Updates
0 new
1
Recommendations
0 new
0
Followers
0 new
8
Reads
0 new
67

Project log

Jacques Lombard
added 8 research items
On peut avancer l’idée que la création plastique comme la « mise en image » d’un esprit dans la possession, se déploie à partir d’« images intérieures », d’images mentales sans support ou sans médium comme dirait Hans Belting. Images rémanentes qui sont aussi des images communes, partagées par la grande majorité des individus dans le cadre d’une même société et d’une même culture, images qui les teintent dans la masse dès les premiers moments de la vie et sans doute d’une partie de la vie prénatale.
Processus de création de l'image Des images pour dire et penser le pouvoir dans les royautés malgaches anciennes Jacques Lombard, anthropologue et cinéaste, directeur de recherche à l'IRD La possession par les esprits défunts, le tombeau, les reliques, la distribution de l'espace ... sont autant d'images du roi ou de la royauté. Nous proposons d'emprunter quelques exemples aux royautés de la côte ouest de Madagascar pour tenter de réfléchir aux liens entre image et pouvoir. Dans cette perspective, nous partirons de l'hypothèse que les images du souverain, qu'elles soient réalistes (sculptures ou peintures), métaphoriques, symboliques ou métonymiques ou simplement mentales sont de même nature au sens où elles coagulent sous des formes diverses des images déjà présentes, à travers l'apprentissage social et culturel de leur sensibilité chez ceux que l'on peut poser comme les "sujets" du souverain. Nous aborderons alors la question des convictions religieuses au fondement des cultes rendus aux ancêtres royaux et notamment les cultes de possession impliquant ces mêmes ancêtres. Dans un dernier temps, nous essayerons de montrer comment les enjeux de pouvoir directement liés à la transformation sociale, politique et économique de ce type de société se sont développés à travers la création d'images notamment dans l'art funéraire. Cette production plastique constituait de cette manière une forme de discours sur l'évolution du pouvoir. Enfin en nous appuyant sur cette même hypothèse, nous tenterons un lien avec les situations contemporaines autour du paradigme : image, possédé et pouvoir.
Le nouveau Musée d’art contemporain de Düsseldorf placé sous la direction de Jean-Hubert Martin s’est ouvert en septembre 2001 avec l’exposition intitulée « Les autels. De l’art pour s’agenouiller » comme manifestation inaugurale. Selon leurs auteurs, cette exposition « veut dépasser les clivages qui ont dominé le siècle passé entre art et ethnographie. Jusqu’à ce jour, hormis quelques timides tentatives, les musées d’art contemporain se sont cantonnés à la présentation d’œuvres occidentales présentées le plus souvent suivant un cadre chronologique et formel strict, alors que les musées d’ethnographie, réservées aux sociétés dites traditionnelles, étudiaient des pratiques sociales et des rituels complexes. L’exposition veut dépasser ces clivages trop simples qui appartiennent au siècle passé. Elle veut ouvrir la voie à un musée de demain en accueillant les formes d’expression de toutes les sociétés ; elle veut poser des questions et s’interroger sur les rapports entre contenu et forme, sur les façons dont les hommes, grâce aux objets, expriment leurs rapports au monde et symbolisent leurs croyances en un au-delà ».
Jacques Lombard
added 2 research items
Comment traiter dans une narration cinématographique, une histoire de vie, telle qu'elle est racontée publiquement et pour la dernière fois, à travers un rituel particulier? Comment rendre accessible l'imaginaire collectif d'une communauté comme celle des Lobi du Burkina Faso à un autre public qui n'est pas formé à la lecture des signes de l'invisible et qui ne connait pas les repères historiques et géographiques lui permettant de suivre le voyage des morts?
Jacques Lombard
added 8 research items
Comment réfléchir sur les résultats des travaux de nombreux chercheurs ayant travaillé en pays lobi à partir des images qu'ils ont réalisées ou bien qu'ils ont rencontrées ?
