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project TCP/BEN/3502 (financed by FAO)

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Elie A. Padonou
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Ce document est consacré aux mangroves du Bénin, particulièrement celles du site RAMSAR 1017. D’une superficie de 47 500 ha, le site RAMSAR 1017 dispose d’une mangrove discontinue que l’on peut regrouper en deux blocs [la mangrove du lac Ahémé se présentant sous forme d'îlots à cause des nombreuses coupes et de la morphologie du lac (dépression de Séhou-Gbato, île de Mitogbodji à Kpétou et le Nord de la pointe d'Ountoun) et la mangrove de la lagune côtière (mangrove de Hillacondji à Diêgbadji, mangrove de Djêgbadji à Togbin) se comportant en rideaux tantôt continus, tantôt discontinus]. Les mangroves du site RAMSAR 1017 constituent une ressource indispensable pour les populations vivant le long des cours d’eau et de la côte. Elles sont exploitées pour la satisfaction des besoins en énergie domestique pour la cuisson, la production de sel, le fumage de poissons, etc… Elles servent également dans l’amélioration et la diversification des revenus des populations riveraines par l’exploitation de nombreuses espèces de poissons, de mollusques et de crustacées qui s’y trouvent. Les mangroves servent également à la perpétuation de certains organismes aquatiques et des oiseaux migrateurs. Les mangroves de ce site sont sous plusieurs menaces principalement d’origine anthropique dont les plus sérieuses sont l’exploitation incontrôlée du bois pour la satisfaction des besoins en énergie domestique (cuisson, production de sel, fumage de poisson…), l’installation des acadja, l’érosion des berges des cours d’eau et l’urbanisation. Pour préserver et restaurer l’écosystème des mangroves du site RAMSAR 1017, il faut développer trois types d’action: 1. des actions de renforcement des capacités des populations sur la gestion durable des mangroves; 2. des actions visant à réglementer et contrôler la coupe (afin de répondre aux besoins des populations en bois, tout en favorisant la régénération naturelle des mangroves); 3. des actions de reboisement, visant à fournir du bois aux communautés rurales comme alternative à la coupe abusive des mangroves et à la restauration de la mangrove dégradée. Le présent guide vise à outiller les forestiers et d’autres acteurs à la restauration des mangroves. Il s’agit des fiches techniques de production et de plantation des deux espèces de palétuviers (Rhizophora racemosa et Avicennia africana) présentes au niveau du site RAMSAR 1017.
Elie A. Padonou
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La mangrove est une forêt littorale, des régions côtières, tropicales et subtropicales, caractérisée par la présence de palétuviers, arbres dont les racines en forme d’échasses s’enfoncent dans la vase limoneuse des estuaires et des lagunes saumâtres. La mangrove est formée d’espèces d’arbres diversifiées comme les rhizophores et palétuviers qui se développent sur des sédiments fins et colloïdaux de type vase et argile. Au Bénin, il existe deux sites de mangrove incrustés dans les zones humides d’importance internationale ou sites Ramsar (le complexe 1017 ou complexe Ouest et le complexe 1018 ou complexe Est). La mangrove sert de refuge à de nombreuses espèces menacées et représente un maillon essentiel du parcours de l’avifaune migratrice. La mangrove contribue à la protection des rivages. Les populations riveraines de la mangrove tirent d’importants revenus de l’exploitation du bois, de la pêche, de la riziculture, de l’extraction du sel, du maraîchage et d’autres activités, notamment la récolte de miel et les plantes médicinales. De l’inadaptation des méthodes actuelles de prélèvement des ressources floristiques et fauniques dans la mangrove, le maintien et la préservation desdites ressources appellent la nécessité de faire l’inventaire de la biodiversité encore disponible dans les écosystèmes de mangrove du Bénin. Le projet