus
largement
utilisé
à
travers
le
monde.
Ebbert
et
al.
[23]
et
Ferketich
et
al.
[24]
ont
proposé
des
versions
modifiées
du
FTND
pour
évaluer
la
dépendance
nicotinique
chez
les
consommateurs
quotidiens
de
tabac
non
fumé
(TNF)
dont
il
n’existe
aucune
version
franc¸aise
validée.
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Tests
de
dépendance
tabagique
465
Tableau
2Interprétation
du
score
du
FTND
et
du
HSI
selon
Fagerström
[11],
et
du
FTND
selon
la
Conférence
de
Consensus
sur
l’arrêt
du
tabac
de
1998
[12].
Score
Interprétation
du
score
du
FTND
selon
Fagerström
et
al.
[1990]
Interprétation
du
score
Selon
la
Conférence
de
Consensus
sur
l’Arrêt
du
Tabac
[ANAES
1998]
Interprétation
du
score
du
HSI
selon
Fagerström
et
al.
[1990]
0 Très
faible
dépendance Pas
de
dépendance Très
faible
dépendance
1
2
3
Faible
dépendance
Faible
dépendance
Faible
dépendance
4
Dépendance
moyenne
5
Dépendance
moyenne
Dépendance
moyenne
Forte
à
très
forte
dépendance
6
Forte
dépendance
Forte
dépendance
7
8
Très
forte
dépendance
Très
forte
dépendance
9
10
FTND
:
Fagerström
Test
for
Nicotine
Dependence
;
HSI
:
Heaviness
of
Smoking
Index
;
ANAES
:
Agence
Nationale
d’Accréditation
et
d’Evaluation
de
la
Santé.
Le
Heaviness
of
Smoking
Index
(HSI)
ou
Index
de
fort
tabagisme
Heatherton
et
al.
ont
proposé
en
1989
[25]
une
version
sim-
plifiée
du
FTND,
le
HSI
ou
Index
de
fort
tabagisme.
Cet
auto-questionnaire
comprend
les
deux
questions
les
plus
importantes
du
FTND
(délai
entre
le
réveil
et
la
première
cigarette
et
nombre
de
cigarettes
par
jour).
Les
questions
sont
cotées
de
0
à
3,
le
score
total
varie
de
0
à
6.
Le
seuil
de
forte
dépendance
est
de
4.
L’interprétation
est
donnée
dans
le
Tableau
2.
Ce
test
pratique
en
clinique
ou
dans
les
études
épidémiologiques
a
une
cohérence
interne
médiocre
(coefficient
alpha
de
Cronbach
compris
entre
0,62
et
0,65).
Il
existe
une
forte
concordance
entre
le
HSI
et
le
FTND
(coefficient
de
corrélation
de
Pearson
r
=
0,92
et
coefficient
Kappa
de
0,74)
[26].
En
revanche,
il
est
montré
que
les
deux
questions
séparées
du
HSI
ainsi
que
le
score
global
étaient
de
bons
facteurs
prédictifs
de
l’arrêt
du
tabac
[27].
Pour
Etter
et
al.
[28],
le
FTND
et
le
HSI
ont
de
faibles
qualités
psycho-
métriques
et
ne
prennent
pas
en
compte
certains
aspects
de
la
dépendance
définis
par
le
DSM-IV
et
la
CIM-10
mais
sont
des
questionnaires
courts
facilement
utilisables
en
cli-
nique.
Le
FTND
est
le
test
référent
contenu
dans
le
dossier
de
tabacologie
[28].
La
Cigarette
Dependence
Scale
(CDS)
ou
Échelle
de
dépendance
à
la
cigarette
La
CDS
ou
échelle
de
dépendance
à
la
cigarette
a
deux
versions
(l’une
en
12
questions
:
CDS-12,
l’autre
en
cinq
questions
:
CDS-5).
Elle
a
été
initialement
développée
et
validée
en
franc¸ais
par
l’équipe
suisse
de
Etter
et
al.
[18],
puis
traduite
et
validée
en
anglais.