INTRODUCTION vourbira, pays lobi, février 1990. Nous présentons en "première" un film sur les deuxièmes funérailles d'un personnage remarquable, devant toute sa famille, ses veuves, ses propres fils dont la plupart, fonctionnaires, ne résident plus au village, des étudiants, des jeunes citadins, des paysans de la région, public très composite à l'image de la société lobi actuelle. Un débat animé s'ensuivit le lendemain devant les micros de la radio locale sur le rôle de l'image, du cinéma, pour transmettre et conserver le souvenir de tout ce qui tend à disparaître de nos jours. La très grande diversité des points de vue exprimés faisait de l'image une technique, un moyen, plus ou moins adapté, intelligent, perspicace. Au fond, les rushes de ce film auraient donné les résultats les plus imprévisibles, les plus contradictoires. Tel aurait supprimé toute image représentant les femmes vêtues à la manière ancienne, d'une ceinture de feuilles, ou passé sous silence telle séquence du rite. Un autre aurait traité beaucoup plus longuement les danses et la musique. Un troisième rappelait que la consultation du devin conceme surtout les proches parents du mort et doit rester confidentielle.. Cette expérience nous conforta dans l'idée d'introduire ce débat sur le statut de l'image, en organisant une rencontre ouverte àtous les chercheurs travaillant ou ayant travaillé dans le domaine des sciences sociales sur "le pays lobi", autour de quelques questions : enquoiles images (relevés, croquis, dessins, cartes,photographies, vidéo, f i s) contribuent-elles B une meilleure connaissance d'un pays, d'une culture, d'une région ? De quelle réalité nous parlent-elles ? Quel regard le chercheur portè-t-il sur ces documents, mais aussi quel est le regard de ceux qui en sont les sujets ? Quelle place enfin ces images occupent-elles à tous les niveaux de la pratique de recherche : enregistrement et construction des données, conceptualisation et modélisation, explicitation des résultats, valorisation de la recherche et de ses acquis, mise au point de matériaux pédagogiques, conservation et protection dupatrimoine ? Des chercheurs qui partageaient une préoccupation commune, unintérêt pour l'histoire, la culture ou le développement économique et social de cette région, ont donc été confrontés ces données particulières, des documents iconographiques, films ou photographies, sachant que certains travaillaient avec et sur les images depuis longtemps et même depuis le début de leurs recherches, alors que d'autres, au contraire, ne prenaient quasiment jamais de photos, se contentant du carnet de notes.
Jacques Lombard
added 3 research items
La culture est-elle un bain amniotique pour la création artistique ? Peut-être pouvons-nous tenter de mettre en résonance quelques un de ces objets, de ces oeuvres présentés dans le cadre de l'exposition Madagascar pour, si je puis dire, en compléter le propos. Aussi, je vous propose prenant l'exemple de la société sakalava et de la royauté ancienne qui est à son origine, de considérer quelques bidules (je n'ai pas trouvé d'autre mot) agencés entre eux pour répondre à ce pari. Bidule au sens d'un arrangement volontaire mais devenu proprement inextricable entre différents points de vue possible constituant un item, un point d'entrée sur cette société dont je retiendrai certains :  Une Institution sociale, politique particulière ou bien un rituel et le déploiement des artefacts liés à leur mise en scène ou à leur performance, repérés comme objet empirique  Son aspect économique la plupart du temps indissociable de cet objet  L'analyse anthropologique produite à partir de ces éléments et les objets plus théoriques qui naissent de cette procédure telles les notions de royauté, de sacré, de filiation, de hiérarchie.  À partir de là, l'émergence de concepts pour penser des phénomènes généraux en s'appuyant sur notre expérience sakalava telles les notions d'univers imaginaire partagé, de religieux ou de sujet social  Enfin, et dans le même sens, le développement de cette idée que toute société, par définition, fait image d'elle-même à partir de nombreuses manifestations différentes, quelle se réfléchit de cette manière et nous parle ainsi, si l'on peut dire, de sa propre sociologie tel le découpage et la distribution de la viande du boeuf sacrifié à l'issue d'un rituel Faire image 1
Le film de Grégoire Beil nous permet de sauter un grand pas, de faire si l'on veut, d'une pierre deux coups car il nous parle tout à la fois du monde dans lequel nous vivons et des moyens que nous utilisons, consciemment ou pas, pour en parler. On retrouve cela dans deux phrases de l'interview du réalisateur par jacopo: " Et si tous ces réalisateurs-acteurs jouaient à l'écran un personnage qu'ils avaient imaginé, ils me paraissaient aussi paradoxalement incroyablement vrais et sincères." Et plus loin : " Toutes ces histoires personnelles, individuelles, s'assemblent pour venir raconter une histoire collective plus générale. Les individualités laissent apparaître le contexte politique, social, et culturel d'une époque. Tous ces "autoportraits" deviennent le portrait qu'une génération est en train de faire d'elle-même sur les réseaux." La première chose qui saute aux yeux est que le couple "le réel et sa représentation" qui sert d'une certaine manière de fondement à une grande part du cinéma documentaire vole en éclats. L'unité de représentation apportée par le réalisateur est ici remplacée par la multiplicité des perspectives introduites par ces nouveaux acteurs de leurs propres images et qui dialoguent à partir de cette "proposition", une mise en forme de leur réel qui navigue entre le stéréotype, l'inédit ou la provocation. Mais le stéréotype ici ne serait-il pas une simple convention de style qui autorise tout un chacun à se glisser dans le débat. La nouvelle donne, c'est que chacun veut pouvoir prendre la parole, se sent pleinement autorisé à le faire et les réseaux sociaux accompagnent au plus juste ce mouvement de fond qui introduit de fait une interrogation renouvelée sur la notion de démocratie et de représentation telle que posée en son temps par Saint-Just, Robespierre et tous ceux qui travaillaient à la Constitution de l'An I avec des moyens totalement différents. Il ne s'agit plus là du propos classique qui revendique sa cohérence à travers une reconstruction du "réel", dans une tentative de traduction d'un monde qui s'impose d'emblée à tous et dont nous pensons toujours, au prix d'un style et de la mise en oeuvre de connaissances diverses qu'il reste éminemment défrichable mais toujours au prix d'une compétence reconnue. Il ne s'agit plus de suivre un propos et d'acquiescer à une démonstration qui s'impose comme légitime puisqu'elle construit dans le même temps le seul espace possible pour le débat...