TCP/BEN/3502: Restauration des écosystèmes de mangrove du site de RAMSAR 1017 s’inscrit dans ce cadre et vise l’inventaire de la flore et de la faune des écosystèmes de mangrove du Bénin dans le but de rendre disponibles des données actualisées sur l’état des mangroves du Bénin. La finalité de ces études est de disposer de données pour une meilleure prise de décision dans l’aménagement et la gestion de la biodiversité des mangroves. La présente mission a ainsi documenté la flore et la faune du site Ramsar 1017 à travers des inventaires floristiques et faunistiques ainsi que des enquêtes aussi bien de groupes que d’individus auprès des populations locales. Le présent rapport sur les mangroves du site Ramsar 1017 a fourni la liste des espèces floristiques, une caractérisation des formations végétales, la liste des espèces fauniques (amphibiens, reptiles, poissons, oiseaux et mammifères) des écosystèmes de mangrove. Pour la flore aussi bien que la faune, l’abondance et la distribution des espèces, les espèces menacées et les espèces prioritaires pour la conservation, la dynamique spatio-temporelle, les relations entre les populations locales et les espèces dans les différents écosystèmes de mangrove au Bénin sont discutées. Enfin, des actions pour la conservation effective et une valorisation des sites étudiés sont proposées en guise de conclusion. L’objectif général de la mission était d’inventorier et d’évaluer l’état de la biodiversité floristique et faunique des écosystèmes de mangrove du site Ramsar 1017 du Bénin. La consultation sur l’inventaire floristique et faunique des écosystèmes de mangrove et des zones humides côtières du Bénin a été conduite en trois grandes phases successives. La première phase a consisté à (i) effectuer l’inventaire de la flore de la mangrove et de la végétation des zones adjacentes, (ii) identifier les principales espèces, déterminer leur abondance relative et statut de conservation et (iii) évaluer les divers usages des espèces identifiées dans la zone. Pour ce faire, des relevés phytosociologiques ont été effectués selon l’homogénéité floristique de la végétation et la représentativité des stations par rapport à la végétation environnante. Les coefficients d’abondance-dominance, la sociabilité, la structure de la végétation, la situation topographique, le sol et les activités anthropiques ont été relevés. Un herbier des plantes inventoriées a été réalisé puis les noms scientifiques des espèces ont été déterminés. Les échantillons après traitement ont été déposés à l’Herbier National du Bénin. La deuxième phase a été relative à l’inventaire et à l’estimation de l’abondance faunique (poissons, crustacés, mollusques, oiseaux, reptiles, amphibiens, mammifères) par des inventaires systématiques et des enquêtes de terrain. Chaque classe d’espèces animales a été étudiée par un spécialiste du Laboratoire d’Écologie Appliquée, qui a fourni un rapport d’étude scientifique. La troisième phase a consisté à faire l’étude cartographique qui a permis de caractériser et d’étudier la dynamique spatio-temporelle des écosystèmes de mangrove du site Ramsar 1017. Cette étude a été effectuée à l’aide d’images satellites de trois dates différentes séparées d’au moins dix ans d’intervalle. Le Système d’Informations Géographiques (SIG) a été utilisé avec des contrôles de terrain pour la réalisation des cartes. La phytodiversité de la mangrove et les zones humides adjacentes de Togbin à Hio est constituée de 37 espèces de plantes dont 6 sont en danger, 3 quasi menacées et 10 sont vulnérables. Cette zone présente une diversité de 23 Crustacés et 32 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 39 espèces de poissons dont 5 sont vulnérables. La richesse spécifique aviaire est de 85 espèces dont 3 sont quasi menacées et une est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 4 espèces communes de serpents et 4 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constituée de 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a augmenté de 