La
CDS-12
(Tableau
A2)
est
une
échelle
auto-administrée
de
mesure
de
la
dépendance
à
la
cigarette
en
12
questions
(cotées
sur
cinq
points),
comportant
au
moins
une
question
pour
chaque
dimension
de
la
dépendance
définie
par
le
DSM-IV
et
la
CIM-10
l’exception
de
la
tolérance,
besoin
d’augmenter
les
doses
au
cours
du
temps
pour
obtenir
les
mêmes
effets,
notion
dynamique
dont
l’appréciation
relève
de
mesures
répétées).
Un
seuil
de
43
à
la
CDS-12
est
optimal
pour
discriminer
les
fumeurs
dépendants
des
fumeurs
non
dépendants.
La
CDS-12
reflète
mieux
les
critères
de
dépen-
dance
du
DSM-IV
et
de
la
CIM-10
que
le
FTND
[18,29]
et
les
scores
sont
corrélés
aux
taux
de
cotinine
salivaire.
La
CDS
est
validée
chez
des
petits
fumeurs
afro-américains
(une
à
dix
cigarettes
par
jour)
[30].
Elle
est
bien
corrélée
aux
marqueurs
du
tabagisme
(r
=
0,28
pour
la
cotinine
sérique
et
r
=
0,25
pour
le
CO
expiré).
La
cohérence
interne
de
la
CDS-12
est
bonne
(coeffi-
cients
alpha
de
Cronbach
de
0,87
à
0,90),
celle
de
la
CDS-5
demeure
acceptable
(coefficients
alpha
de
Cronbach
de
0,73
à
0,78)
;
elle
est,
pour
ces
deux
tests,
meilleure
que
celle
du
FTND
[18,29].
L’analyse
factorielle
des
deux
ver-
sions
de
la
CDS
montre
leur
caractère
unidimensionnel
[15].
Un
score
élevé
est
prédictif
de
l’importance
des
symptômes
de
sevrage
lors
de
l’arrêt
;
en
particulier
de
l’intensité
des
urgences
à
fumer
(craving)
lors
de
l’arrêt
du
tabac
[31].
En
revanche,
dans
une
autre
étude,
Etter
[29],
à
montré
que
la
CDS-5
n’avait
pas
de
valeur
prédictive
de
l’arrêt
de
la
ciga-
rette
à
un
mois.
Si
ces
deux
échelles
tiennent
compte
des
critères
de
la
dépendance
définie
dans
le
DSM
IV
et
la
CIM
10,
à
l’exception
de
la
tolérance,
et
si
leurs
propriétés
psy-
chométriques
sont
meilleures
que
celles
du
FTND,
elles
n’en
demeurent
pas
moins
peu
utilisées.
Des
échelles
de
dépendance,
diversement
utilisées,
existent
en
langue
anglaise,
mais
n’ont
pas
de
version
franc¸aise
validée
:
la
NDSS
(Nicotine
Dependence
Syndrome
Scale)
[32,33],
le
TDS
(Tobacco
Dependence
Screener)
[34],
le
WISDM
(Wisconsin
Inventory
of
Smoking
Dependence
Motives)
[35]
et
le
Brief-WISDM
[36].
© 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 04/09/2013 par PERRIOT Jean (257206)
466
M.
Underner
et
al.
Le
test
de
Fagerström,
en
six
questions
(FTND)
est
le
plus
utilisé
des
tests
d’évaluation
de
la
dépendance
chez
l’adulte
(elle
est
forte
si
le
score
est
6).
Le
Heaviness
of
Smoking
Index
(HSI)
ne
retient
que
les
deux
questions
les
plus
importantes
du
test
de
Fagerström
(délai
entre
le
réveil
et
la
première
cigarette,
nombre
de
cigarettes
fumées
quotidiennement).
La
Cigarette
Dependence
Scale
(CDS)
est
une
échelle
de
dépendance
à
la
cigarette
(en
12
ou
cinq
questions)
initialement
validée
en
franc¸ais,
plus
précise
et
fiable
que
le
FTND
;
elle
renseigne
sur
le
craving
en
cas
d’arrêt,
mais
reste
peu
utilisée.
Échelles
développées
pour
les
adolescents
Le
FTQ
et
le
FTND
sont
inappropriés
au
tabagisme
des
ado-
lescents
;
des
échelles
spécifiques
sont
donc
nécessaires
[37].