Compte redu du film de Corinne Fortier "Marjatta l'éblouÏe"
Jacques Lombard
added a research item
En février 1988, à Barbiéra, en pays lobi, au Sud-Ouest du Burkina Faso, on fête les secondes funérailles de Binduté Da. Evénement culturel et historique exceptionnel, cette cérémonie est, au-delà des rituels plus ou moins immuables, une improvisation collective, une ultime rencontre entre le passe et le présent. C'est le moment pour l'esprit du defunt de rejoindre le pays des morts, pendant qu'opère la levée de deuil pour ses dix-neuf épouses. Ce rite, qui forge son image d'ancêtre, le fait revivre parmi les siens, à travers l'évocation de ses hauts faits, le mime de ses activités quotidiennes, la mise en scène de son destin singulier. Cet ouvrage a deux ambitions. En analysant les conditions de réalisation d'un essai cinématographique "Les Mémoires de Binduté Da" il contribue d'abord à l'intelligence du rite; il révèle aussi, ensuite, l'expressivité propre de l'image, qui restitue l'alchimie des sentiments et nous introduit dans l'imaginaire des participants. L'épopée, qui est ici la forme même du rite, trouve un autre écho dans une combinaison réfléchie des formes d'expression, verbales et visuelles : discours scientifique et construction cinématographique créent ainsi une variante du rite pour comprendre et traduire le rite. (Résumé d'auteur)
Jacques Lombard
added a research item
out personne naît et émerge dans une société et dans une culture qui le précèdent et lui apporte les meilleurs outils de son humanité et de son futur. Aussi, ne craignons point de penser que chaque personne est faite d'images, d'images et de langage et non pas seulement de langage. Chacun ainsi est pétri d'images qui constituent son regard comme une boussole dans le mouvement incessant de reconnaissance et d'invention qui favorise son rapport aux autres et au monde. Entre la culture, les mythes et nos meilleures raisons niche l'invisible , l'immensité de nos imaginaires qui ouvrent alors sur la subversion si nécéssaire à la vie. La rencontre de l'image avec la subversion s'impose comme un objet commun aux disciplines sociologiques et psychologiques dégageant une première marche pour entamer enfin ce renoncement indispensable à tant de vieilles habitudes...