22,15 ha en 2005 à 159,3 ha en 2015. La phytodiversité de la mangrove et les zones humides adjacentes de Hio à Djondji est constituée de 81 dont 11 sont en danger, 6 sont quasi menacées, 21 sont vulnérables et 1 en danger critique d’extinction. La mangrove de Hio à Dondji a une diversité de 21 Crustacés et 16 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 40 espèces de poissons dont 2 sont vulnérables. Sa richesse spécifique aviaire est de 77 espèces dont 3 sont quasi menacées et une en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 21 espèces communes de serpents et 24 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constituée de 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a regressé de 491,53 ha en 2005 à 430,12 ha en 2015. La phytodiversité de la mangrove et les zones humides adjacentes de Djondji à Nikouécondji est constituée de 81 espèces de plantes dont 9 sont en danger, 6 sont quasi menacées et 19 sont vulnérables. Elle a une diversité de 23 Crustacés et 28 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 66 espèces de poissons dont 7 sont vulnérables. Sa richesse spécifique aviaire est de 67 espèces dont 3 sont quasi menacées et une est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 21 espèces communes de serpents et 24 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constituée de 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a augmenté de 5808 ha en 2005 à 7882 ha en 2015. La mangrove et les zones humides adjacentes de Djondji à Kpétou est constituée de 61 espèces de plantes dont 9 sont en danger, 5 sont quasi menacées et 12 sont vulnérables. Elle a une diversité de 23 Crustacés et 24 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 60 espèces de poissons dont 6 sont vulnérables. Sa richesse spécifique aviaire est de 73 espèces dont 3 sont quasi menacées et une est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 21 espèces communes de serpents et 24 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constitue 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a regressé de 836 ha en 2005 à 173 ha en 2015. La mangrove et les zones humides adjacentes de Sèhougbato à Bopa est constituée de 68 espèces de plantes dont 9 sont en danger, 3 sont quasi menacées, et 20 sont vulnérables. Elle a une diversité de 7 Crustacés et 9 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 2 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 47 espèces de poissons dont 5 sont vulnérables. Sa richesse spécifique aviaire est de 72 espèces dont 3 sont quasi menacées et une est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 21 espèces communes de serpents et 24 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constituée de 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a regressé de 528,06 ha 2005 à 434,06 ha en 2015. La phytodiversité de la mangrove et les zones humides adjacentes de Hountoun à Couffonou est constituée de 81 espèces de plantes dont 10 sont en danger, 5 sont quasi menacées et 20 sont vulnérables. Elle a une diversité de 9 Crustacés et 15 Mollusques. Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 2 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 40 espèces de poissons dont 2 sont vulnérables. Sa richesse spécifique aviaire est de 85 espèces dont 3 sont quasi menacées et une est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). La mangrove compte 21 espèces communes de serpents et 24 espèces d’amphibiens. La diversité mamalienne est peu variée et constituée de 10 espèces principales. L’espace que couvrait la mangrove a regressé de 1006 ha en 1995 à 292 ha en 2005 et n’a plus varié depuis ce moment à ce jour. Les écosystèmes du complexe Ouest (Site Ramsar 1017) des zones humides du Sud-Bénin représentent le moteur du développement socio-économique du Bénin au regard de la diversité et de l’intensité des activités qui s’y mènent. Ils bénéficient de plusieurs atouts naturels, humains et stratégiques pour un développement durable. Ils représentent le siège