Le
modified-Fagerström
Tolerance
Questionnaire
(m-TFQ)
Le
m-FTQ
est
une
version
modifiée
du
FTQ,
en
sept
ques-
tions,
proposée
par
Prokhorov
et
al.
en
1996
[38],
pour
évaluer
la
dépendance
tabagique
des
adolescents.
Son
score
est
corrélé
positivement
au
taux
de
cotinine
salivaire
(r
=
0,40
;
p
<
0,001)
[39].
Le
Hooked
On
Nicotine
Checklist
(HONC)
Le
HONC
(Hooked
On
Nicotine
Checklist)
comporte
10
questions
(Tableau
A3)
dont
les
réponses
par
oui
ou
par
non
donnent
un
score
compris
entre
0
et
10.
Le
fait
de
répondre
au
moins
une
fois
«oui
»est
un
indice
de
dépen-
dance,
et
celle-ci
est
d’autant
plus
forte
que
le
score
est
élevé.
Un
score
égal
ou
supérieur
à
7
témoigne
d’une
forte
dépendance.
Le
HONC
a
été
développé
au
cours
de
l’étude
DANDY
(Development
and
Assessment
of
Nicotine
Dependence
in
Youth),
mise
au
point
par
Di
Franza
et
al.
[40,41]
afin
d’identifier
l’apparition
de
la
dépendance
nicotinique
chez
les
adolescents.
Celle-ci
apparaît
avec
la
perte
d’autonomie
vis-à-vis
de
la
cigarette.
Cette
perte
du
contrôle
de
l’usage
du
tabac
désigne
à
la
fois
le
début
des
conséquences
phy-
siques
et
psychologiques
du
tabagisme
et
les
difficultés
de
son
arrêt.
L’étude
DANDY,
enquête
prospective
de
cohorte,
a
été
réalisée
chez
679
adolescents
âgés
de
12
et
13
ans
(51
%
de
garc¸ons).
Le
suivi
a
été
de
30
mois.
Parmi
les
332
sujets
ayant
déjà
consommé
du
tabac,
40
%
présentaient
des
symp-
tômes
de
dépendance
au
HONC.
Elle
a
permis
de
révéler
des
notions
importantes.
Les
symptômes
de
dépendance
apparaissent
rapidement
après
le
début
d’un
tabagisme
intermittent
et
se
développent
plus
rapidement
chez
les
filles
que
chez
les
garc¸ons.
Par
ailleurs,
il
existait
une
asso-
ciation
significative
positive
entre
la
présence
d’au
moins
un
symptôme
au
HONC
et
l’échec
des
tentatives
d’arrêt
(OR
=
29
;
IC95
%
:
13—65),
la
poursuite
du
tabagisme
jusqu’à
la
fin
du
suivi
(OR
=
44
;
IC95
%
:
17—114)
et
l’apparition
du
tabagisme
quotidien
(OR
=
58
;
IC95
%
:
24—142).
Enfin,
des
corrélations
entre
le
score
du
HONC,
les
quantités
maxi-
males
de
tabac
fumé
(r
=
0,65
;
p
<
0,001)
et
la
fréquence
maximale
du
tabagisme
(r
=
0,79
;
p
<
0,001)
étaient
consta-
tées.
Le
HONC
a
été
traduit
en
franc¸ais.
Il
est
devenu
le
test
de
référence
pour
l’évaluation
de
la
dépendance
des
adolescents.
Il
figure
dans
le
dossier
de
tabacologie.
Les
propriétés
psychométriques
du
HONC
sont
excellentes.
Le
coefficient
alpha
de
Cronbach
varie
de
0,89
à
0,92
selon
les
études
[42—45].
Un
score
élevé
au
HONC
est
prédictif
des
échecs
lors
des
tentatives
d’arrêt.
Chaque
symptôme
sup-
plémentaire
double
la
probabilité
d’échec
[42,45].
Chez
des
adolescents
petits
fumeurs
ou
fumeurs
intermittents,
un
score
élevé
au
HONC
prédit
des
périodes
d’abstinences
plus
courtes
lors
du
suivi
à
un
et
deux
ans
[46].
Le
HONC,
initialement
développé
pour
mesurer
la
perte
d’autonomie
vis-à-vis
de
la
cigarette
chez
les
adolescents,
a
également
été
étudié
chez
des
adultes.