Jacques Lombard
added a research item
L'image est-elle un outil de la recherche pour l'historien, l'anthropologue, l'archéologue, le géographe, l'économiste ? Depuis toujours, l'image est pour certains à la base de la méthode d'observation et d'analyse et donc d'une construction du réel; pour d'autres, elle est au mieux un élément d'illustration d'un travail achevé, quand elle n'est pas complètement superflue. Les auteurs ont voulu prendre ici le pari de lancer une interrogation sur le statut de l'image dans le travail d'un groupe de chercheurs et d'universitaires réunis par un même champ d'intérêt, la recherche dans le domaine des sciences sociales en "pays lobi" (Lobi-Birifor-Dagara) du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire et du Ghana. Plus de 50 chercheurs originaires d'Afrique de l'Ouest et d'un grand nombre de pays européens se sont réunis pendant une semaine dans le principal pays concerné, à Ouagadougou au Burkina Faso, pour aborder sous cet éclairage particulier des domaines très divers (histoire, religion, art, économie, développement). Cet ouvrage donne un aperçu de l'état des recherches et de la très riche documentation iconographique (photographies, films, vidéo, dessins) couvrant près d'un siècle, réunie à cette occasion et qui a servi de "matière" aux débats. (Résumé d'auteur)
Jacques Lombard
added 5 research items
Michèle Fiéloux, qui mène des recherches en pays lobi depuis une quinzaine d'ann ées, et Jacques Lombard qui confrontait son expérience malgache au terrain burkinabé, ont filmé la levée de deuil de Binduté Da, un personnage éminent, au Burkina Faso. Chez les Lobi, comme dans beaucoup de sociétés, on pratique les doubles funérailles : bien après 1 'enterrement, parfois plusieurs années plus tard, de manière à mobiliser les ressources de la famille, une cérémonie fastueuse met fin au deuil et confirme le mort dans son statut d'ancétre. Ces deuxièmes funérailles (bobur) sont l'occasion d’une mise en scène rituelle: avec toutes les ressources du spectacle, allant des chants et des louanges aux mimes, on évoque la personnalité du défunt. Michèle Fiéloux et Jacques Lombard ont décidé d'utiliser les ressources du cinéma documentaire dans l'esprit méme du bobur, en faisant revivre le grand disparu à I 'aide de photos de l'album de famille et de films d'archives, ct en confiant le commentaire à l'un de ses fils. Leur film dépasse la simple description pour atteindre une profondeur historique et sociologique rare dans les film cthnographique. Le cinéma, ici, n'a pas été mis au seul service de I'archivagc : il a surtout servi à cerner les multiples dimensions d'une histoire de vie, tout en restituant dans son impressionnante beauté les cérémonies qui en marquent la vraie fin. Ce film est un petit miracle : toutes les conditions nécessaires se trouvaient réunies : une société pleinement saturée de sa propre culture, une ethnographie fine basée sur des années de travail sur le terrain, un cadreur qui connait bien son métier et des auteurs qui ne craignent pas de proposer une écriturc cinématographique.
En quoi le tournage de ce film s'inscrit dans la continuité du travail de recherche de Michèle Fiéloux sur le monde lobi tout en apparaissant comme une forme originale et inédite de publication sur ce même sujet. Cette question sera débattues au cours du colloque qui va suivre consacré au thème de l'image et des sciences sociales à partir de l'exemple lobi
Jacques Lombard
added 2 research items
Notice paru dans la catalogue de l'exposition "Les magiciens de la terre" sur le sculpteur malgache Efiaiambelo dont les oeuvres, poteaux funéraires sculptés ou aloalo avaient été exposées dans le cadre de cette exposition organisée en 1989 par Jean-Hubert Martin au Musée de la Vilette à Paris
Jacques Lombard
added 2 research items
A partir de photographies qu'il a prises de peintures réalisées pour la décoration d'un tombeau antandroy dans le Sud de Madagascar, l'auteur propose une lecture de certains aspects des relations sociales et des croyances en vigueur dans la société malgache contemporaine, révélant le jeu complexe des rêves, des ambitions et des contradictions nés de l'intrusion dans une société traditionnelle des tentations du monde moderne. (Résumé d'auteur)
Jacques Lombard
added 2 research items
Présentation officielle du guide touristique de Madagascar à Antanarivo par Jacques Lombard en 1999 au Ministère des Affaires Etrangères et en présence du ministre et d'Antoine Gallimard
Manifesttaions sur l'image filmées concernant Madgascar animée par Jacques Lombard avec la participation de Michèle Fiéloux et Claude Randriamihaingo et conçue par Jacques Lombard et Michèle Fiéloux
Jacques Lombard
added 2 research items
Si l'on pose que l'anthropologie visuelle n'est pas une simple paraphrase de l'écriture anthropologique classique mais qu'elle s'appuie, au contraire, sur une écriture propre, de quelle écriture s'agit-il alors et en quoi peut-elle représenter un apport scientifique comme modalité spécifique de construction du réel face à l'acquis des connaissances dans notre discipline et aux différents courants qui la traversent et la constituent? L'image et le son associé permettent-ils de dire quelque chose de plus que le texte et si c'est le cas de quoi s'agit-il exactement ? Peut-on dire alors que le langage cinématographique autorise justement d'autres modes de mise en forme du réel qui offriraient une vraie place à la question du sensible et des affects dans les relations sociales et, de cette manière, à une certaine analyse des rapports de l'individu au collectif, du sujet au social ? La thématique proposée concerne donc l'approche de la personne saisie tout à la fois dans sa logique propre et dans le jeu de ses interactions avec le contexte social qui traduit l'ensemble des dynamiques accompagnant les transformations contemporaines. Comment une personne se révèle dans la pluralité de ses expressions, se reflète dans un continuum d'images d'elle, construites et vécues comme telles, se cherche et s'invente en définitive dans chaque processus d'individuation ? Comment un individu tente d'exprimer sa singularité, à la fois confronté aux résistances du monde dont il est issu et porté par l'évolution propre de sa société dont il est de cette manière un acteur dans un double mouvement où il vit et participe à la nécessaire modernité d'un monde en mouvement tout en se révélant à lui-même, de cette manière et au plus profond (cf le débat actuel sur la notion de famille). Nous nous intéressons donc particulièrement aux formes réflexives d'expression du « sujet social » qui ne sont pas d'ordre discursives et que nous retrouvons par exemple aussi bien dans certaines formes de la création artistique, dans les productions plastiques et non-verbales que dans les différents registres de la communication sociale comme ici, dans le cas de la possession. Car ces formes particulières d'expression portent sur une mise en images, sur une transformation matérielle, qu'il s'agisse du corps du possédé réceptacle d'un être d'une autre nature ou bien d'un simple artefact. Nous nous appliquons ainsi à comprendre la nature de cette porosité entre un visible, l'image et un invisible, l'imaginaire partagée métaphore de tous les possibles offerts par l'effervescence de toute société et qui permet justement de transcrire du social, d'induire des échanges entre les personnes dans un même groupe, de provoquer un sens commun, de coaguler un même goût des choses.