d’intenses activités de portées nationale et internationale. Un engagement volontaire et total des populations reste l’axe central autour duquel devront s’organiser les efforts de conservation et d’entretien des ressources de la biodiversité. La modélisation prédictive de l’occupation des sols du site Ramsar 1017 prévoit une forte progression des champs et des jachères (8.575 ha) au détriment des formations végétales naturelles (1.572 ha) à l’horizon 2025 si les pratiques actuelles d’exploitation des ressources naturelles sont maintenues. Les savanes arborées et arbustives seront probablement les formations végétales naturelles les plus importantes, tandis que les savanes boisées et les forêts galeries occuperont de petites superficies et les forêts denses sèches vont totalement disparaître. En conséquence, on assistera à une fragmentation de l’habitat qui se traduira par une réduction de l’espace vital de certaines espèces avec, comme ultime conséquence, leur disparition. Les enquêtes socio-économiques ont déjà révélé la disparition d’un certain nombre d’espèces telles que Eclipta prostrata, Nymphaea maculata, Numenius phaeopus, Limosa lapponica, Limosa limosa, etc.. Cette disparition pourrait conduire également à la perte des services procurés par ces espèces et agir donc sur la chaîne alimentaire dans les mangroves du site Ramsar 1017. Par ailleurs, une analyse comparée des sites investigués révèle également des niveaux de menaces assez élévés quel que soit le groupe taxonomique inventorié. Les groupes taxonomiques les plus concernés par ces menaces sont les espèces végétales avec 19 espèces menacées (Togbin à Hio) à 39 (Hio à Djondji). Considérant globalement les menaces, les sites qui nécessitent le plus d’actions de conservation sont par ordre décroissant: mangrove de Hio à Djondji et Dondji à Nikouécondji (70 espèces menacées), mangrove de Hounton à Couffonou (62 espèces menacées), mangrove de Sèhougbato à Bopa (60 espèces menacées), mangrove de Djondji à Kpétou (59 espèces menacées) et mangrove de Togbin à Hio (53 espèces menacées). L’analyse de l’occupation des sols montre également une discontinuité entre les mangroves; ce qui limite les flux de gènes et d’espèces entre les sites et, donc, réduit la probabilité d’expansion de la biodiversité et, par conséquent, la réduction de l’ensemble du système. Par ailleurs, les contraintes socio-économiques relevées telles que le prélèvement massif de bois énergie, la disparition des reliques de mangroves, la pollution chimique à grande échelle, la surexploitation des ressources, le déficit d’appui de l’état dans la gestion, l’inexistence de cadre juridique et de loi de gestion et d’exploitation des mangroves, etc. sont les principales causes de la régression de la biodiversité observée au niveau des mangroves du site. Par exemple, la pollution chimique due à l’utilisation des pesticides et engrais pour la culture maraîchère dans la zone conduit à la pollution de la nappe phréatique. En conséquence, les espèces telles que les poissons, les crustacés et mollusques concentrent en elles ces produits chimiques, et même le long de la chaîne alimentaire jusqu’au niveau de l’homme avec des risques de maladies et d’impacts sur les bras valides et les enfants des localités. En outre, les études ont également révélé la présence des espèces indicatrices qui sont des bio-indicateurs de la dynamique de la mangrove. Si nous avançons l’hypothèse que les sites qui disposent de plus d’espèces indicatrices seront ceux qui feront objet d’un suivi relativement plus rigoureux, alors, par ordre d’importance, nous pouvons noter que les sites Togbin à Hio (68 espèces indicatrices) et Hio à Djondji (65 espèces indicatrices) sont ceux qui doivent concentrer les actions de conservation de la biodiversité. Leur rôle réside dans l’importance des échanges qu’elles établissent avec la mangrove. Elles peuvent être spécialement utilisées dans l’application de protocoles standardisés pour le suivi de l’état des milieux ou l’appréciation de