Chez
1102
adultes
(fumant
en
moyenne
17,5
cigarettes
par
jour
avec
une
durée
moyenne
de
tabagisme
de
20,9
années),
un
score
moyen
au
HONC
élevé
(7,1
sur
10)
a
été
retrouvé
[47].
La
cohérence
interne
s’est
révélée
bonne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
:
0,83).
Un
score
élevé
au
HONC
était
corrélé
à
une
durée
plus
courte
d’abstinence
et
à
une
utilisation
plus
impor-
tante
d’aide
pharmacologique
lors
des
tentatives
d’arrêt
du
tabagisme.
Pour
les
auteurs,
le
HONC
est
une
mesure
fiable
de
la
perte
d’autonomie
vis-à-vis
de
la
cigarette
chez
les
adolescents
(tabagisme
récent)
et
les
adultes
(tabagisme
ancien).
La
première
étude
comparant
le
HONC
et
le
FTND
a
été
réalisée
par
Wellman
et
al.
[48]
chez
1
130
fumeurs
adultes.
Les
scores
moyens
étaient
de
7,0/10
pour
le
HONC
et
de
4,6/10
pour
le
FTND.
La
cohérence
interne
du
HONC
est
supérieure
à
celle
du
FTND
(coefficients
alpha
de
Cronbach
de
0,82
et
0,61,
respectivement
;
p
<
0,001).
Ainsi,
le
HONC
peut
être
utilisé
chez
les
adultes.
Échelle
utilisable
chez
les
adultes
et
les
adolescents
:
l’échelle
Autonomy
Over
Smoking
Scale
(AUTOS)
L’échelle
AUTOS,
proposée
par
Di
Franza
et
al.
[49],
évalue
la
perte
d’autonomie
vis
à
vis
du
tabac
chez
les
fumeurs
de
tous
les
âges
(adolescents
et
adultes).
Quoique
non
encore
traduite
et
validée
en
franc¸ais,
cette
échelle
est
intéressante.
Il
s’agit
en
effet
d’un
test
auto-administré
et
rapide
à
utiliser.
Il
comporte
12
items
explorant
trois
domaines
de
la
perte
d’autonomie
vis-à-
vis
du
tabac
:
les
symptômes
de
sevrage,
la
dépendance
psychologique
(cigarette
comme
aide
pour
faire
face
au
stress)
et
le
craving
(urgence
à
fumer)
face
à
des
situations
déclenchantes
internes
(émotions)
ou
externes
(situations
environnementales
ou
sociales
:
présence
de
fumeurs,
après
un
repas,
odeur
d’une
cigarette).
Trois
types
de
renseigne-
ments
sont
ainsi
fournis
:
un
score
total,
un
sous-score
pour
chacun
des
trois
domaines
explorés
(symptômes
de
sevrage,
dépendance
psychologique
et
craving),
et
enfin
l’intensité
des
symptômes.
L’étude
réalisée
chez
des
fumeurs
actuels
adultes
a
mon-
tré
que
cette
échelle
avait
une
excellente
cohérence
interne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
de
0,91).
Deux
enquêtes
ont
été
réalisées
chez
les
adolescents.
La
première
étude
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Tests
de
dépendance
tabagique
467
a
montré
que
le
score
total
et
l’intensité
des
symptômes
étaient
plus
élevés
chez
les
adolescents
fumeurs
(actuels
ou
anciens)
ayant
commencé
à
fumer
avant
l’âge
de
15
ans
que
chez
ceux
ayant
commencé
à
l’âge
de
15
ans
ou
plus
tard
(respectivement
p
<
0,001
et
p
<
0,001)
et
chez
ceux
mentionnant
des
échecs
lors
des
tentatives
de
sevrage
anté-
rieures,
comparativement
à
ceux
qui
n’en
rapportaient
pas
(respectivement
p
<
0,001
et
p
=
0,003).
La
seconde
étude
a
montré
que
chez
les
adolescents
ayant
déjà
tiré
au
moins
une
bouffée
d’une
cigarette,
le
score
moyen
de
l’échelle
était
fortement
corrélé
au
score
moyen
du
HONC
(r
=
0,81
;
p
<
0,001).
Pour
les
auteurs,
l’échelle
AUTOS
présente
plusieurs
avantages,
comparativement
au
HONC.
Elle
fournit
un
score
global
évaluant
la
perte
d’autonomie
et
permet
de
mesu-
rer
l’intensité
des
symptômes
de
sevrage.
