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Changement climatique et trames vertes (2) (GIS Climat-société, 2011-2013)

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Sandrine Glatron
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(Introduction) L'objet de cet article est de contribuer à mieux comprendre comment les citadins mobilisent dans leur quotidien des éléments relatifs à la nature en ville au sens large et comment cette mobilisation nous informe sur leur prise en compte des enjeux environnementaux. Nous souhaitons identifier comment les individus se saisissent de cette nature pour matérialiser des enjeux plus globaux, plus abstraits, comme la biodiversité ou le réchauffement global, à partir d’entretiens menés dans le cadre du projet de recherche changement climatique et trame verte du GIS Climat, Environnement et Société1. Puisqu’il s’agit d’analyser l’incarnation et l’appropriation spatiale et sociale d’éléments globaux au niveau local, notre recherche s’est d’abord appuyée sur les courants complémentaires des morphologies sociale et spatiale, ancrés en sociologie et géographie (cf. Grasland, 2009 ; Boudes, 2011a), qui n’ont eu de cesse de rappeler la nécessité de penser les effets et la prise en charge des dynamiques sociales et spatiales au niveau de leur réalité physique et de leur réalisation matérielle, voire de leur appropriation – c’est-à-dire de leur adaptation à un usage défini ou à une destination précise pour paraphraser Serfaty-Garzon (cité par Veschambre, 2005 : 116). Bien que ces morphologies occupent une place toujours importante dans les manuels de sciences humaines et sociales, force est de constater que d’autres notions sont aujourd’hui mobilisées à titre heuristique pour embrasser de tels phénomènes. Parmi celles-ci, la territorialisation traduit le rapport qu’établissent les individus, dans leur quotidien, entre une nature de proximité, locale, vécue, et des enjeux plus globaux que cette nature évoque et qu’elle matérialise à la fois (cf. infra). Réfléchir à cette territorialisation nécessite d’interroger le rôle des individus dans ce processus : doit-on les considérer comme de véritables acteurs, ou doit-on envisager la territorialisation comme un processus qui leur échappe ? Nous sommes alors invités à questionner les formes d’engagement que les individus adoptent, directement ou indirectement, consciemment ou non, dans leur relation avec la nature au quotidien. Suivant la proposition de Buttel (1996), nous soutenons que certaines représentations et pratiques des individus sont peu ou prou liées à des préoccupations environnementales : c’est ce que Buttel nomme les aspects sociaux des problèmes d’environnement. Il distingue les pratiques orientées et conscientes de celles que les individus ne s’approprient pas et/ou ne rattachent pas directement aux enjeux environnementaux. Nous proposons d’approfondir cette réflexion et d’objectiver les formes d’appropriation des enjeux environnementaux par les citadins, en mobilisant des enquêtes menées auprès de Parisiens en 2012. Dans un premier temps, nous allons clarifier cette complémentarité entre la territorialisation et les éléments soulevés par Buttel. Nous présentons ensuite le détail des travaux de terrain : le contexte et la méthodologie de l’étude. Nous analysons alors les représentations et les pratiques des individus relativement aux thèmes que nous avons abordés avec eux : le cadre de vie, les espaces verts aux alentours et la biodiversité. Enfin, nous reviendrons sur l’apport de la territorialisation et de l’analyse des aspects sociaux des questions environnementales pour appréhender les différentes formes d’appropriation et d’engagement en relation avec ces enjeux environnementaux, au niveau local et global.
This paper analyses changes in the governance of urban nature in French urban policies over the past two decades. It demonstrates that the importance of “sustainable development” procedural principles has significantly declined in public policy agendas, a decline that has occurred alongside the rise to prominence of sectoral approaches based on performance and control, whether they focus on climate or urban biodiversity policies. Faced with these transformations in public action—namely the emergence of a centralized and sectoral management of urban policies ill-suited to the complex socio-environmental territories—collective movements in civil society are developing initiatives based on cooperation across territories. Consequently, the urban governance of nature reflects the conflicts between centralized policies and the composite and fragmented reality of the governance of nature in the city. We use the notion of “tinkering”, which refer to the general fragmentation of initiatives, actors, alliances and conflicts in the context of space usage in the field of urban nature, to describe these dynamics. Based on two studies of the urban policies developed by central French government authorities since the 1990s, we identify three principal discrepancies, based on three main separations, that illustrate “tinkering” with the governance of urban nature. The first relates to the discrepancy between “living nature” (biodiversity policies) and “physical-chemical nature” (in climate change policies) (Climate and biodiversity policies: sector-based governance). The second reflects the discrepancy between a technically oriented understanding of the environment and the sensory understanding of inhabitants (Discrepancies between representations and practices). Finally, the third concerns the different levels of action (Discrepancies in scale: the relationship between top-down and bottom-up governance).