perturbations diverses. La création des aires protégées (marine, continentale) est souhaitée pour leur sauvegarde. Concernant les groupes taxonomiques pris séparément, les premières observations sur la composition et la structure des peuplements de crustacés et des mollusques des lagunes permettent d’envisager de nouvelles perspectives quant à l’évaluation de la qualité biologique des milieux étudiés à partir de bio-indicateurs. De même, nous ne savons pas si la diminution des populations observées durant les grandes pluies est réellement due à une mortalité, ou à la dérive ou si les organismes ont subi des migrations vers d’autres zones. Des prospections sur l’ensemble des micro-habitats existant le long des zones sont nécessaires surtout pour les zones prospectées sur des durées courtes. Un suivi régulier à long terme des peuplements permettrait d’acquérir des données environnementales capables d’expliquer la dynamique des abondances des peuplements. Ces abondances sont déterminantes pour expliquer des recherches sur la qualité et le suivi de l’environnement et leur évaluation par ces organismes. En outre, des travaux ultérieurs d’identification d’espèces bio-indicatrices qui intègrent les efforts des variations environnementales pourront fournir un outil supplémentaire pour la gestion et la protection des milieux fragilisés par la pression anthropique. Concernant les poissons, les données ayant servi à cette étude ont été compilées à partir de plusieurs bases de données. Cette compilation a révélé des aspects très intéressants dans la répartition spatiale mais pas temporelle des poissons dans les milieux estuariens et lagunaires (MEL). Les résultats d’une étude spatio-temporelle des peuplements piscicoles serviraient à détecter les effets d’éventuelles modifications liées au climat. La création des aires protégées (marine, continentale) protégerait bien les espèces signalées vulnérables. Les sites de mangrove sont des zones de concentration aviaire d’importances nationale et internationale qu’il faut sauvegarder à travers des actions d’aménagement et de conservation. Il importe d’engager des actions de gestion participative avec les populations riveraines de ces sites pour espérer la durabilité de ces écosystèmes. Au regard de ces observations, il importe d’initier des actions d’éco-tourisme et de protection des niches écologiques de ces espèces, car le premier facteur de menace de cette avifaune est la perte des habitats. Il faut également sensibiliser les populations riveraines et les amener à freiner certaines pratiques qui occasionnent la pollution de ces habitats qui sont des sites d’importance internationale et « quartiers d’hiver » pour les migrants paléarctiques. On pourrait aussi développer des actions de mobilisation et d’éducation du grand public comme l’organisation d’éco-tourisme ornithologique et des classes d’environnement autour de ces sites. Enfin, il est indispensable d’étendre les inventaires ornithologiques à d’autres périodes de l’année, car la présente étude n’a pris en compte que les espèces migratrices d’hiver. On a très peu d’informations sur les espèces migratrices des autres périodes de l’année (celles d’été par exemple) qui visitent ces aires de mangrove. Pour vérifier que les actions de restauration de la mangrove en cours et les autres initiatives de conservation portent des fruits à l’endroit de la faune, il importe de suivre la dynamique de certaines espèces emblématiques indicatrices de l’intégrité du milieu, notamment le sitatunga, le lamantin, l’hippopotame et Chameleo necasi. Une espèce d’amphibien peut aussi être ajoutée aux espèces indicatrices, compte tenu de l’importance de ce groupe comme indicateur de la santé de l’environnement et de la pression anthropique. Il est nécessaire et urgent d’initier, en collaboration avec l’Université et le Projet Réserve Transfrontalière de Delta du Mono, un programme de suivi de ces espèces afin de suivre la dynamique de leurs populations, les conflits avec les hommes et les impacts