Elle
évalue
la
perception
par
le
fumeur
de
sa
propre
dépendance.
Cette
échelle
serait
donc
utile
après
l’arrêt
du
tabac
pour
pré-
dire
le
risque
de
rechute
et
personnaliser
la
stratégie
de
prévention
de
la
reprise
lors
des
consultations
de
suivi
après
sevrage.
Enfin,
elle
apprécie
le
craving
(urgence
à
fumer)
qui,
induit
par
diverses
situations,
se
révèle
être
une
cause
fréquente
de
reprise
tardive
après
arrêt
(dépendance
psycho-comportementale).
Le
HONC
(Hooked
On
Nicotine
Cheklist)
en
dix
questions
est
le
test
de
référence
pour
évaluer
la
perte
d’autonomie
de
l’adolescent
vis-à-vis
du
tabac
et
sa
dépendance
tabagique.
Un
score
élevé
est
prédictif
d’un
échec
lors
d’une
tentative
d’arrêt.
Ce
test
est
également
valide
et
fiable
chez
l’adulte.
Échelles
d’évaluation
des
symptômes
de
sevrage
tabagique
Plusieurs
échelles
évaluent
les
symptômes
de
sevrage
taba-
gique.
La
plupart
reprennent
les
symptômes
de
sevrage
du
DSM-IV
:
humeur
dysphorique
(triste)
ou
dépressive
(1),
insomnie
(2),
irritabilité,
frustration,
colère
(3),
anxiété
(4),
difficultés
de
concentration
(5),
fébrilité
(agitation)
(6),
diminution
du
rythme
cardiaque
(7),
augmentation
de
l’appétit
ou
prise
de
poids
(8).
Toutefois,
seule
l’échelle
Cigarette
Withdrawal
Scale
(CWS)
a
été
validée
en
franc¸ais.
Cette
échelle
de
sevrage
(Tableau
A4)
de
la
cigarette
est
un
auto
questionnaire
éva-
luant
les
symptômes
de
sevrage
de
la
cigarette
selon
les
critères
du
DSM-IV
et
de
la
CIM-10.
Initialement
dévelop-
pée
et
validée
en
franc¸ais
par
Etter
et
Hughes
[51],
sur
une
population
recrutée
sur
Internet,
puis
traduite
et
validée
en
anglais
[52],
cette
échelle
comporte
21
items
(CWS-21),
dont
quatre
sur
les
urgences
à
fumer.
Chaque
item
est
coté
sur
cinq
points
de
1
(pas
du
tout
d’accord)
à
cinq
(entièrement
d’accord).
Elle
explore
six
dimensions
:
dépression-anxiété,
besoin
urgent
de
fumer,
irritabilité-impatience,
difficultés
de
concentration,
appétit-prise
de
poids
et
insomnies.
La
cohérence
interne
est
élevée
(coefficients
alpha
de
Cron-
bach
compris
entre
0,83
et
0,96).
Chez
les
fumeurs
ayant
arrêté,
tous
les
scores,
à
l’exception
de
l’augmentation
de
l’appétit
et
du
poids
d’une
part
et
de
l’insomnie
d’autre
part
prédisaient
la
rechute
à
41
jours
de
suivi.
Chez
les
ex-fumeurs
récents
(arrêt
depuis
moins
de
14
jours
avant
évaluation
initiale),
tous
les
scores
à
l’exception
de
l’augmentation
de
l’appétit
et
du
poids
dimi-
nuaient
entre
le
bilan
initial
et
le
17ejour
[50,51].
La
CWS
est
une
mesure
fiable,
valide
et
multidimensionnelle
des
symptômes
de
sevrage
de
la
cigarette.
Elle
est
sensible
au
changement
au
cours
du
temps
et
prédictive
des
rechutes.
D’autres
échelles
de
sevrage
existent
en
langue
anglaise,
mais
il
n’y
a
pas
de
version
franc¸aise
validée
:
la
Minnesota
Nicotine
Withdrawal
Scale
(MNWS)
[52],
la
MPSS
(Mood
and
Physical
Symptoms
Scale)
[53],
la
WSWS
(Wisconsin
Smoking
Withdrawal
Scale)
[54]
et
la
SS
(Shiffman
Scale)
[55].