Est-il possible de mettre en image et en son ce que nos interlocuteurs disent voir et entendre, de traduire en quelque sorte l’imaginaire de l’autre et donc ce que nous «pensons » être leurs images, pour produire une connaissance ?
Jacques Lombard
added an update
Préface au livre de Sophie Sainrapt et Pascal Aubier, les quatre petites filles.
 
Jacques Lombard
added 3 research items
La réalisation de ce film documentaire représente le troisième volet d’un travail de recherche portant sur la région lobi du Burkina Faso et s’appuyant sur l’image. Il est consacré au mouvement de résistance des femmes aux conditions très difficiles auxquelles elles sont soumises dans leur quotidien et qui perdurent malgré les transformations de la société lobi. Le film concerne donc un groupement de femmes de tout âge, crée en 1991 à l’initiative d’une enseignante lobi, Madame Ini Damien Youl. Ce mouvement s’est fait l’écho des principaux problèmes rencontrés par les femmes tout en cherchant à apporter, par des formes élaborées de sensibilisation, des améliorations notables dans divers domaines, santé, éducation, etc. En effet, les différentes opérations engagées reposent sur une prise de conscience lentement acquise par les intéressées de l’ensemble de leurs conditions de vie. L’acquisition d’une vraie liberté d’expression est bien la condition de cette dynamique. Le film sera donc bâti sur un montage parallèle entre : - les entretiens menés avec la responsable sur l’histoire de ce mouvement ; - la découverte d’une forme totalement inédite d’expression féminine, soit une mise en scène où, pour la première fois, on utilisera des masques, confectionnés par les intéressées pour incarner les « personnages » principaux de leur quotidien, mari, devin, exciseuse, etc ; - le développement récent du « théâtre forum », dont le principe repose sur l’interactivité avec le public à partir de scénarios originaux réalisés par les femmes de l’association. https://vimeo.com/20954385 https://vimeo.com/29154893
Bien souvent, on entend dire, s’agissant de la culture malgache, qu’elle est fondée sur la parole et l’art du discours. Dans ce pays, cela est si vrai que le droit à la parole, qui est, par définition, la position de celui qui détient le pouvoir, est immédiatement associé à l’apprentissage d’une compétence et à l’exercice d’une excellence, à la détention d’un savoir-faire fonctionnellement indispensable, hier comme aujourd’hui pour la maîtrise du jeu social. Il convient néanmoins d’ajouter qu’il s’agit là, dans la vie politique quotidienne contemporaine, de toujours savoir « faire parler les ancêtres » et, bien sûr, et par assimilation, beaucoup « d’autres » encore et ainsi de légitimer le propos en installant une vérité incarnée en quelque sorte par cette forme particulière d’épiphanie. Mais alors les « images », malgré l’engouement actuel de la jeunesse pour le cinéma, seraient-elles absentes, en quelque sorte, de la culture malgache au profit du verbe seul ? Nous pensons tout au contraire qu’elles sont très présentes dans l’imaginaire commun qui permet de « vivre » le quotidien et de reconstituer, de recréer la société malgache tout à la fois au coeur de ses héritages les plus anciens et dans le mouvement de ses évolutions les plus contemporaines.
Jacques Lombard
added 2 research items
Texte d'accompagnement à la série de 11 gravures du livre d'artiste Eros noir de Sophie Sainrapt Facebook