des activités anthropiques sur elles. Des études liées à la génétique et la phylogénie permettront aussi de mieux appréhender la diversité au niveau de ces espèces. Outre les actions de recherche, la sensibilisation des populations locales, déjà une réalité à travers plusieurs ONG, doit être renforcée. La sensibilisation doit aussi se faire en direction du gouvernement qui a un projet ambitieux de développement de la bande côtière qui inclut la mangrove afin que la conservation soit toujours intégrée aux objectifs de développement. Les actions à mener pour conserver la mangrove du site Ramsar 1017 peuvent tourner autour de six axes à savoir: minimisation des menaces, renforcement du suivi écologique, élaboration de stratégie de conservation, renforcement de la gouvernance locale, renforcement des appuis extérieurs et renforcement des actions de recherche. La mangrove et les zones humides côtières des sites Ramsar 1017 ont une diversité spécifique végétale (palétuviers) et faunique considérable (poissons, oiseaux, mollusques, crustacés, mammifères et amphibiens). L’analyse dynamique de l’occupation du sol entre 1995 et 2015 a révélé que le site Ramsar 1017 a connu des changements significatifs d’occupation du sol, notamment au niveau des formations végétales naturelles qui ont perdu une grande partie de leurs superficies au cours de deux décennies. Mais le site abrite encore une grande diversité d’espèces floristique et faunique dont certaines sont endémiques au Bénin, d’autres menacées de disparition sous la pression grandissante des activités anthropiques. Il ressort de cette étude que les dix principales espèces végétales à conserver par ordre décroissant sont: Chrysobalanus icaco, Eclipta prostrata, Nymphaea maculata, Opuntia tuna, Rhizophora Racemosa, Dalbergia ecastaphyllum, Conocarpus erectus, Ceiba pentandra, Avicennia Germinans, et Zanthoxylum zanthoxyloides. Par ailleurs, le top 10 des espèces animales à conserver sont: Mysis sp., Menippe nodifrons et Uca tangeri (Crustacés et Mollusques); Numenius phaeopus, Limosa lapponica (Oiseaux); Epinephelus aeneus (Poissons); Trichechus senegalensis (Mammifères), Eretmochelys imbricate, Dermochelys coriacea, Mecistops cataphractus (Reptiles et Amphibiens). Il est nécessaire d’initier, en collaboration avec les institutions de recherche, des actions de reboisement ou de restauration de ces sites, car le premier facteur de menace de la faune est la perte des habitats. Le suivi de certaines populations animales (tortues marines, crustacés, lamantin, sitatunga, hippopotame, espèces endémiques au Bénin, oiseaux migrateurs) est également nécessaire en raison de leur importance particulière pour le suivi du milieu et la conservation. Par exemple, parmi les espèces indicatrices de poisson qui sont identifiées, dix espèces peuvent être spécialement utilisées dans l’application de protocoles standardisés pour le suivi de l’état des milieux ou l’appréciation de perturbations diverses. Outre les actions de recherche, l’éducation et la sensibilisation aussi bien des populations locales que des politiques doivent être accentuées afin d’améliorer la perception des communautés locales et éviter que les actions de développement ne mettent en danger la richesse de la mangrove, surtout celle côtière. On pourrait aussi développer des actions de mobilisation et d’éducation du grand public comme l’organisation d’éco-tourisme thématique (reptiles, avifaune, poissons, ...) et des classes d’environnement autour de ces sites. L’avenir de la végétation sur le site 1017 de Ramsar sera sérieusement compromis dans les années à venir. Il importe alors de mettre en place un programme de planification et de gestion de l’espace pour arrêter ou tout au moins freiner cette tendance régressive des unités naturelles, en l’occurrence les cocoteraies et la mangrove. De plus, la conservation de ces écosystèmes doit se baser sur une approche participative, car il s’agit d’un bien communautaire naturel qui subit une forte pression anthropique.