Échelles
d’évaluation
des
envies
de
fumer
Le
désir
compulsif
de
fumer
ou
envie
urgente
de
fumer
(cra-
ving)
est
un
facteur
important
de
la
rechute.
Il
figure
dans
la
CIM-10
mais
pas
dans
la
liste
des
symptômes
de
sevrage
du
DSM-IV.
Le
Questionnaire
of
Smoking
Urges
(QSU)
et
le
questionnaire
des
envies
urgentes
de
fumer
Le
QSU,
proposé
par
Tiffany
et
Drobes
en
1991
[56],
est
un
auto-questionnaire
en
32
items.
Il
comporte
deux
facteurs.
Le
premier
évalue
l’intention
et
le
désir
de
fumer
ainsi
que
l’anticipation
du
plaisir
à
fumer
alors
que
le
second
évalue
le
besoin
urgent
de
fumer
(craving)
et
l’anticipation
du
sou-
lagement
du
syndrome
de
sevrage
et
des
affects
négatifs.
La
cohérence
interne
est
excellente,
avec
un
coefficient
alpha
de
Cronbach
de
0,95
pour
le
facteur
1
et
de
0,93
pour
le
fac-
teur
2
[57].
Il
existe
une
version
franc¸aise
validée
de
ce
test.
Le
questionnaire
des
envies
urgentes
de
fumer
est
la
ver-
sion
traduite
et
validée
en
franc¸ais
du
QSU
par
Guillin
et
al.
[58].
Le
score
total
est
corrélé
au
nombre
de
cigarettes
fumées
par
jour
(r
=
0,54
;
p
<
0,001).
L’analyse
factorielle
de
la
traduction
franc¸aise
du
QSU
retrouve
la
même
structure
à
deux
facteurs
que
celle
du
questionnaire
original
en
langue
anglaise.
La
cohérence
interne,
mesurée
par
le
coefficient
alpha
de
Cronbach,
est
excellente
(0,89
pour
le
facteur
1
et
0,91
pour
le
facteur
2).
Le
QSU-brief,
proposé
par
Cox
et
al.
en
2001
[59],
est
une
version
courte
du
QSU
en
10
questions
qui
explore
les
envies
urgentes
de
fumer
(craving).
Il
n’existe
pas
de
version
franc¸aise
du
QSU-brief.
Le
Tobacco
Craving
Questionnaire
(TCQ)
et
le
French
version
of
the
Tobacco
Craving
Questionnaire
(FTCQ)
Le
TCQ,
développé
en
anglais
[60]
comporte
47
items
et
explore
quatre
dimensions
:
«
l’émotionnalité
»
(fumer
pour
anticiper
le
soulagement
du
syndrome
de
sevrage
ou
des
affects
négatifs),
l’attente
(fumer
pour
anticiper
les
effets
positifs
du
tabac),
la
compulsion
(perte
de
contrôle
de
la
consommation)
et
l’anticipation
(envisager
de
fumer
pour
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468
M.
Underner
et
al.
avoir
des
effets
positifs).
La
cohérence
interne
est
faible
à
bonne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
:
0,59
à
0,90).
La
version
franc¸aise
de
ce
test,
le
FTCQ
ou
questionnaire
de
manque
tabagique
a
été
proposée
et
validée
par
Berlin
et
al.
[61].
Il
comporte
également
47
items
et
les
quatre
mêmes
dimensions
que
la
version
anglaise
;
il
constitue
une
mesure
aussi
valide
et
fiable
du
manque
tabagique
que
la
version
initiale.
La
cohérence
interne
est
faible
à
bonne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
:
0,66
à
0,83).
Le
Tobacco
Craving
Questionnaire-Short
Form
(TCQ-SF)
et
le
French
Tobacco
Craving
Questionnaire—12
items
(FTCQ-12)
Le
TCQ-SF
[62]
est
la
version
anglaise
courte
du
TCQ
en
12
questions,
explorant
les
quatre
mêmes
dimensions.
Cette
mesure
du
craving
est
équivalente
au
TCQ
;
sa
cohérence
interne
est
faible
à
bonne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
:
0,59
à
0,90).
Tableau
3
Différentes
échelles
avec
version
franc¸aise.