La protection et la restauration des écosystèmes de mangrove constituent une préoccupation majeure et permanente à travers le monde. La faiblesse des administrations locales et les faibles niveaux de revenus des populations riveraines accélèrent la dégradation de l’écosystème. Les espèces de bois généralement utilisées dans ces écosystèmes de mangroves permettent de satisfaire les besoins des populations locales. Malheureusement, il reste aujourd’hui non investigué la diversité des espèces de bois utilisées par les populations locales pour satisfaire leurs besoins. Par ailleurs, les espèces prioritaires pour satisfaire ces besoins des populations locales sont peu connues. Il en est de même pour les estimations des quantités actuelles et les projections des quantités futures. L’objectif est d’évaluer la diversité des espèces de bois et les besoins de consommation du bois de service, d’œuvre et énergie au niveau des zones de mangroves des sites RAMSAR 1017 et 1018 afin de proposer des stratégies d’approvisionnement en bois et de gestion durable des mangroves. Cette étude a utilisé des entretiens individuels et de groupes à l’aide de questionnaire au niveau de 1360 acteurs de différents corps de métier intervenant dans la valorisation du bois et des autorités dans les zones de mangroves des sites RAMSAR 1017 et 1018. Au total, 41 espèces de bois ont été inventoriées au sein des deux sites RAMSAR. La diversité des espèces est plus élevée sur le site RAMSAR 1017 et 71,8% des espèces inventoriées sont autochtones du Bénin ou de l’Afrique sub-saharienne. Les espèces les plus exploitées sont de la famille des Leguminosae, Moraceae et Meliaceae pour les besoins en bois d’œuvre, des Arecaceae et Leguminosae-Cesalpinioideae pour les besoins en bois de service et des Leguminoseae-Papilionoideae et Euphorbiaceae pour les besoins en bois de chauffe. Le plus grand nombre a été cité pour l’utilisation du bois de chauffe (26 espèces). Les espèces prioritaires qui apparaissent au premier rang de classement sont Tectona grandis pour le bois d’œuvre, Cocos nucifera pour le bois de service et de chauffe. Le bois de service est utilisé principalement pour la construction des maisons (95,69%). La consommation moyenne de bois de service est de 1,55 m3/habitant/an et est plus élevée pour le site RAMSAR 1018 (2,52 m3/habitant/an) que pour le site RAMSAR 1017 (1,11 m3/habitant/an). Cette consommation représente environ 61% des besoins en bois de service. Le neem (Azadirachta indica) est l’espèce portant le niveau de consommation le plus élevé pour le site RAMSAR 1018. Par contre, le cocotier (Cocos nucifera) est l’espèce portant niveau de consommation le plus élevé pour le site 1017. Le bois d’œuvre est principalement utilisé pour la fabrication des tables (68,01%) et des chaises (46,69%). La consommation moyenne estimée est de 1,16 m3/habitant/an soit 1,69 m3/habitant/an pour le site RAMSAR 1018 et 0,92 m3/ habitant/an pour le site RAMSAR 1017. Cette consommation représente en moyenne 60,58% des besoins en bois d’œuvre au niveau des deux sites. Ceiba pentadra est l’espèce la plus consommée sur le site RAMSAR 1018 tandis que Khaya senegalensis est l’espèce la plus exploitée sur le site 1017. Le bois de chauffe et le charbon de bois représentent les principales formes d’énergie utilisées dans les deux sites pour la cuisine. En moyenne, 8,21 m3 de bois de chauffe et 23,19 kg de charbon de bois sont consommés par habitant et par an au niveau des deux sites. La consommation du bois énergie est plus élevée pour le site RAMSAR 1017. Les besoins actuels de consommation du bois énergie ne sont pas totalement couverts. Un gap d’environ 36% reste encore à combler. Les besoins annuels en bois de service, bois d’œuvre, bois de chauffe et charbon de bois sont respectivement de 2,56 m3 1,92 m3 12,83 m3 et 36,25 kg par habitant pour l’ensemble des deux sites RAMSAR. Dans les zones de mangroves des deux sites RAMSAR, les besoins totaux des populations sont évalués à 2 445 868 m3 de bois de service, 1 830 456 m3 de bois d’œuvre, 12 266 748 m3 de bois de chauffe et 34 648 706 kg de charbon de bois en 2017. Ces besoins seront de 3 760 458 m3 de bois de service, 2 814 278 m3 de bois d’œuvre, 18 859 806 m3 de bois chauffe et 53 271 485 kg de charbon de bois en 2027. Il urge donc d’installer des plantations de bois afin de satisfaire les besoins actuels et futurs des populations. Ces plantations doivent être installées sur la base des flux de distribution de bois au niveau des deux sites RAMSAR. La mise en œuvre de la stratégie nationale et de son plan d’action de gestion durable des écosystèmes de mangroves du Bénin élaborée permettra d’assurer une meilleure conservation et gestion des mangroves au Bénin. Mots clés: Mangrove, bois d’œuvre, bois de service, bois de chauffe, conservation, valorisation, Site RAMSAR, Bénin