Intitulé
(version
anglaise)
Auteur,
année
Intitulé
(version
franc¸aise)
Nombred’items
Cohérence
interne
(coefficient
alpha
de
Cronbach)
Échelles
de
dépendance
Fagerström
Tolerance
Questionnaire
(FTQ)
Fagerström,
1978
[5]
Questionnaire
de
tolérance
de
Fagerström
8
Faible
(<
0,58)
Fagerström
Test
for
Nicotine
Depedence
(FTND)
Heatherton
et
al.,1991
[10]
Test
de
dépendance
à
la
nicotine
(test
de
Fagerström
en
6
questions)
6
Faible
(0,60
à
0,70)
Heaviness
of
Smoking
Index
(HSI)
Heatherton
et
al.,
1989
[25]
Index
de
fort
tabagisme 2
Faible
(0,62
à
0,65)
Cigarette
Dependence
Scale
(CDS)
Etter
et
al.,
2003
[18]
Échelle
de
dépendance
à
la
cigarette
(développée
et
validée
en
franc¸ais)
12
(CDS-12)
Bonne
(0,87
à
0,90)
5
(CDS
5) Acceptable
(0,73
à
0,78)
Hooked
On
Nicotine
Checklist
(HONC)
DiFranza
et
al.,
2002
[40]
Évaluation
de
la
dépendance
chez
l’adolescent
10
Bonne
(0,89
à
0,92)
Échelles
de
symptômes
de
sevrage
tabagique
Cigarette
Withdrawal
Scale
(CWS)
Etter,
2005
[50]
Échelle
de
sevrage
de
la
cigarette
(développée
et
validée
en
franc¸ais)
21
(CWS-21)
Bonne
(0,83
à
0,96)
Échelles
d’évaluation
des
envies
de
fumer
(craving)
Questionnaire
of
Smoking
Urges
(QSU)
Tiffany
et
Drobes,
1991
[56]
Questionnaire
des
envies
urgentes
de
fumer
(Guillin
et
al,
2000
[58])
32
Bonne
Version
anglaise
(0,93
à
0,95)
Version
franc¸aise
(0,89
à
0,91)
Tobacco
Craving
Questionnaire
(TCQ)
Heishman
et
al.,
2003
[60]
French
version
of
the
Tobacco
Craving
Questionnaire
(FTCQ)
questionnaire
de
manque
tabagique
en
47
items
(Berlin
et
al.,
2005
[61]).
47
Faible
à
Bonne
Version
anglaise
(0,48
à
0,82)
Version
franc¸aise
(0,66
à
0,83)
Tobacco
Craving
Questionnaire-Short
Form
(TCQ-SF)
Heishman
et
al.,
2008
[62]
French
Tobacco
Craving
Questionnaire—12
items
(FTCQ-12)
questionnaire
de
manque
tabagique
en
12
items
(Berlin
et
al.,
2010
[63]).
12
Faible
à
Bonne
Version
anglaise
(0,59
à
0,90)
Version
franc¸aise
(0,44
à
0,98)
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Tests
de
dépendance
tabagique
469
La
version
franc¸aise
de
ce
test,
le
FTCQ-12
ou
question-
naire
de
manque
tabagique
en
12
items
est
la
version
courte
du
FTCQ.
Il
a
été
validé
par
Berlin
et
al.
au
cours
de
l’étude
ADONIS
(Adjustment
of
Doses
of
Nicotine
in
Smoking
Ces-
sation)
incluant
310
fumeurs
franc¸ais
demandeurs
d’aide
à
l’arrêt
du
tabac
[63].
Le
FTCQ-12
comporte
12
items
et
éva-
lue
les
quatre
mêmes
facteurs
que
le
FTCQ
et
le
TCQ.
Un
score
élevé
au
FTCQ-12
est
significativement
associé
à
une
forte
dépendance
(FTND
6)
avec
un
OR
de
1,70
(IC95
%
:
1,31-2,32).
Le
FTCQ-12
permet
une
mesure
rapide,
valide
et
fiable
du
manque
tabagique
dans
le
cadre
du
sevrage
taba-
gique
(Tableau
A5).
La
cohérence
interne
est
faible
à
bonne
(coefficient
alpha
de
Cronbach
:
0,44—0,98).
Le
Strengt
of
Urges
to
Smoke
(SUTS)
Récemment,
Fidler
et
al.
[64]
ont
proposé
un
test
simple
d’évaluation
de
la
dépendance
au
tabac
(le
SUTS).
Il
mesure
l’intensité
de
l’envie
de
fumer
et
ne
comporte
qu’une
seule
question
:
«En
général,
à
quel
point
vos
envies
de
fumer
ont
été
fortes
?
»,
avec
six
réponses
possibles,
cotées
de
0
(«nulles
»)
à
5
(«
extrêmement
fortes
»).
Pour
les
auteurs,
cette
simple
question
pour
évaluer
les
envies
de
fumer
suf-
fit
à
prédire
une
rechute
six
mois
plus
tard
et
se
révèle
une
mesure
utile
et
simple
de
la
force
de
dépendance
à
la
cigarette.
Le
Tableau
3
regroupe
les
échelles
traduites
en
franc¸ais.
Les
échelles
d’évaluation
des
symptômes
de
sevrage
tabagique
dont
la
«
Cigarette
Withdrawal
Scale
»
(CWS)
aident
la
prise
en
charge
du
sevrage
en
évaluant
la
sensation
de
manque.
Le
désir
impérieux
de
fumer
(craving)
est
évalué
grâce
au
«Questionnaire
of
Smoking
Urges
(QSU
à
32
ou
10
questions).
Le
«Tobacco
Craving
Questionnaire
»
(TCQ
à
42
ou
10
questions)
est
validé
en
franc¸ais
et
permet
l’évaluation
du
craving,
facteur
prédictif
de
reprise
après
l’arrêt.
Conclusion
La
dépendance
tabagique
réalise
une
perte
de
contrôle
de
l’usage
du
tabac.
Elle
s’installe
rapidement
après
l’initiation
au
produit.
Pour
évaluer
le
degré
de
dépendance
tabagique
comme
l’intensité
du
syndrome
de
sevrage
ou
du
craving,
le
chercheur
et
le
clinicien
doivent
disposer
d’outils
de
mesure
spécifiques.
Cette
synthèse
révèle
la
diversité
des
échelles
d’évaluation
des
différents
aspects
de
la
dépen-
dance
tabagique.
Elle
met
cependant
en
évidence
un
déficit
d’échelles
d’évaluation
validées
en
franc¸ais.
Elle
engage
donc
à
un
effort
de
traduction
en
vue
de
la
validation
des
questionnaires
d’origine
anglo-saxonne
autant
qu’elle
sou-
ligne
l’indispensable
effort
de
recherche
de
nouveaux
outils
de
mesure
de
la
dépendance
tabagique.
POINTS
ESSENTIELS
La
dépendance
tabagique
est
caractérisée
par
la
perte
du
contrôle
de
l’usage
du
tabac.
Il
faut
évaluer
le
niveau
de
dépendance,
le
syndrome
de
sevrage
et
le
désir
impérieux
de
fumer.
Pour
l’évaluation
de
la
dépendance
tabagique
:
Le
test
de
Fagerström
(FTND)
est
le
plus
utilisé.
Les
deux
questions
principales
(délai
entre
le
réveil
et
la
première
cigarette,
nombre
de
cigarettes
quotidiennes)
constituent
le
test
HSI
;
L’échelle
de
dépendance
à
la
cigarette
(CDS)
est
plus
fiable
mais
peu
utilisée.
Chez
l’adolescent,
le
test
HONC
est
l’échelle
de
référence.
Pour
l’évaluation
des
symptômes
de
sevrage
et
du
désir
impérieux
de
fumer
(craving)
:
des
tests
simples
apprécient
le
syndrome
de
sevrage
(CWS),
le
«craving
»(TCQ)
et
guident
la
prise
en
charge
spécialisée
d’aide
à
l’arrêt
du
tabagisme.
Les
échelles
anglo-saxonnes
disponibles
doivent
être
traduites
et
validées
en
franc¸ais.
Déclaration
d’intérêts
Les
auteurs
déclarent
ne
pas
avoir
de
conflit
d’intérêt
en
relation
avec
cet
article.
Annexe
A.
Tableau
A1.
Fagerstöm
Test
For
Nicotine
Dependence
(FTND)
ou
test
de
Fagerström
en
six
questions
[10]
(interprétations
données
dans
le
Tableau
2).
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